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EFFETS DU CARBONATE D’AMMONIAQUE SUR LA TEMPÉRATURE

Le carbonate d’ammoniaque a été souvent employé dans la pneumonie aiguë, mais généralement comme moyen adjuvant, pour combattre ou favoriser la résolution de tel ou tel phénomène ; comme hypercnuique, dans le but de faciliter l’expectoration, car il agit en augmentant la sécrétion du mucus bronchique ; comme excitant diffusible, à fin de provoquer la stimulation générale de l’organisme, et particulièrement des organes respiratoires, et de déterminer la diaphorèse. C’est seulement dans ces derniers temps qu’on a conseillé le carbonate d’ammoniaque comme base exclusive du traitement de la pneumonie aiguë, en le prescrivant depuis l’invasion jusq’à la résolution de cette maladie.

Parmi les observations recueillies dans notre clinique, nous alons enregistrer les suivantes, qui suffiront pour démontrer l’action du carbonate d’ammoniaque sur la température, le pouls et la respiration, ou sur le cycle thermique, sphygmique et pnéométrique de la pneumonie aiguë.

Antonio Simôes Carneiro, âgé de cinquante trois ans, ma-

rié, porteur d’eau, tempérament lymphatique, constitution moyenne, stature régulière, est entré à l’infirmerie de S. Sébastien, hôpital S. José, affecté de pleuro-pneumonie aiguë, au 2. 6 degré, côté gauche. Cette maladie datait de six jours.

11 a été vacciné ; il avait eu la variole et la rougeole dans son enfance.

Quand nous l’avons observé, le lendemain de son arrivée, voici ce que nous avons noté :

Crachats visqueux, rouillés, respiration anxieuse, abattement général, toux, point de côté sous-axillaire gauche. Dilation faible du côté gauche, vibration thoracique différant peu des deux côtés. Langue saburrale, crépitation, seulement durant l’inspiration, à la partie supérieure (*/ 3) de la face postérieure et latérale du côté gauche du thorax; aux deux tiers inférieurs, léger souffle; son mat à la partie inférieure (3/i) ; antérieurement, respiration exagérée, son clair. Au côté droit du thorax, respiration supplémentaire. Tels étaient les principaux symptômes.

Deux jours après, le point de côté n’existait plus, la respiration était claire.

Les symptômes ayant progressivement disparu, au quatrième jour les crachats étaient déjà blancs, spumeux, la respiration se faisant clairement entendre, la langue était bonne, la toux avait cessé, il y avait encore une légère respiration bronchique à la partie inférieure (V3) du poumon gauche. Nous n’avons pas noté d’une manière détaillée les modifications éprouvées. par chacun des symptômes de la pleuro-pneumonie, parce que tel n’est pas le but que nous nous efforçons d'atteindre; nous voulons seulement démontrer le résultat du traitement et le cours de la température, de la circulation et de la respiration.

Voici les observations thermo-sphygmo-pnéomélriques que nous avons recueillies et le traitement que nous avons appliqué jusqu’à la disparition de la fièvre, comme nous allons l’indiquer dans le tableau suivant :

eS

du malin

du soir

rt

rt

Cm

Pouls

Oh

Ph

Oh

li.°

Traitement

(7.e) Carbonate d'ammoniaque 3 gram.

en 600 d’infusion de guimauve, en 6 doses, données chacune d’heure en heure (8.e) Idem (9.e) Idem (10 e) Rien (ll.e) Rien (12.e) Rien

Le malade est sorti entièrement guéri, après deux jours de convalescence.

Henrique da Silva, âgé de vingt deux ans, célibataire, travailleur aux champs, tempérament mixte, constitution moyenne, a été admis à l’infirmerie de S. Sébastien, hôpital S. José, affecté de pleuro-pneumonie aiguë du côté droit au 2. 6 degré. Vacciné dans son enfance, il a été atteint de rougeole à son âge viril, il n’a pas eu la variole. Lors de son entrée à l’hôpital il était malade depuis trois jours. Soumis au traitement par le carbonate d’ammoniaque, nous avons observé les résultats thermo-sphygmo-pnéométriques suivants :

De 9 à 10 heures du matin

De 4 à 5 heures du soir

CO

Température

Respiration

Respiration 1

Traitement

(6.°) Carbogiate

d’ammoniaque 3 gram. avec 600 d'hydro-infusion de graines de lin; 100 gram. d’heure en heure (7.°) Idem

(8.°; Idem

(9.c) Idem

(10.°) Rien

(11.6) idem

Guérison. Il sort après deux jours de convalescence.

Dans cette notation on voit comment la température fébrile a décliné graduellement, de sorte qu’au quatrième jour de traitement elle a atteint la moyenne physiologique. Le pouls a marché de pair avec la défervescence thermique, la respiration n'a pas suivi la même régularité, ce qui s’observe quelquefois.

XIY

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