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C. Carbonate de lithine

50 centigrammes à 1 gramme par jour et même 2 grammes (Gharcot) dans un verre d'eau gazeuse alcaline.

Des doses beaucoup plus faibles 5 à 10 centigrammes, matin et soir, produisent des effets analogues et ne sont même pas toujours tolérées par l'estomac des malades, qui deviennent rapidement dyspeptiques.

9" Pipérazine. — La pipérazine C* lï*^ Az^ est une poudre

blanche, cristalline, neigeuse, très soluble dans l'eau, déliquescente. « Elle possède la propriété de dissoudre de très grandes quantités d'acide urique. Elle se combine à lui en donnant un urate soluble dans quarante-sept fois son poids d'eau; c'est le sel d'acide urique le plus soluble, car l'urate de lithine exige encore 368 parties d'eau pour se dissoudre, c'est-à-dire près de huit fois davantage. » (Bardet.)

Elle est absorbée en nature, sans fatiguer le tube digestif, et s'élimine par les reins, sans transformation, en provoquant une diurèse assez notable. Elle augmente légèrement le coefficient d oxydation de l'azote.

Ces diverses propriétés ont déterminé Biesenthel à l'essayer dans le traitement de la goutte, soit au moment des accès, soit dans leur intervalle. D'autres l'ont prescrit dans la gravellc urique soit pendant les coliques néphrétiques, soit pour les prévenir. On a cité des succès et des insuccès; et l'opinion médicale n'est pas encore faite sur la valeur de ce remède.

c. Mode d'administration et doses : pipdrazine ou chlorhydrate (le pipdrazine. Les doses de celui-ci peuvent être doubles des doses de celle-hï.

Solution de pipérazine à 1/10 2 cuilïerées à café par jour.

Pipérazine, 15 centigr. en un cachet. . de 4 à G cacliots par jour.

H est utile de continuer le traitement pendant une quinzaine (le jours. Les injections sous-cutanées de pipérazine en solution à un dixième ou même plus diluées &ont doulom*euses et peuvent provoquer des abcès.

§ 5. — Le phosphore et ses composés

Le phosphore (Ph) est un métalloïde, solide, blanchîUre, d'odeur alliacée, si inflammable qu'on doit le conserver daus l'huile de naplite : phosphore blanc. 11 peut également se présenter sous l'aspect d'un corps rouge brun, beaucoup moins inflammable, doué de propriétés chimiques et physiologiques beaucoup moins actives, phosphore rouge.

18i THÉRAPEUTIQUE DES MALADIES DE LA NUTRITION*

±^ Phosphore dans l'organisme. — A Fétat de combinaison, le phosphore est un élément constituant de la plupart de nos tissus, à l'exception du tissu élastique; mais il s j trouve sous des formes différentes dans nos divers éléments anatomiques. A l'état de phosphate de chaux il entre pour 57 p. 100 dans la composition du tissu osseux, seul tissu où Ton s'est borné pendant longtemps à le reconnaître. Plus tard, on a cru le déceler, mais à tort dans le suc gastrique du chien (Blondlot) ; les phosphoglycérates ont été plus tard découverts et reconnus comme faisant partie des lécithines, corps gras qui sont une des parties essentielles de la substance nerveuse. Enfin, on a décelé ces mêmes sels dans les nucléines, corps encore insuftisamment étudiés et qui entrent dans la constitution des épi- Ihéliujns. Les composés phosphatés sont donc plus uniformément répaudus dans l'organisme (fue les composés ferrugineux ; comme ces derniers, ils existent aussi dans le sang.

Le travail de la nutrition amenant le rejet au dehors des nuitériaux usés, les composés phosphoriques se retrouvent dans les matières fécales et dans Turine. Dans le premier cas, ils viennent vraisemblablement des aliments dont ils représentent une partie inutilisée. Dans le second, ils ont sûrement le caractère de substances désassimilées. On peut d'ailleurs rappeler ({ne c'est dans l'urine même que Bkandt a découvert le pliosl)hore en y cherchant la pierre philosopha le (1669). « Les urines d'un jour re])résenteut 4 grammes de phosphates acides de soude, de chaux et tic uuignésie » (Suuliek) : c'est le taux moyen de la désassimibiliou normale.

