‹ Précis de thermométrie clinique généraleChapitre 27 sur 64 · ET LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

ET LA RESPIRATION

Nous considérerons seulement ici les mouvements respiratoires. La relation entre le degré de la température et la fréquence de la respiration est encore moins précise et moins constante. Bien qu’on puisse affirmer qu’il existe un certain rapport entre les deux phénomènes, on doit ajouter que cependant ce rapport n’est pas proportionnel. On ne peut d’après la fréquence de la respiration mesurer l’élévation de la température, pas plus que d’après le même fait on ne peut apprécier la fréquence du pouls. Les faits analysés par un grand nombre d’observateurs et ceux observés par nous-même attestent la vérité de cette proposition.

Avec les observations thermométriques que nous avons mentionnées, il y a quelques instants, on peut composer le tableau suivant:

1 Gazette des hôpitaux, n. 47, 20 avril. — Paris, 1867.

Degrés thermométriques

Respirations

Degrés thermométriques

Respirations

Degrés thermométriques

Respirations

Degrés thermomotriques

OOn K

oo°3£ . .

Ce tableau montre avec évidence combien est variable la relation entre le nombre de degrés de la température et le nombre des respirations. Dans la thermométrie clinique spéciale nous rencontrerons à chaque pas la confirmation de ce que nous venons de dire à ce sujet.

Le docteur Smoler croit à une relation plus étroite que celle que nous admettons, puisqu'il prétend que l’accélération de la respiration est dans un rapport constant avec l’élévation de la température et dans un rapport très-irrégulier avec l'accélération du pouls ; pour ce médecin la chaleur fébrile et la combustion, qui en est l'origine, sont les véritables causes de la précipitation des mouvements respiratoires.

Au sujet de l’influence des phlegmasies des voies respi-

ratoires» sur la température le docteur Hirtz formula cette proposition générale: «tant que l’inflammation des voies respiratoires, dans sa première période, n’embarasse pas l’hématose, la température ne dépasse pas la normale; elle s’abaisse, au contraire, dès que les phénomènes asphyxiques se prononcent L» Le savant écrivain ajoute: «Mais, en dehors de cette formule générale, qui d’exceptions à résoudre !» Et il a raison, car les exceptions que nous avons rencontrées sont tellement nombreuses que nous souscririons difficilement à la formule générale.

Le docteur Peter, dans son travail présenté à l’Académie de médecine de Paris, et que nous avons déjà cité, est arrivé à la conclnsion suivante: «Il n’y a aucun rapport constant entre les variations de la température et celles de la respiration1 2 3.» Ainsi, selon le docteur Peter, l’accroissement de fréquence de la respiration n’entraîne pas nécessairement l'élévation de la température, et lorsque celle-ci s’élève, alors que la respiration augmente de fréquence, il n’y a pas, pour cela, relation constante entre l’accroissement de fréquence respiratoire et la hausse de la température.

Le docteur Hardy admettant chez l’adulte et dans l’état physiologique la température moyenne de 37°, 15, la fréquence du pouls de 72, et celle de la respiration de 20 par minute, ce qui équivaut à T=37°,I5, C=72 et R= 20, en a déduit que le rapport normal entre la température et la circulation était:

et celui de la température avec la respiration:

1 Nouv. dict. de méd. et de chir. pratiques, t. vi. — Paris, 1867.

2 Gazette des h&pitaux, n.° 47. — Paris, 1867.

3 Dans la thèse du dr. Hardy il y a le nombre 0,56 et non pas 0,51. qui est celui que nous indiquons; cela nous paraît être une erreur typographique, bien que ce soit répété.

lü

ÏÏ

Ou peut en suivant la même méthode formuler le rapport de la calorification avec la circulation et la respiration dans l’état pathologique, en rapportant les résultats à la même unité qui est la relation physiologique. Voici la proportion qui nous servira pour évaluer le rapport entre le nombre de degrés de la température et le nombre de pulsations:

T exprime la température normale (T=37°,27); C représente le nombre normal de pulsations par minute (C=73); T' la température du malade, et G' le nombre de pulsations, par minute, du même malade. Cette formule se traduit donc ainsi: Le rapport normal entre la température et la circulation est à l’unité 100, de même que le rapport entre la température et la circulation pathologiques sera au nombre qui devra lui correspondre proportionnellement.

De cette formule on peut déduire que pour déterminer la relation de la température et du pouls dans l’état pathologique comme dans l’état physiologique, il suffira d’ajouter deux chiffres au quotient du nombre de degrés de la température anormal divisé par le nombre des pulsations du malade et diviser par 0,51.

Pour déterminer la relation de la température avec la respiration on devra procéder de la même manière, en remplaçant dans la proportion ci-dessus établie le nombre de pulsations par le nombre de respirations par minute. Ainsi:

1 Thèse cit.j’pag. 19.

R représente le nombre normal de respirations par minute R=20) et R' le nombre de respirations par minute chez e malade.

La déduction à tirer de cette formule est que, pour obienir le rapport de la température et de la respiration du naïade avec la normale, il suffira de joindre deux chiffres i cette relation ou au quotient de la température anormal iivisée par la respiration du même malade, et diviser le ésultat par 4,85.

Mais il n’est pas indispensable d’avoir recours à ces foriiules qui exigent un certain travail de calcul; comme le »ut principal est l’appréciation des modifications que subisentla température, la circulation et la respiration dans le ours des maladies, les registres bien tracés montrent suf- .samment à l’œil les oscillations de ces trois fonctions.

On a admis dans la température certaines modifications iu variétés auxquelles on a donné des dénominations spéiales, telles que chaleur halitueuse, sèche, acre, mordiante, ardente ou brûlante ; chaleur idiopathique (lorsu’elle se manifeste dans la partie malade), chaleur symathique (lorsqu’elle se produit dans des parties autres ue celle qui est affectée; chaleur erratique (lorsqu’elle se ■ansporte rapidement d’un point â un autre), etc l.

Ces variétés de température, qui ne sont point indiquées ar le thermomètre, n’ont pas actuellement l’importance u’on leur attribuait autrefois.

1 t orget, Ue l'influence que le s maladies exercent sur la chaleur anit-ale, pag. 18— Paris, 1832.

Page 1