‹ Precis de therapeutique v. 1Chapitre 29 sur 69 · LA GENÈSE DES INFECTIONS ET LES DÉFENSES DE L'ORGANISME · texte numérisé non relu

LA GENÈSE DES INFECTIONS ET LES DÉFENSES DE L'ORGANISME

1« Les microbes pathogènes. — Depuis vingt ans environ que Pasteur a montré le rôle des microbes dans les maladies infectieuses, la thérapeutique a été profondément modifiée et ne ressemble plus en rien à celle des générations médicales qui nous ont précédés. Aussi est-il nécessaire, avant d'aborder cette partie de l'histoire des remèdes, de rappeler brièvement les notions que la pathologie générale enseigne aujourd'hui relativement aux infections.

Les microbes pathogènes (bactéridie, bacille de Koch, bacille de Hansen, pneumocoques, streptocoques, coli-bacille, etc.) sont les germes immédiats des maladies infectieuses et contagieuses. Plusieurs d'entre elles sont causées par des microbes que l'on a pu découvrir et isoler (charbon, morve, tuberculose, lèpre, pneumonie, etc.) ; beaucoup d'autres relèvent de microbes inconnus, dont l'existence est probable, certaine même, mais que l'on n'a pu encore déceler (variole, syphilis, rage, etc.). Parmi les microbes connus, les uns sont absolument incompatibles avec l'état de santé de l'homme et leur présence dans nos tissus est toujours accompagnée de phénomènes morbides aigus ou chroniques (bacilles de Koch et de Hansen, bacille de Nicolaier, etc.); les autres avec lesquels nous avons subi une sorte d'acclimaté-

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ment ou d'accoutumance (pneumocoque, staphylocoque, streptocoque, etc.), peuvent vivre chez nous ou sur nous à l'état de parasites inoffensifs sans provoquer le moindre trouble (microhisme latent de Verneuii). Mais à un moment donné, ces hôtes inoffensifs deviennent terribles ; leur virulence^ c'est-à-dire leurs propriétés nocives, s'exalte et on voit survenir une foule d'accidents constituant par eux-mêmes des maladies bien définies (pneumonie, ostéomyélite, etc.) ou plus souvent les complications septiques secondaires des maladies infectieuses primitives (abcès, broncho- pneumonies, phlegmasies viscérales et glandulaires, etc.).

2° Les toxines. — Comment ces différents microbes nous rendent-ils ainsi malades? Ce n'est pas par leur seule présence dans nos tissus : comme corps étrangers, ils sont réellement insignifiants, et tout au plus dans quelques cas exceptionnels leur accumulation pourrait-elle amener par embolie quelques oblitérations (les vaisseaux capillaires. Ce n'est pas par traumatisme direct, par des érosions ou des brèches qu'ils produiraient dans nos éléments cellulaires. Ce n'est' pas par concurrence vitale avec nos celhdes, en épuisant dans le sang ou ailleurs tous les éléments dont elles ont besoin pour se nourrir. C'est par intoxication, c'est parce que chacun d'eux sécrète une substance toxique solublo, substance qui circule avec le sang et qui empoisonne un à un tous nos éléments organiques. La découverte de ces /o.dnt's, que l'on a pu, sinon isoler complètement, du moins sé[)arer des germes qui les produisent, est après la découverte des microbes eux-mêmes un des progrès médicaux It's plus importants de ces dernières années.

3^ La thérapeutique pathogénique. — En présence de ces notions nouvelles, le rôle du médecin est, sinon simplifié, du moins très éclairé. Hygiéniste faisant de la prophylaxie publique et privée, il devra prendre les mesures nécessaires, et mettre en œuvre les agents (jualifiés pour détruire les microbes et empêcher leur contact avec les sujets qu'il s'est proposé de préserver. Chirurgien, il devra en créant les plaies opératoires ou en

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