‹ Précis de thermométrie clinique généraleChapitre 17 sur 64 · Partie malade · texte numérisé non relu

Partie malade

(Bras sain

La lymphangite commença à décliner franchement au troisième jour de l’observation (sixième jour de la maladie) ; au cinquième jour de l’observation (huitième de la maladie) tous les phénomènes locaux de l'affection avaient disparu. Aux deux bras le thermomètre fut toujours appliqué sur des points correspondants ; sur le bras malade on choisissait pour point d'application la tramée rouge de la peau due à l’angioleucite.

Dans un cas de stomatite aphtheuse aiguë, que nous avons observé en avril 1868 sur une petite fille, âgée de quatorze ans, et de faible constitution, nous avons noté ce qui suit:

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De 8 à 9 heures ou matin

Jours de la maladie

P ints d’application du thermomètre

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Dans un autre cas de stomatite plus intense (avec abondante salivation et dépôt considérable de matière pultacée sur la muqueuse), que nous avons observé sur un malade âgé de trente ans, de tempérament mixte et de constitution moyenne, admis dans notre service, nous avons recueilli par l’examen thermo-sphygmo-pneométrique les résultats suivants:

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Do 8 à 9 heures du matin

De 3 à 4 heures du soir

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Points d'application du thermomètre

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Il est à propos de faire observer: 1°. que dans la bouche le thermomètre a été appliqué sur les points qui étaient les plus affectés, tantôt sous la langue, tantôt sur elle, quelquefois entre les lèvres et les gencives, d’autres fois à la face interne des joues ; 2°. que le malade est resté plusieurs jours soumis à une diète sévère, ne pouvant prendre d’aliments à cause de la douleur que lui causait la mastication.

Les résultats de ce tableau sont:

1°. Que la plus haute température constatée dans la bouche a été de 38°,/* le soir (au 7.êm0jour de la maladie, 3.0rae de l’observation), et que la plus haute température prise dans I aisselle a été de 38,6 (au 6.0mejour de la maladie); que les plus basses températures, tant qu'il y a, eu fièvre, ont été de 38° dans la bouche, et de 38°, i à l'aisselle, et qu’une fois la fièvre éteinte, ces plus basses températures ont été de 36°,2 à la bouche (pendant le 14 eme jour), et de 36° à l’aisselle (encore pendant le 14.èmejour).

2°. Que plusieurs fois la température de la bouche a été trouvée supérieure à celle de l’aisselle.

Nous avons appliqué, comme nous venons de le montrer, le thermomètre sur des parties externes enflammées, et nous avons comparé leur température avec celle des parties saines correspondantes. Nous avons poussé plus loin notre observation en introduisant cet instrument soit dans l'intérieur de foyers purulents préalablement vidés, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, et en notant la température prise dans ces profondeurs, ainsi que celle de la périphérie ou des environs de ces mêmes foyers.

Une circonstance qui, en raison de son importance pour l’appréciation de la température locale, doit fixer l’attention de l’observateur, c’est l’intensité de l’inflammation. C’est pour n’avoir pas suffisamment tenu compte de cette circonstance que de notables divergences se sont produites entre des observateurs distingués. Les uns affirment qu'il n’y a pas d’élévation de température dans la partie enflammée, d'autres prétendent que l’accroissement de la chaleur y est

considérable ; les uns admettent que la température générale monte plus ou moins sous l’influence d’une inflammation extérieure, tandis que d’autres déclarent que la température naturelle du sujet se maintient dans ses limites normales; enfin les uns disent que, quelle que soit l’élévation de la chaleur d’une partie enflammée, celte chaleur n’atteint pas la température interne ou du sang, tandis que d’autres croient que la température locale dans une région enflammée peut être égale à la chaleur interne normale ou même la dépasser. •

L’analyse des observations et des expériences entreprises pour éclairer ce point en litige fournirait matière à une discussion très-étendue. Nous, allons présenter les faits de notre propre observation, et nous eu déduirons les conclusions qui nous paraissent en découler naturellement.