Pour subvenir à cette dépense (luotidieiuie, l'organisme doit donc recevoir chafiue jour une égale quantité de phosphates, et il le fait régulièrement grâce à l'aliiuentatioa. La chair des animaux que nous mangeons est riche en romi)osés phosphores; il en est de même des végétaux, en particulier des graines et de leurs enveloppes, sorte de squelette extérieur où les phosphates entrent pourune part imi)ortante. Dans les conditions normales, l'alimentation vulgaire suffit et au delà à nous pourvoir de pln)sphates. Mais il est «les circonstances [)athologi«|ues où il en est autremeut.

On a remarqué que le travail cérébral était suivi d'une élimination plus abondante de phosphates terreux, preuve que le cerveau subit une dénutrition plus active quand il fonctionne avec exagération. Au contraire, le travail musculaire amène plutôt le rejet de phosphates alcalins : à l'état normal, le rapport des deux ordres de sel est de 1 îi 3. Mais dans l'hystérie convulsive, il peut devenir 12 ou même 1/1 et 2/1 (inversion de la formule des phosphates, de Gilles de la Tourettk et Cathelineau). D'autres maladies organiques ou dynamiques du système nerveux s'accompagnent aussi de cette inversion (neurasthénie, tabès, etc.).

Le squelette étant, avec le système nerveux, la partie de notre organisme la plus riche en phosphates, certaines de ses maladies sont accompagnées ou précédées de phosphaturie, par exemple l'ostéomalacie et le rachitisme; et l'on a pu penser avec quelque apparence de raison que l'acide lacticiue produit avec excès dans l'intestin et résorbé était l'agent de la désassimilation pathologique du tissu osseux. Ainsi s'expliquerait la coïncidence fréquente de ces lésions du squelette avec des dys- [>epsies graves.

En dehors de l'acide lactique, la diminution de l'alcalinité des humeurs, la diathése acide, le ralentissement de la nutrition s'accompagnent souvent du rejet de sels phosphntiques en (luantité exagérée (phosphaturie) et amènent quehpiefois cet état si bien décrit par J. Teissier sous le nom de dia])ète phosphalique (thèse de Paris, iST^). Tantôt ce diabète peut rester à l'état de manifestation épisodique de l'arthritisme, tantôt il l)récède, par la déchéance nutritive dont il est la manifestation, réclosion de quelque maladie grave, la tuberculose en particulier. Est-il dû à une désassimilation trop rapide des tissas phosphores ou à un défaut d'assimilation des aliments ou aux deux raisons à la fois? La réponse à ces (luestions n'est pas définitive, mais dans tous les cas le résultat est le même; l'organisme a besoin d'un supplément de phosphates.

2'^ Effets physiologiques du phosphore. — Le phosphore blanc, avide d'oxygène, dessèche les parties avec les([uelles il

est en contact et les brûle. Les vapeurs qu'il dégage irritent fortement la conjonctive. Ingéré à petites doses (1 à 5 milligrammes), il est dissous facilement dans la bile, et absorbé soit à l'état dissous, soit peut-être à Tétat de vapeur (Schmiedeberg). C'est après son absorption qu'il semble se combiner avec l'oxygène, mais sa présence en nature, dans les cas d'empoisonnement, se reconnaît à la phosphorescence du sang et même de l'urine. Son action sur le squelette, bien étudiée par Wagner et Kassowitz, consisterait dans la précocité de l'ossification des épiphyses , dans la production excessive de tissu compact, dans un resserrement permanent des vaisseaux des canalicules de Havers. Ces auteurs pensent que la prolongation anormale du traitement phosphore finit par amener au contraire la désorganisation du tissu osseux. Les effets sur les épithéliums et les parenchymes se résument en un mot : nécrobiose. On avait cru pouvoir y ajouter la dégénérescence graisseuse, mais Ranvier (1867) a montré que le mot dégénérescence était impropre; tout se passe dans ces tissus comme si le phosphore amenait purement et simplement la destruction des albuminoïdes du prototoplasma et mettait ainsi en évidence la graisse restée à l'état latent; il n'y aurait pas, comme on l'avait pensé, transformatijon des albuminoïdes en corps gras. Les travaux plus récents de Falcone et d'AMORE * n'ont pas infirmé ces belles recherches; ils ont au contraire mis de nouveau en lumière la nécrose des cellules épithéliales, et bien établi ce fait que l'albuminurie qui accompagne les premiers phénomènes de l'intoxication phosj)horce chronique disparaît quand l'épithélium rénal est tout à fait nécrosé.

