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FORMATION DES MONSTRES COMPOSES

partageons pleinement l'opinion d'I. Geoffroy-Sain t- Hilaire et de M. Dareste sur la dualité originelle des monstres doubles. Pour ces auteurs comme pour nous, la diplogenèse est un cas particulier de gémellité. En effet, les jumeaux présentent assez souvent un chorion et un placenta communs, voire un amnios commun ; on en voit parfois qui sont liés par le cordon ombilical et même si près du ventre qu'ils sont presque au contact1, i Qu'ils se rapprochent davantage et l'on comprend très bien qu'ils se soudent.

Nous nous rattachons donc complètement à la théorie i de la fusion, telle que nous nous sommes efforcés de la présenter dans les lignes précédentes.

Conditions du développement des différents genres de monstres composés. — Partant de la gémellité univitelline que nous venons d'admettre comme origine première de la formation des monstres composés, nous , arriverons facilement à donner un aperçu des conditions i qui président au développement des différents genres i qu'on observe dans ces monstres.

Dans le cas le plus simple que nous citerons ici, car i c'est le premier pas vers la soudure immédiate, les embryons peuvent être réunis par l'extrémité terminale de • chaque cordon ombilical. — Dans son traité de tératologie, I. Geoffroy-Saint-Hilaire rapporte plusieurs observations de ces anomalies constatées chez les rongeurs i et chez le chat, et, dans l'article auquel nous faisions ■ allusion plus haut, M. Morot en a cité également i quatre cas fort intéressants, recueillis aussi chez le chat par lui et par d'autres auteurs.

' Voir l'article de Morot, loc. cit.

Dans le cas qu'il a observé lui-même, M. Morot a vu six petits chats, bien vivants et en bonne santé, qui étaient réunis par leurs cordons ombilicaux, se tenant tous ensemble et formant ainsi un véritable paquet de chats. Il note, chose intéressante, constatée d'ailleurs dans les autres observations, que le placenta, le chorion, l'allantoïde et l'amnios étaient simples. Le nom à'ompha lopage appliqué par Geoffroy-Saint -Hilaire aux poulets réunis ventre à ventre par une portion commune allant d'un vitellus à l'autre, conviendrait beaucoup mieux à l'anomalie dont nous venons de parler.

Deux jumeaux étant unis par leurs cordons ombilicaux, si l'un d'eux, plus développé, annihile la circulation de l'autre et en fait un accessoire de son propre appareil circulatoire, on a un monstre omphcdosiie . Si les deux embryons, égaux en développement, viennent à se toucher alors que leur substance est encore à l'état d'un blastème cellulaire homogène, ils peuvent se souder et donner un monstre composé. — Cette sou dure est plus ou moins étendue et plus ou moins complète, mais à l'endroit où se fait la fusion, les deux embryons rentrent pour ainsi dire l'un dans l'autre et n'en forment plus qu'un. On a alors un monstre double autositaire.

Si les deux embryons soudés ont une puissance de développement inégale, le plus fort se développe au détriment du plus faible; celui-ci, restant imparfait, devient en quelque sorte un parasite de son frère jumeau et on obtient ainsi un monstre double parasitaire.

Nous aurions peut-être à donner, maintenant, quelques renseignements complémentaires sur la détermination du mode d'union dans les différents types de la monstruosité double et sur la façon dont se rapprochent, se

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