‹ Précis de thermométrie clinique généraleChapitre 19 sur 33 · j Cuisse malade · texte numérisé non relu

j Cuisse malade

( Cuisse saine . . .

A 10 heures du matin

es

>A i heures du soir

et

Al

L'érysipèle continua à décliner rapidement et on put le considérer comme éteint le 8 mai, jour auquel la température prise au matin descendit de QP,^ au dessous de celle de la cuisse saine, et de 2^,6 au dessous de celle qui avait été constatée le premier jour de l'observation. Le traitement avait consisté en bains avec l'infusion de fleurs de sureau et en application d'amidon.

Lorsque l'érysipèle est intense et accompagné de fièvre, la température de la partie affectée s'élève plus ou moins, quelquefois dans une forte proportion, montant de 2^,5 au dessus de celle de la partie saine correspondante et dépassant la limite normale de la chaleur générale du corps ou de la chaleur de l'aisselle, mais atteignant ou dépassant très rarement la température générale pathologique qui, chez

rhomme malade, est supérieure à la calorification normale. Pour preuve nous pouvons citer une observation prise dans nos registres thermo-sphygmo-pneométriques. Il s'agit d'ua érysipèle phlegmoneux situé à la jambe droite d'un sujet de vingt six ans, de tempérament sanguin, de constitution forte, de stature régulière, ouvrier cultivateur, lequel fut admis dans notre service de l'hôpital, salle S. Sebastien, lit n.^ 18, le 21 mai 1869. Il avait eu, dans son enfance, la variole et la rougeole et il n'avait pas été vacciné. L'érysipèle était à son septième jour. Voici les observations que nous recueillimes, journaliërement, vers les dix heures du matin, pendant le cours de cette maladie.

Points d'application du thermomètre

Jonrs du mois

►-a es

Aisselle

Jambe droite (Malade)

Jambe gauche (saine)

Mai 21

Dans rintérleor du

Juin 1

foyer 39%3 ^^ Hors du foyer

Dans r intérieur du

foyer 39%5 Hors du foyer

OBSEEVATIONS

* Le réservoir du thermomètre était couvert avec du coton. • Idem. ■ Non couvert de coton. * Thermomètre couvert avec du coton. ' Idem. ' Idem. ^ Idem. • Idem. ' Idem. Abcès à la Jambe. *• Idem. Ouverture de l'abcès. '* Dès qu'il eut été introduit de 2 centim., le thermomètre marqua 39^,0 et vingt minutes après 89" ,3. • ' Thermomètre couvert avec du coton. ' ' Idem. * * A partir de ce jour le thermomètre fut couvert (le réservoir à mercure) avec du coton. * * L'érysipèle a beaucoup décliné, le foyer est en voie de cicatrisation. * ' L'érysipèle est sur le point àù disparaître. > ' L'érysipèle est éteint, et le foyer cicatrisé.

On voit dans cette observation :

!**• Qu'une fois seulement (au 8*°*® jour de la maladie, et au 2*""* de l'observation) la température de la partie enflammée (le réservoir du thermomètre étant couvert de coton pour éviter l'irradiation) fut supérieure de 0*^,5 à celle de î'aisselle, et dépassa de 2^ celle de la partie saine correspondante (jambe gauche).

2°. Qu'une fois la température de la partie enflammée fut égale à celle de l'aisselle (au 13*°"® jour de la maladie, et 7ème ç\q l'observation), et dépassa de 2^5 la chaleur de la partie saine correspondante.

3®. Que le thermomètre introduit sous la peau, dans l'intérieur même de la partie enflammée, indiqua une température supérieure de 0^,3 à celle de l'aisselle, et aussi à celle de la peau entourant le foyer (de 2^3 un jour, «et de 1^,5 un autre jour), température dépassant beaucoup (de 2^,8 un jour, et dfe 4^,1 un autre jour) celle de la peau à Tétat sain du membre correspondant.

