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TROISIEME PERIODE DE LA TEMPERATURE OU DE TERMINAISON

Cette troisième période peut se présenter sous trois modes différents: ou la température décline et revient au niveau physiologique ^ ce qui a lieu dans tous les cas qui se

^ Dans quelques cas la température dans son abaissement va au dessous de la moyenne normale (37'*,27), tout en se maintenant encore dans les limites physiologiques.

terminent par la guérison. et souvent même dans ceux qui se terminent par la mort; ou elle persiste à ce maximum, à peu près, du fastigium, ce qui a lieu dans les cas mortels; ou elle s'élève encore au moment de la mort.

En considérant cette marche de la chaleur on ne peut pas dire que la température pathologique se termine toujours par abaissement ou diminution, et par conséquent les* noms de déclin ou de défervescence donnés d'une manière générale à cette troisième période seraient impropres. C'est pour cette raison que nous préférons la désigner par le nom de période de terminaison. Les mêmes raisons nous font aussi apprécier l'opportunité de considérer séparément cette troisième période pour les cas de guérison et pour les cas à terminaison funeste.

A. Dans les cas de guérison.

Les observateurs allemands, tels que le docteur Wunderlich et d'autres, ont donné au retour de la température pathologique vers le niveau physiologique le nom de defervescenz, d'où les médecins français ont fait dériver leur mot défervescence. Nous exprimerons la même idée par le mot portugais desfervencia *, qui nous paraît être de bon aloi. Nous aurions pu proposer un mot d'origine grecque, dysthermasia'^, qui a la même signification, si nous n'avions pas jugé superflu d'augmenter sans nécessité le vocabulaire médical.

La défervescence peut s'effectuer de deux manières, d'où résultent deux types:

1^. Défervescence rapide. Lors qu'elle suit ce mode la température décroît rapidement et dans l'espace de quelques heures (fièvre intermittente) à deux jours (pneumonie aiguë) la température normale commence à reparaître; c'est Tapyréxie. La défervescence rapide commence à se manifester soit

* De des ou rfîs, préfixe disjonctif, et fervencia. ^ Formé de dys et thermasia effervescence.

par une grande diminution de Texacerbation du soir relativement à celle du jour précédent et à celle du même jour, soit par une augmentation considérable de la rémission matinale, avec une grande chute de la chaleur (1^5 à 4° et plus), se produisant de cette façon dans un court espace de temps. Cette forme de la défervescence correspond à ce que les anciens appelaient crise *. Quelquefois la défervescence est précédée d'une élévation temporaire de température; c'est la perturbatiù tritica. On observe la défervescence rapide dans un grand nombre de maladies telles que la rougeole, la varioloïde, l'érysipèle, le typhus exanthématique, etc.; elle est, au contraire, rare dans les fièvres catarrhales. La défervescence est quelquefois si rapide qu'elle passe inaperçue pour le clinicien; dans les cas 'de terminaison fatale elle manque le plus souvent.

2®. Défervescence lente. Quand elle a lieu la température décline lentement, et il lui faut plusieurs jours, de quatre à dix, pour que la chaleur revienne à la moyenne normale, qu'elle dépasse quelquefois. C'est la défervescence lente qui constitue ce que les anciens appelaient lysis'^. Elle s'observe dans la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, la péricardile, etc.

Ce type présente deux variétés fondées sur l'extension de l'amplitude des oscillations; ou l'amplitude est restreinte et la température va en diminuant graduellement; ou l'amplitude est étendue et il se produit de grandes rémissions et de grandes exacerbations. Dans le premier cas la défervescence est dite régulière, égaler dans le second elle est dite rémittente.

La défervescence est appelée complète lorsque réapparaît la température normale, et incomplète lorsqu'il y a seulement grande diminution de la température pathologique, qui n'en

^ Lai. crisis, du grec krisis^ jugement.

^ Lysis, solution» de luâ, résoudre.

demeure pas moln^ pendant longtemps encore au dessus du degré normal (de 0^5 à 1°). On a donné le nom de défervescence provisoire à celle qui apparaît à la fin de la première période de certaines maladies dans lesquelles il y a plus tard retour de la fièvre, comme cela s'observe dans la variole; et il y a défervescence intermittente quand la température de la matinée est égale à la normale, tandis que celle du soir est plus élevée. La qualification de rémittente a été appliquée aussi à la défervescence lorsque la température de la matinée n'est que très voisine de la normale.