L’observation nous a appris que lorsque l’inflammation est légère, de peu d’intensité et sans augmeutation de la température générale, la température locale n’éprouve pas d’altération, ou ne s'élève que très peu (de quelques dixièmes de degré) relativement à la chaleur de la partie congénère ou d’autres points de la périphérie du corps, sans atteindre jamais le niveau de celle de l’aisselle. Nous citerons, pour exemple, un cas d’orchite du côté droit, observé sur un individu de vingt quatre ans, de tempérament lymphatique, de constitution moyenne et de stature régulière. La maladie datait de quatre jours; le testicule droit était plus volumineux qne le gauche, douleureux à la pression, et le tégument qui le recouvrait élait rouge ; l’orchite était peu intense. L’examen de la température, du pouls et de la respiration donna les résultats suivants :

Jours de la maladie

Parties explorée»

A 10 heures du matin

A 4 heures du soir

Température

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Température |

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Testicule malade.

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Au dernier jonr mentionné (3.ème d’ohservation, et 6.ème de la maladie) le testicule ne présentait déjà plus de symptômes d’inflammation.

Lorsque l’inflammation cutanée est de médiocre intensité, et qu’elle n’arrive pas au point de causer une réaction générale, lorsque la température de l’aisselle se maintient dans ses limites normales, la chalenr de la partie affectée s’élève jusqu’à dépasser de On,5 à 2° celle des parties saines, sans atteindre pourtant le niveau de la température générale. Nous pouvons donner comme exemple le cas d'une érysipèle bulleux que nous avons observé sur la cuisse gauche d’un malade de soixante cinq ans, de tempérament sanguin, de forte constitution, de stature régulière, exerçant la profession de domestique, lequel était entré dans uotre service à l’hôpital S. José le 5 mai 1869, et en était sorti guéri le 14 du même mois. Ce sujet avait été vacciné étant enfant, et n’avait eu aucune fièvre éruptive. L’érysipèle datait de quinze jours et commençait à décliner.

L'application du thermomètre sur la cuisse malade et en suite sur le point correspondant de la cuisse saine et dans l’aisselle donna les résultats suivants:

A 10 heures du matin

A 4 heures du soir

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Points d'application du thermomètre ■

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L’érysipèle continua à décliner rapidement et on put le considérer comme éteint le 8 mai, jour auquel la température prise au malin descendit de 0°,5 au-dessous de celle de la cuisse saine, et de 2°, 6 au-dessous de celle qui avait été constatée le premier jour de l’observation. Le traitement avait consisté en bains avec l’infusion de fleurs de sureau et en applications d’amidon.

Lorsque L’érysipèle est intense et accompagné de fièvre, la température de la partie affectée s’élève plus ou moins, quelquefois dans une forte proportion, montant de 2°, 5 au dessus de celle de la partie saine correspondante et dépassant la limite normale de la température générale ou de la température de l’aisselle, mais atteignant ou dépassant très-rarement la température générale pathologique qui est supérieure à la température normale. Pour preuve nous pouvons citer une observation prise dans nos registres lher-

mo-sphygmq-pneomélriques. Il s'agit d'un érysipèle phlegmoueux, situé à la jamhe droite d’un sujet de vingt six ans, de tempérament sanguin, de constitution forte, de stature régulière, ouvrier cultivateur, lequel fut admis dans noke service de l’hôpital, salle S. Sebastien, lit n.° 18, le 21 1869. Il avait eu, dans son enfance, la variole et la rougeole et il n’avait pas été vacciné. L’érysipèle était à son septième jour. Voici les observations qne nous recueillîmes, journalièrement. vers les dix heures du matin, pendant le cours de cette maladie.

Jours

de la maladie

Points d'application du thermomètre

du mois

Aisselle

Jambe droite (malade)

Jambe gauche (saine)

CU

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