LA GENÈSE DES INFECTIONS
toute l'économie y prend part : la fièvre éclate, fièvre qui est une réaction fâcheuse par ses excès mêmes, puisqu'elle élève parfois la température du corps à un degré incompatible avec la vie, qui souvent est une réaction utile puisqu'elle la maintient à un degré que certains microbes ne peuvent longtemps supporter. Avec la fièvre coïncident des modifications dans les échanges organiques qui assurent souvent la victoire de l'organisme ; quand cette victoire s'affirme, celui-ci doit se débarrasser des produits toxiques qui l'encombrent ; alors tous les émonctoires entrent en jeu et les sueurs, la polyurie critique, les hémorragies critiques quelquefois déblaient le terrain des sécrétions qui l'empoisonnaient. La meilleure thérapeutique n'est-elle pas celle qui s'appuie sur la connaissance exacte de ces défenses et les utilise, au lieu de vouloir à elle seule et par ses propres ressources détruire les germes infectieux. Cette question d'un grand intérêt spéculatif ne doit pas nous arrêter longuement, car en pratique les mêmes agents sont souvent destructeurs de microbes et stimulants de l'organisme. Mais il était utile de la bien poser.
6** L'antisepsie. — L'antisepsie est cette partie de la thérapeutique qui étudie les moyens de détruire les germes infectieux et d'empêcher leurs effets nuisibles sur l'organisme. Elle comprendra trois grandes divisions :
1® Les agents antiseptiques proprement dits, c'est-à-dire ceux qui sont capables de combattre les microbes aussi bien in vitro que dans le corps ;
2<* Les sérums antitoxiques, c'est-à-dire ces agents organisés ou tout au moins organiques que l'on retire du sang d'animaux immunisés contre une maladie pour les inoculer à l'homme atteint du même mal et qui forment une catégorie tout à fait spéciale dans nos nouvelles ressources thérapeutiques ;
3^ Les agents anti thermiques, c'est-à-dire ceux qui paraissent agir sur l'organisme plutôt que sur les microbes même.
A cette dernière catégorie se rattachent les divers moyens qui, en agissant directement sur la composition et la quantité du jsang, doivent de toute nécessité être rangés avec les plus puis-
sanls modificateurs capables de soutenir l'organisme dans sa lutte contre les infections.