MÉDICATION NERVEUSE, TRANSFUSION NERVEUSE
DE G. Paul
ï/opolhérapic nerveuse a eu des fortunes diverses. Le professeur Babks (de Hukarest) ayant été amené à pratiquer sur luimême le traitement pasteurien préventif de la rage (injections sous-cutanées de dilution de substance bulbaire de lapins rabiques), fut en effet préservé de cette maladie, mais consUita en même temps la guérison de symptômes neurasthéniqxies dont il était affecté. 11 sembla également que des animaux traités ainsi pour la rage guérissaient de l'épilcpsie. C. Paul, rapprochant ces faits des commjnications encore récentes de Browx- Skqiaru sur le suc tcsticidaire, essaya de traiter difîércntcs névroses par des transfusions îiervcuscs. Cette médication, après
les quelques jours de popularité qui sont dus à toute médication nouvelle, tomba dans l'oubli : elle avait cependant à son actif cette note intéressante, c'est qu'elle semblait réussir précisément dans les maladies nerveuses où le suc orchitique échouait. Absolument inefficace dans le tabès, elle donnait des résultats heureux dans la neurasthénie et l'épilepsie, alors que la médication séquardienne était réputée pour améliorer le tabès, ne rien faire à la neurasthénie et aggraver l'épilepsie. Quoi qu'il en soit, les injections de sérums artificiels furent bientôt seules employées dans les cas où la transfusion nerveuse aurait pu être indiquée.
En 1897, MM. Wassermann et Takaki ont repris ces transfusions à un point de vue tout différent. Reprenant une théorie d'EuRLicH, qui, dans les maladies infectieuses, croit que les antitoxines se forment par réaction directe des organes imprégnés de toxines, ils ont pensé que dans le tétanos, la toxine tétanique se combinait avec les cellules de la moelle, que l'antitoxine tétanique résultait de cette combinaison, et que les propriétés antitoxiques du sérum sanguin étaient dues au passage dans la circulation des éléments des cellules nerveuses détruites et dissoutes. Si cette conception est vraie, la substance nerveuse normale doit être capable de neutraliser la toxine tétanique; c'est ce qui a lieu en effet, comme ils l'ont eux-mêmes vérifié, comme l'a aussi vérifié Metschnikow. Les animaux supportent impunément l'injection d'une dose mortelle de poison tétanique, mêlé à une émulsion de substance médullaire ou mieux encore de substance cérébrale normale. Babes est sur la voie de découvertes semblables pour le traitement de la rage. Ces faits nouveaux et d'un puissant intérêt, établissent un lien tout à fait intime entre l'opothérapie et les sérums immunisants.
La formule de Constantin Paul était la suivante :
Substance grise de cerveau de mouton. . . 15 grammes
Glycérine < àû. 75 —
Eau distillée j
Triturer, mélanger et filtrer.
En injections hypodermiques de 1 à 3 centicubes.
L'avenir nous apprendra la formule exacte des injections antitétaniques et antirabiques de substance nerveuse normale.