EFFETS DES PLOMBIQUES SUR LA TEMPÉRATURE
On y a aussi préconisé l'acétate neutre de plomb, à haute dose, dans le traitement de la pneumonie aiguë.
Il y a déjà quelques années, une des célébrités médicales de Belgique s'écriait dans une occasion solennelle : «Le siècle est au scepticisme ; il y a peu de croyances qui ne soient ébranlées ; celles même qui, par leur ancienneté, permettaient d’être éternelles, sont presque passées dans le domaine de la mythologie. La médecine elle-même n’a pu se défendre de la contagion.»
La pneumonie pouvait, en égard aux méthodes thérapeutiques, qui ont été employées pour la combattre, être un témoignage de l’exactitude de cette assertion. N’est-on pas étonné, en elïet, de voir par quels extrêmes a passé l’opinion des médecins par rapport au traitement de la pneumonie ? A en juger par les dissidences, qui se sont si fréquemment élevées, ce sujet serait un des plus arriérés de la pathologie. Et cependant il n’en est pas ainsi.
Pour établir la valeur thérapeutique de l’acétate de plomb neutre dans la pneumonie aiguë, nous avons publié dans la Gazeta Medica de Lisboa, 1863, quelques observations cliniques recueillies dans notre service à l’hôpital. Nous ne voulons pas arriver au même but aujourd’hui ; nous voulons seulement signaler l’effet de l’acétate neutre de plomb sur la température, le pouls et la respiration.
Chez un malade âgé de 39 ans, tempérament mixte, constitution moyenne, stature régulière, travailleur aux champs, affecté de pleuro-pueumonie aiguë à la base du côté droit, nous avons observé ce qui suit :
ta
De 9 à 1Ô heures du matin
De 4 à 5 hausps du soir
cg
Température ,
Pouls
Respiration
Température ,
Pouls
Respiration
Traitement
(4.°) Acétate de plomb, 5 eentigr. en 5 pilules
(5.c) Itlem, 3 centigram.
(6. j Idem, (7.®) Rien
(8.l) Rien
Dans cette observation la température et le pouls ont décliné beaucoup immédiatement après l'emploi de cinq centigrammes d’acétate neutre de plomb; pour la température
l’abaissement a été de 1°,5 ; pour le pouls il y a eu 20 pulsations en moins. Celte grande rémission serait-elle l’effet du médicament, ou du déclin naturel de la maladie? Ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle s’est manifetée au cinquième jour de la maladie, qui, au huitième jour était en état de' résolution. Dans d’autres cas nous n’avons pas obtenu un résultat aussi prompt, même avec des doses plus élevées d’acétate de plomb.
Chez un autre malade, de 22 ans, tempérament sanguin, constitution forte, stature régulière, travailleur aux champs, attaqué de pleurésie aiguë du côté droit, nous avons noté ce qui suit :
Jours do la maladie
De 9 à 10 heures du matin
De 4 à 5 heures du soir
Traitement
Température 1
Respiration
, Températur e i
Respiration
(2.») Acétate de plomb,
7 centigram. en 3
pilules
(3.e) Idem, 14 centi-
gram.
(4.°) Idem, 21 centi-
S.el
gi am.
(5.e) Un vésicatoire sur
la poitrine; kèrmes
minéral, 15 centi-
gram.
(6.e) Idem
(7.e) Idem
(9.c) Rien
(10.°) Ilien
1 L’expectoration s’est suspendue, le malade est très-oppressé.
2 Quelque expectoration, quelque soulagement.
3 Le malade est bien, et sort de l’hôpital.
Chez ce malade, sous l’influence de l’acétate neutre de plomb, la température est descendue de 0°,4 au premier
jour, de 0°,G au second, le malade ayant pris jusqu’alors - 1 centigrammes de ce sel. Mais au troisième jour, où le malade a pris line dose égale à celle des deux jours précédents réunis (21 centigrammes^, la température s’est élevée de 0°,4. L’acétate de plomb n’est pas une substance antifébrile sur laquelle on puisse compter.