‹ Precis de therapeutique v. 1Chapitre 30 sur 69 · LA GENÈSE DES INFECTIONS · texte numérisé non relu

LA GENÈSE DES INFECTIONS

soignant les plaies accidentelles user de toutes les précautions pour empêcher la contamination de ces plaies par les microbes et Téclosion des accidents si redoutables qui en résultent (érysipèle, septicémie, infections purulentes). Médecin proprement dit, il aura une mission plus difficile à remplir; il ne devra pas, comme dans les cas précédents, s'attaquer aux microbes en dehors de l'organisme et n'aura pas la possibilité pour les détruire de recourir aux moyens les plus violents. L'ennemi est déjà dans la place; il s'agit de l'en déloger et d'éliminer aussi les produits dont il encombre l'économie. Le choix des moyens est plus limité, car, ainsi que l'a démontré Cl. Bernard, les lois de la vie étant communes aux végétaux et aux animaux, les substances capables de tuer le microbe seront nuisibles poui' l'homme ; les antiseptiques seront presque toujours des toxiques. On devra donc en user d'une main prudente et, dans l'ardeur que l'on peut mettre à chasser les microbes, ne pas oublier la fable du pavé de l'ours. D'ailleurs cette loi n'est pas absolue, et, comme l'a montré Bouchard, on peut, à l'aide d'agents non toxiques, atténuer ou supprimer certaines fonctions des microbes et, sinon les tuer, du moins les rendre inofTensifs.

4^ La nature médicatrîce. — A côté de cette thérapeutique qui cherche à tuer le germe ou à annihiler ses produits, il en est une autre d'un ordre plus élevé et que les derniers travaux tendent à renforcer de plus en plus. Bien des cas de maladies infectieuses, les uns bénins, les autres très graves, guérissent sans aucune intervention médicale : l'organisme a été son propre médecin, et la nature médicatrice a fait tous les frais de la thérapeutique. Le rôle du médecin n'est-il pas de renforcer, d'exciter cette nature médicatrice ; et, au lieu de s'obstiner à tuer les microbes, ce qui est toujours difficile et ce qui peut être dangereux, n'est-il pas plus raisonnable et plus sûr de donner des armes à l'organisme qui quelquefois par ses seules forces sait si bien se débarrasser de ses adversaires. Une thérapeutique vraiment méthodique doit donc compter avant tout sur les défenses de Vorganisme et doit sm'tout les bien connaître pour les utiliser au besoin, dans tous les cas pour éviter de les affaiblir.

b^ Les défenses de l'organisme. — L'organisme fait sa propre prophylaxie ; Tépiderine normal, les épithéliums pavimenteux sont des barrières que les microbes ne peuvent franchir. Toute érosion, toute fissure est au contraire une porte ouverte à l'invasion ; et, en cas de pyrexie, le respect du tégument, sa protection sont de la plus haute importance. Non seulement l'organisme se protège par son revêtement, mais les sécrétions normales des premières cavités muqueuses : salive, suc gastrique, mucus vaginal, sont d'excellents antiseptiques capables de neutraliser ou d'affaiblir un grand nombre de germes pathogènes. Bien des affections intestinales ne deviennent possibles que lorsque la sécrétion gastrique a été pervertie.

Lorsque les microbes ont réussi à franchir cette première ligne de défense, ils peuvent pénétrer dans la circulation sanguine ; mais ce puissant appareil d'oxydation ne tarde pas aies brûler, et il faut que le nombre des germes soit immense ou l'organisme bien affaibli pour qu'une invasion par cette voie réussisse à déterminer une maladie. C'est plutôt par le tissu cellulaire sous-séreux ou sous-muqueux que se font les invasions dangereuses. Mais là les microbes rencontrent les leucocytes qui les attaquent, les circonscrivent et les dévorent (phagocytose) ou bien ils se trouvent en contact avec le sérum sanguin qui est pour eux un agent destructeur et qui même neutralise leurs sécrétions (pouvoir bactéricide et antitoxi(|ue du sérum). Ce rôle si important des leucocytes et du sérum est favorisé, est décuplé par des réactions de l'organisme qui accumulent autour du point infecté le sang et les globules (congestion, diapédèse, exsudation). Souvent les microbes (lui pour envahir l'organisme ont suivi la voie lymphati(|ue rencontrent dans leur marche des ganglions qui les arrêtent et atténuent leur virulence (adénites, bubons).

Bien des maladies commencent ainsi en nous et avortent sans que nous layons jamais su ni senti. Mais bien souvent aussi, malgré les efforts de cette défense, les germes progressent, se multiplient et la maladie éclate. La guerre devient alors générale, au lieu de rester cantonnée dans un point limité du corps ;

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