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La thermométrie, considérée isolément, ne suffit pas

à elle seule, pour indiquer la présence ou l’absence de la pneumonie. #

Ces faits nous paraissent être admis par tous les praticiens adonnés à l’étude de la thermométrie clinique.

11 résulte de ce que nous avons exposé:

1. ° Que la température de 39° ne suffît pas, à elle seule, pour distinguer la nature de la fièvre, ni l'espèce étiologique d'une inflammation.

2. ° Que la température supérieure à 39° n’est pas un critérium indiquant avec certitude que l'inflammation ait été causée par le froid, qu’elle soit catarrhale ou de cause interne, ni qu’il se soit fait une absorption purulente, et que par conséquent celte température soit l’expression exclusive d’une fièvre de cause interne ou générale.

1 Op. cit.

3.° Que la température la plus élevée, considérée séparément, n’a pas l'importance thérapeutique que quelques praticiens lui ont attribuée, en faisant dépendre d’elle l’espèce de médication qu’il convient d’employer dans tel cas soumis à l’observation.

Ce n’est pas par le degré où elle s’élève, nous ne cesserons de le dire, que la tempéralure montre son importance en fait do diagnostic, mais par sa marche, par la manière dont elle parcourt ses stades.

La marche de la tempéralure dans les inflammations aiguës est différente de celle qui s’observe dans les fièvres dites essentielles ; le degré thermique absolu ne permet pas de distinguer ces deux états pathologiques.

Démontrons ces deux propositions.

Tous les observateurs, inclusivement ceux qui défendent la formule thermo-différentielle, sont d’accord qu’en aucune maladie la température n’atteint son maximum dès le début de son développement; par conséquent tant que le thermomètre s’élèvera à 39°, il ne sera pas possible de savoir, seulement par le degré thermique, si le malade est affecté d’une inflammation, d’une pneumonie, par exemple, de quelque nature qu’elle soit, si c’est d’une fièvre essentielle, d’une fièvre*typhoïde, d’une fièvre éruptive, et encore moins d'une pneumonie catarrhale ou non catarrhale, si c’est enfin d’une fièvre d’origine miasmatique, typhique, pyémique, etc. Le médecin connaîtra seulement que le malade a la fièvre, une affection fébrile. Par conséquent la formule thermo-différentielle sera inapplicable à ce cas, ou ne donnera pas le résultat désiré.

Supposons maintenant qne la chaleur du malade est de 40p, 41°, 41°, 3 ( maximum que nous avons rencontré dans la pneumonie1). L’observateur sera-t-il autorisé, seulement

1 Selon le dr. Wunderlich, quand des phénomènes nerveux graves dans la pneumonie précèdent la mort, la tempéralure peut arriver à 43°

par cette élévation thermométriqiie, à établir !e diagnostic différentiel, à affirmer que le malade a une fièvre essentielle, et non une inflammation, une pneumonie? Certainement non ; il pourra seulement dire qu’il a une fièvre très-intense, parce que chacun de ces degrés thermiques peut se présenter dans l’un ou dans l’autre ordre de maladies. Ce point est accordé par M. Robert de Latour lui-même, et les minutieuses observations des drs. Ziemssem, Thomas, Wunderlich, Jaccoud, et les nôtres ne laissent pas le moindre doute à cet égard. Par conséquent, encore ici, la formule thermo-différentielle est inapplicable ou elle ne donnera pas le résultat désiré.

Or, si dans tous ces cas, qui sont ceux que la clinique offre à l’observateur, le degré absolu de la température ne suffit pas pour établir le diagnostic générai, pour distinguer une inflammation aiguë d’une fièvre essentielle, comment pourra-t-il servir pour spécialiser davantage, pour fixer le diagnostic particulier, pour déterminer que la maladie est une inflammation catarrhale et n’est pas une affection d’une autre nature ?

Mais, faisons cette supposition que le médecin, par d’autres moyens d’exploration, a reconnu l’existence d'une pneumonie aiguë. Si le chiffre thermique est 39°, ou quelques dixièmes au-dessous, pourra-t-on Affirmer que la pneumonie n’est pas catarrhale? Non, certainement; et en cela encore nous serons d’accord avec l’auteur lui-même de la loi thermo-différentielle, car, quand même il serait démontré que la température élevée à 40° ou au-dessus est le critérium certain, infaillible, de la pneumonie catarrhale, la fièvre causée par cette maladie avant d’atteindre 40°, a dû nécessairement passer par les degrés inférieurs, par 39°. Alors cette température appartient aussi à la pneumonie catarrhale, et le chiffre de 39° ne pourra pas faire connaître au médecin si la pneumonie est ou n’est pas catarrhale, si elle est ou n’est pas seulement l’une des manifestations d’un complexus morbide général. Étant même admis que

la loi thermo-différentielle est l’expression de principes vrais, il faudrait, pour qu’elle ait son application dans le cas dont il s’agit, savoir si l'élévation à 39° exprime le maximum de chaleur chez le malade soumis à l’observation; or, celte connaissance ne se peut acquérir que par l’observation de la marche de la température.

Si la température observée oscille de 40 à 41°, 5, par les raisons déjà exposées, à elle seule, elle ne peut constituer le signe pathognomonique d’une fièvre essentielle, ou d’une inflammation aiguë et moins encore de la nature étiologique de la maladie.

Conséquemment, l’élévation thermométrique absolue, isolée, quelle qu’elle soit, ne caractérise aucune espèce pathologique.

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