CHAPITRE III
De la thermacologie
ou
D* la température dans se» rapports avec la thérapeutique
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES J DIVISION DES MOYENS THÉRAPEU- TIQUES PAR RAPPORT À LA TEMPÉRATURE
La température animale étant un des éléments de diagnostic des maladies fébriles, et le diagnostic étant de son côté la base la plus solide de la thérapeutique, il est clair que la connaissance de la température pathologique doit beaucoup intéresser le clinicien au point de vue du traitement rationnel qu’il doit instituer.
Mais ce n'est pas seulement comme élément de diagnostic que la connaissance de la température est utile à la thérapeutique ; la température pathologique étant le meilleur moyen d’apprécier la marche des maladies aiguës, est, par ce fait, une source précieuse d’indications thérapeutiques.
D’un autre côté la fièvre est le phénomène capital de lo maladie dans certains cas; quelquefois même elle la constitue et la représente presque exclusivement. Il convient par conséquent de la combattre directement, s’il est possible.
La fièvre, ou la température exagérée qui en est l’expression, est l’origine de graves altérations, soit des liquides, soit des solides, et par conséquent rien de plus natu-
î el que I emploi des moyens qui tendent à la diminuer-. Les cliniciens ont reconnu l’avantage de ces moyens, même dans les fièvres symptomatiques; en combattant la température fébrile, on a obtenu non seulement d'enrayer le progrès des lésions locales, qui l’ont produite et l'entretiennent, mais encore de détruire des altérations consécutives, secondaires, provenant de cette même lièvre.
Dans les maladies aiguës la fièvre, seulement par elle même, par sa grande intensité et sa longue durée, constitue un très-mauvais signe pronostique ; donc le clinicien doit recourir â l’emploi des moyens thérapeutiques, qui ont pour but de diminuer ou de détruire un élément pathologique qui est si grave ; il y a indication urgente de combattre la fièvre, quand elle est intense ou persiste longtemps.
On voit dès lors combien est importante l’appréciation de la température par rapport à la thérapeutique.
Si la température physiologique se montre si indépendante des influences externes, il en est bien autrement de la température morbide; celle-ci se modifie, décroît, s’abaisse, même au niveau normal, sous l’influence de certains agents qui, par cela même, ont reçu la qualificatiou d’anti-pyrétiques.
Ces moyens thérapeutiques ont été divisés en trois classes. Dans la première entrent ceux qui sont presque exclusivement du ressort de l’hygiène ; dans la seconde sont compris les moyens qui paraissent agir directement sur le sang, en diminuant les combustions, source de la chaleur animale; la troisième renferme les substances qui paraissent avoir une action directe sur le système nerveux. Sans attacher d’importance à cette division, nous l’adopterons pour faciliter la distribution de la matière que nous allons traiter; il n’y a pas en cela le plus léger inconvénient. Il serait inopportun d’ouvrir ici une discussion sur le mode d'action intime des moyens thérapeutiques.
PREMIÈRE CLASSE DE MOYENS THÉRAPEUTIQUES ANTI-PYRÉTIQUES EFFETS DE LA DIÈTE SUR LA TEMPÉRATURE
Dans cette classe sont compris : la diète, les boissons fraîches, les lotions, les bains, les lavements d’eau, et enfin rhydrothérapie dans ses diverses formes.
Nous traitons ici de la diète, et non dans la seconde classe, comme le fait le docteur Hirlz, parce qu’elle nous paraît avoir mieux sa place parmi les moyens hygiéniques, ainsi que l’avait pensé, dans l’antiquité, le célèbre Àsclepiade de Bithynie, quand il prétendit renfermer la thérapeutique dans le cercle des choses ue pure hygiène: « Quinque re maxime commumum auxiliorum professas , abstinentiam cibi, alias vini, fricationem corporis, ambulationem, gestaliones L*
La diète recommendée dans tous les temps, et mise en crédit par les expériences qui montrent les effets de la diminution et de l’abstinence des aliments sur la température et les urines, doit être employée avec la plus grande circonspection, parce que son abus peut entraîner de sérieux inconvénients.
La fièvre, ou la température animale élevée, exige en général la diète plus ou moins rigoureuse, parce que l’inanition produit l’abaissement de la chaleur. La température basse réclame en général le régime corroboraut, reconstituant.
1 Pliaio, 1. xxvi.
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