4®. Que le maximum de température de la partie enflammée (peau et tissu cellulaire sous-cutané) fut de 39^,5 et celle de l'aisselle de 40®, et que le minimum fut de 36^5 tant qu'il y a eu réaction générale ou fièvre (celle de l'aisselle étant de 39^,2) avec des oscillations entre ces deux termes extrêmes.

5®. Les oscillations de la température périphérique dans la partie enflammée suivirent, en général, celles de la température de l'aisselle, mais. qu'il y eut cependant plusieurs exceptions qui empêchent d'établir un parallèle entre la chaleur topique et la chaleur générale.

6*^. Que, même après l'extinction de la fièvre, la température locale dépassa un peu de 0°,S (au vingt neuvième jour de la maladie, et lorsque l'érysipèle était dans un état de résolution avancée) la chaleur de la môme région, lorsqu'il y avait encore fièvre (39^2 à l'aisselle au 26*°^® jour de la maladie).

Nous pourrions citer un grand nombre d'observations que

— lOi —

nous avons recueillies, mais nous nous réservons de traiter plus largement de la température locale à propos de la fièvre traumatique et dans la thermométrie clinique spéciale, quand nous nous occuperons des maladies chirurgicales sous le rapport de l'observation thermométrique. Nous passerons alors en revue diverses affections qui sont du domaine de la chirurgie.

Pour la température partielle ou locale on peut noter des périodes analogues à celles de la température générale, d'augment, d'état et de terminaison ; mais il nous a paru que ces périodes sont moins distinctement limitées, et que surtout la période d'état ou d'apogée est susceptible de grandes variations.

La température locale n'atteint pas les grandes élévations auxquelles monte la température générale, mesurée à Taisselle, dans les fièvres et dans les inflammations des organes internes. Sur les régions périphériques enflammées rarement le thermomètre monte à 39^, et nous ne l'avons jamais vu dépasser W,3, même quand l'instrument était introduit sous la peau, et bien que la sensation éprouvée par le malade et celle perçue par la main de l'observateur parussent indiquer une température beaucoup plus élevée, ce qui est dû à la forte irradiation du calorique.

La température locale peut éprouver une modification inverse de celle que nous venons de considérer, c'est-à-dire devenir inférieure à la normale. Dans la gangrène la chaleur baisse considérablement, et le thermomètre peut descendre jusqu'au niveau de la température ambiante lorsqu'il est appliqué sur des parties complètement sphacélées. On ne peut accepter comme vraie l'assertion émise par le célèbre chirurgien français Dupuytren, parce qu'elle est en opposition avec les lois de la physique, savoir : que la température des parties gangrenées serait inférieure à celle du milieu ambiant ^

• Leçons orales de clinique chirurgicale, l. iv. — Paris, 1834.

Dans Finvasion de la gangrène humide le thermomètre peut marquer une température normale ou même supérieure à la normale; cela arrive quand la gangrène est précédée d'inflammation locale, et c'est pour cela que cette variété a été appelée gangrène irritative. Mais dans ce cas l'élévation de température a sa raison d'être dans l'irritation, et non dans la mortification des tissus.

Dans les parties qui sont paralysées quelques observateurs ont trouvé une température égale à celle des parties saines, et beaucoup d'autres ont constaté une diminution. Le problème n'est ni si simple ni si aisé à résoudre qu'il semble le paraître à première vue, et, pour cette raison nous réserverons cette question pour la thermométrie spéciale, dans laquelle nous exposerons, en présence des faits, l'état actuel des connaissances sur cet point. Cependant nous pouvons dès à présent dire que dans les paralysies, soit complètes, soit incomplètes, soit du mouvement et du sentiment ensemble^ soit de l'un de ces deux actes seulement, nous avons trouvé la température locale tantôt égale, tantôt plus élevée, tantôt plus basse que celle de la partie correspondante de l'autre côté du corps, mais constamment inférieure à la chaleur générale ou chaleur prise à l'aisselle. Nous avons recueilli de nombreuses observations sur ce sujet, et nous les exposerons dans notre thermométrie spéciale.

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