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MÉDICATION HÉPATIQUE

L'opothérapie hépatique est l'œuvre toute personnelle de MM. Gilbert et Garnot. Le foie est le premier organe dont la sécrétion interne ait été reconnue et isolée; cette sécrétion est la formation de sucre aux dépens de la matière glycogène, suivant l'admirable découverte de Gl. Bernard.

Expérimentalement l'injection d'extrait de foie à des lapins a paru accélérer la sécrétion biliaire, augmenter dans une proportion très variable, l'élimination de l'urée et de l'acide m*ique; on peut enfin retirer du foie, diverses substances, dont les unes ont une propriété coagulante du sang, les autres une propriété anticoagulante; les premières semblent en général prédominer sur les secondes et pourront être utilisées dans le traitement des hémorragies. Après injection de sucre dans les veines, la quantité du sucre rejeté par l'urine diminue chez les animaux à qui on fait simultanément absorber des extraits de foie, l)reuve que ces extraits activent la fonction par laquelle la glande hépatique transforme le sucre en glycogène, ou ont tout au moins une action sur la destruction du sucre.

« Ces données expérimentales ont été appliquées à la thérapeutique. Les maladies du foie paraissent impressionnées favorablement par l'extrait hépatique. Mais la glande ne doit pas être trop altérée pour pouvoir réagir à l'excitant spécifique que constitue l'extrait i\ son égard. » ((îilbert et Carnot.) La cirrhose, dans ses différentes variétés anatomiques ou cliniques, parait surtout heureusement influencée; les troubles cérébraux, les hémorragies, l'ascite sont particulièrement améliorés. L'ictère catarrhal a pu être une fois guéri.

Les maladies par ralentissement de la nutrition sont vraisemblablement liées à un mauvais fonctionnement du foie: c'est en partant de cette idée que l'on a essayé, et même avec succès, l'opothérapie hépatique dans la goutte, dans Tec^énia cbronique, etc. Mais c'est surtout contre le diabète qu'elle a été

prescrite. Dans cette maladie à origines si multiples, il est rare, pom' ne pas dire impossible, que le foie ne soit pas intéressé; mais il Test à des degrés très variables, tantôt primitivement, tantôt secondairement; et c'est dans cette inégalité qu'il faut chercher le motif des grandes différences obtenues dans les résultats. La diminution de la glycosurie est pourtant presque constante; mais elle est insignifiante ou très accentuée, passagère ou durable. Elle ne se maintient le plus souvent que par la continuation du remède.

L'extrait total de foie paraît être la préparation la meilleure; les extraits partiels, obtenus par une méthode analogue à celle de Baumann pour la thyroïdine, ne donnant que des effets incomplets. On peut, suivant les cas, faire ingérer 100 grammes de foie cru de porc, ou donner des poudres de foie en suspension dans de l'eau ou une infusion tiède, ou encore administrer les mêmes doses en lavements. Ces doses doivent correspondre a environ 100 grammes de foie frais.

Le fiel de bœuf a été longtemps populaire dans les lésions du foie; on pourrait encore le retrouver dans quel([ues formules. L . Gautier Ta complètement réhabilité au congrès de Montpellier. De 100 grammes de bile de bœuf il obtient 10 grammes d'extrait bien décoloré, blanc-jaunàtre, amer, d'odeur désagréable et en fait faire des pilules à 10 centigrammes chacune. Les malades en prennent de une à six par jour, aux repas, et dans les cas de colique hépatique en reçoivent un réel soulagement non pas que les calculs déjà formés soient expulsés; mais la choléate de soude que contient l'extrait augmentant la solubibité de la cholestérine, empêche la formation de nouvelles concrétions.

§ 7. — MÉDICATION pancréatique

Kien de plus obscur que la médication pancréatique. Les travaux cliniques de Lancereaux et de Lapierre, les expériences de Mehring, Minkowski, Hédon et Thiroloix ont jeté une vive himière sur la physiologie du pancréas ; ils ont montré que la suppression de cette glande amenait presque fatalement un dia-

bète maigre rapidement progressif et mortel ; que ce diabète est tout à fait indépendant de la présence ou de Fabsence du suc pancréatique dans l'intestin ; qu'il est probablement dû à la disparition d'une sécrétion interne du pancréas, chargée de régulariser la fonction glycogénique du foie. Mais après ces prémisses qui semblaient théoriquement promettre de beaux suc- <:ès thérapeutiques, la médication pancréatique ne compte à peu près que des échecs. Les injections de suc glycérine sont dangereuses par les désordres locaux qu'elles peuvent provoquer. Les ingestions de pancréas de veau très peu cuit (20 à 30 grammes par jour, en deux fois, au moment des repas) ont amené quelquefois un peu d'atténuation de la glycosurie, plus souvent une augmentation de l'azoturie, une déperdition des forces. Mêmes résultats pour les lavements pancréatés.

11 ne faut pourtant pas condamner sans appel cette branche (le l'opothérapie, car son insuccès tient peut-être à des causes très explicables. D'abord on a eu tort de traiter ainsi tous les diabètes et de ne pas réserver la médication aux diabètes véritablement pancréatiques. En second lieu, en administrant l'extrait total du pancréas, on donne trop de substances à la fois, on donne à la fois la sécrétion externe et l'interne. Il faudrait par des procédés chimiques isoler les principes de la sécrétion interne ; ou bien réduire du pancréas à cette seule sécrétion, en injectant, comme l'a fait Thiroloix, de l'huile et de la suie dans le canal de Wirsung et se servir pour l'opothérapie jintidiabétitiue de glandes ainsi préparées. C'est une question tout entière à rétnde.

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