Les globules rouges et l'hémoglobine qui augmentent un peu avec les premières doses de phosphore sont l)ientôt détruits en grande quantité, quand on prolonge l'usage de cette substance. Son action sur le système nerveux et sur l'appareil génital est excitante et tonique.

3*^ Effets physiologiques des phosphates. — L'action phy-

* Archives de Pharmacodynamie de Gand, 1894.

siologique des phosphates et des hypophosphites ne peut être comparée à celle du phosphore. Elle a même été longtemps discutée et contestée sous prétexte d'insolubilité des composés phosphoriques, ou tout au moins de la plupart d'entre eux. 11 est certain que la plus grande partie des sels ingérés passe dans les matières fécales ; mais il est probable qu'une partie peut être absorbée après élaboration dans le tube digestif. 11 faut reconnaître que cette absorption est admise plutôt en raison des résultats thérapeutiques observés qu'au nom de faits scientifi- <|uement constatés. Les phosphates basiques insolubles doivent d'abord être dissous par l'acide chiorhydrique du suc gastrique ; de là l'habitude de prescrire plus volontiers des sels acides (lactophosphate, chlorhydrophosphite , etc.). Les hypophosphites sont plus facilement solubles et d'après Rabuteau passent avec rapidité dans l'urine et la salive. Mais les mieux préparés à l'absorption sont évidemment les glycérophosphates, si bien étudiés par A. Robin * ; car ils représentent un élément normal des lécithines, clément qui se dégage dans la digestion pancréatique de certains aliments gras. Pris par la voie stomacale ou injectés sous la peau, ils amènent l'augmentation de la quantité d'urine et l'accroissement des matériaux solides (accélération de la nutrition totale). Les échanges azotés sont plus développés, l'acide urique diminue, signe d'une assimilation plus complète de l'azote. « Le rapport de l'acide phosphorique total à l'azote total diminue, ou tout au moins ne varie pas. 11 en résulte que les glycéro-phosphates ne tendent pas à activer la dénutrition des organes riches en phosphates, mais que, bien au contraire, ils agissent sur eux comme un moyen d'épargne. » Subjectivement les sujets soumis à l'usage de ces substances se sentent plus dispos, plus vigoureux. Ces effets sont également marqués avec les hypophosphites (Churchill).

11 n'est peut-être pas sans inconvénient de prolonger indéfiniment l'usage des sels de phosphore. A la longue, les hypophosphites affaiblissent et prédisposent aux hémorragies, et

* A. Robin, Les glycérophosphates^ Bull. gcn. de thérap., 1895.

l'on a noté que des vaches soumises à Tusage de phosphate de chaux finissaient par se tuberculiser.

Quelques composés de phosphore ont une action spéciale. L'acide orthophosphorique , assez caustique, a été vainement proposé et n'a pu être introduit dans la thérapeutique courante. Le phosphure de zinc qui, d'après Vigier, serait décomposé par le suc gastrique et pénétrerait dans la circulation sous forme d'hydrogène phosphore, agit comme le phosphore et est un excitant du système nerveux. La phosphate de cuivre a été préconisé par LuTON comme devant donner dans la phtisie des résultats excellents que l'expérience n a pas confirmés. Le phosphate d<; soude est un assez bon purgatif, recommandé par C. Paul et que nous retrouverons plus tard.

49 Indications thérapeutiques. — Le phosphore a été surtout vanté et employé dans le rachitisme. Sans être aussi entliousiasmé que Kassowitz, Gomby l'a souvent prescrit dans cette maladie avec un succès relatif (21 améliorations sur 40 cas) ; mais il préfère d'autres traitements. Comme il arrive si souvent, les résultats thérapeutiques ne sont pas tout à fait ceux que l'expérimentation physiologique donnent le droit d'espérer. Si Ton recourt ti cette médication, il faut se rappeler qu'on doit user de très faibles doses, les suspendre complètement tous les huit ou dix jours et ne reprendre qu'après une interruption de même durée. Des accidents toxiques sont survenus chez des malades soumis trop longuement à l'usage du phosphore.