B. Dans les cas de mort.

Lorsque la terminaison de la maladie est fatale, la troisième période de la température pathologique a reçu la dénomination de période agonique ou d'agonie*.

La période agonique peut se produire de trois manières générales desquelles résultent trois types:

1°. Défervescence agonique. La température va en diminuant successivement jusqu'au jour où doit avoir lieu le décès, et au moment de la mort la température baisse encore plus ou s'élève plus ou moins (de quelques dixièmes de degré jusqu'à un degré et demi). On a donné à cette forme le nom de type descendant y nous l'appelerons défervescence agonique ou période agonique descendante. On l'observe à la fin des affections de longue durée et des maladies consomptives (fièvre typhoïde, fièvres éruptives compliquées, etc.).

2°. Augment agonique ou période agonique ascendante. — Sous ce type la chaleur loin de décliner va en augmentant d'une nianière continue jusqu'au moment du décès où elle atteint son maximum. C'est le type ascendant \ on pourrait aussi l'appeler augment agonique.

Dans cette forme la température ne monte pas constammeul d une manière progressive ; elle présente parfois dans son cours quelques rémissions, lesquelles, en raison de leur

* Dérivé de dgôn^ combat, luUe.

petitesse, n'infirment pas le caractère fondamental de Tascension thermique Mais il en existe deux variétés importantes à connaître ; Tune consiste en ce que la chaleur offre dans son cours ascendant une grande rémission ou abaissement, c'est un phénomène accidentel qui a sa raison d'être dans quelque incident, épiphénomène ou complications telles qu'une hémorrhagie copieuse, une perforation intestinale, etc. Dans ce cas ou le malade succombe pendant cet abaissement de la chaleur, ce qui a lieu quand la mort suit immédiatement l'accident, ou la température recommence à s'élever jusqu'à son maocimum ou à un point qui en est voisin, et c'est à ce moment que le sujet expire. Le docteur Jaccoud a donné à cette variété le nom de type ascendant brisé.

L'autre variété consiste en ce que l'élévation de la température est précédée, pendant 36 ou 48 heures, d'une descente notable (de 1° à 1^,5) ; cet abaissement pourrait en imposer pour un signe favorable et faire croire à la résolution de la maladie, mais ordinairement Tétat général du sujet, l'augmentation successive de la fréquence du pouls et de la respiration, ainsi que les autres symptômes, éclairent au sujet de cette illusion, et le pronostic fatal est confirmé plus tard par l'ascension thermométrique. Le docteur Jaccoud désigne cette variété par la dénomination de type ascendant avec ré" mission initiale.

Dans ces deux variétés le trait saillant est la rémission notable qui peut se manifester dans le cours de la troisième période, ou à son commencement ; pour cette raison nous les désignerons collectivement par le nom de augment rémittent.

S*'. Augment agonique irrégulier. — Sous cette forme la température éprouve dans sa marche un grand nombre- de rémissions et exacerbations, et l'amplitude des oscillations va en augmentant pendant les deux ou trois jours qui précèdent la mort; c'est le type irrégulier; on pourrait le qualifier d' augment agonique irrégulier. Selon le docteur Jac-

coud ce type se produit principalement chez les sujets qui ont été soumis à une thérapeutique violente.

Nous admettons donc pour la troisième période, dans les cas terminés par la mort, deux types fondamentaux, — défervescence agonique et augment agonique^ et dans ce deuxième type trois variétés, égal ou régulier, rémittent et irrégulier.

On pourrait qualifier cette troisième période d'une autre manière, à savoir : période agonique serait le nom général ou le nom du genre, lequel se composerait de deux espèces — période agonique descendante (défervescence agonique) et période agonique ascendante (augment agonique) ; cette seconde espèce présenterait trois variétés, — période agonique ascendante, égale ou régulière, période agonique ascendante rémittente, et période agonique ascendante irrégulière.

Nous résumons dans le tableau suivant les périodes de la température pathologique avec leurs variétés.

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