Les mêmes rédexions s'appliquent au traitement de Vostcomalade.

Les phosphates, les hypophosphites, les glycéropliosphates sont employés avec plus de sécurité et prcs(iue autant d'avantages dans les maladies du s<[uelette (rachitisme, ostéomalacie, lenteur de croissance, retard dans la consolidation des fractures). Mais leur véritable indication réside dans la déchéance du système nerveux et dans l'insufllsance de la nutrition. De h\" leur emploi dans la cachexie goutteuse, le diabète à ses périodes terminales, Vobvsilc sans azolnrie, la j^^disie pulmonaire, la cachexie brightique , les albumituirics phosphaluviques y les

convalescences, la neurasthénie, le surmenage, Vanaphro- (liste. Leur usage est excellent chez les jeunes sujets scrofuleux, porteurs de ganglions hypertrophies ou déjà en voie de suppuration. Toutes les fois, en un mot, que la nutrition languit ou retarde, la médication phosphatique et surtout glycéro-pliospha tique est bien indiquée. Certaines douleurs, liées à des troubles généraux de la nutrition ou à des lésions du système nerveux {tabès, rhumatisme chronique, etc.) sont calmées par ce remède.

L'action sur le système nerveux est surtout accentuée quand on use de la voie hypodermique. M. Crocq fils (de Bruxelles), un des premiers, s'en est servi pour combattre avec succès la neurasthénie, le tabès, les névralgies. M. A. Robin, au lieu de phosphates, emploie de la même façon les glycéro-phosphates. Sous l'influence de ces injections, même à très faibles doses (5, 4, 3, même 1 seul centimètre cube de solution), on voit très souvent , en dehors de toute suggestion , les malades les plus anémiés, les plus débilités, reprendre la force, se remettre k digérer, à avoir de l'appétit, à dormir. Nous reviendrons sur ces points à propos des sérums artificiels.

Les conditions opposées à la déchéance nerveuse et organique, l'excitation nerveuse et génitale, la suractivité du foie, Tazoturie contre-indiquent les phosphates.

5*^ Préparations^ doses et modes d'administration.

A. Phosphore.

1° Huile pliosphoréo s Huile phosphorcc, au centième. . 10 gr. du Codex. ( Huile d'amandes douces décolorée. 90 gr.

2» Huile de foie de morue 400 grammes

Phosphore 1 centigr. (Kassowitz)

Donner dans le rachitisme 1/2 miUigramme par jour aux enfants; dans le tabès, 1 milligramme aux adultes ; augmenter les doses très prudemment; dans ce dernier cas, faire en toutes circonstances de fréquentes interruptions.

En injecîtions hypodermiques, Roussel* a donné jusqu'à 4 mil-

* Roussel. Progrès médical, 1893.

ligrammes de phosphore dissous dans de l'huile eucalyptolée stérilisée et dit avoir obtenu des guérisons de névroses à forme dépressive (mélancolie, neurasthénie, etc.).

Phosphure de zinc : pilules à 2 milligrammes, 1 à 5 par jour.

B. Phosphates et hypophosphites.

Phosphate de chaux des os ou tricalcique, insoluble : en poudre, cachets, etc., 50 centigrammes à 1 gramme ou même davantage ; peu utilisé.

Phosphate acide, monocalcique ou biphosphate, soluble dans les solutions acides : mêmes doses. Lacto-phosphate de chaux, chlorhydi'o-phosphate de chaux, en solution ou en sirop ; dose de 50 centigrammes à 1 gramme. La forte acidité de ces liquides doit faire éviter de les donner avec du lait, mais permet de les donner au moment des repas.

Phosphate de chaux gélatineux. (Phosphate bicalcique.)

Mémos doses.

Phosphate de soude (voy. les Purgatifs). Phosphate de gaïacol, 40 à 60 centigrammes par jour en cachets (Gilbert).

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