‹ Précis de thermométrie clinique généraleChapitre 31 sur 33 · DE LA FIÈVRE · texte numérisé non relu

DE LA FIÈVRE

Les oscillations de la chaleur pathologique sont souvent accompagnées de perturbations nerveuses; dans beaucoup de cas on remarque un certain parallélisme entre les deux ordres d'altérations, dans d'autres le constraste qui existe entr'eux est évident.

Dans la fièvre il est de règle qu'il se manifeste un abattement général, des malaises, des douleurs vagues, une excitabilité cérébrale avec insomnie ou du moins sommeil entrecoupé, exagération do l'impressionabilité des sens et enfin sensation subjective de froid. Lorsque la fièvre est modérée, les accidents nerveux chez les adultes se limitent à ceux que nous venons d'énumérer; chez les enfants ils peuvent non seulement acquérir une plus grande intensité, mais de nouveaux phénomènes peuvent aussi survenir en raison de ce que le cerveau prend une part plus active dans le drame morbide.

Lorsque la fièvre est intense ce sont des symptômes plus graves qui se produisent, tels que délire, convulsions, soubresauts des tendons et frissons véritables. Ces perturbations

de rinnervatioD se produisent particulièrement chez les enfants et chez les sujets excessivement impressionables.

Lorsqu'on remarque un contraste entre l'étendue et l'intensité des accidents nerveux et l'élévation de la température, on doit apporter un soin particulier à rechercher les causes de ces accidents, parceque souvent alors ils peuvent dépendre d'une affection cérébrale.

Parmi les phénomènes que nous avons mentionnés, l'un d'eux, le frisson, a surtout attiré, dans ces derniers temps, l'attention des observateurs.

En quoi consiste le frisson ? à quelle période du cycle thermique se manifeste et se dévoloppe-t-il? quelle relation de priorité y a-t-il entre le frisson et l'élévation àe la température, entre le degré de cette dernière et l'intensité du premier? quelle est la cause du frisson? Telles sont les diverses questions dont nous allons nous occuper.

Le frisson consiste dans la convulsion subite des muscles de la vie végétative (fibres lisses) et en particulier des fibres vasculaires, et aussi dans la convulsion de même nature d'une partie ou de la totalité des muscles de la vie animale (fibres striées). Une observation attentive montre que les phénomènes capitaux du frisson sont au nombre de trois: resserrement des vaisseaux périphériques, saillie des bulbes pileux (chair de poule) et spasmes du système musculaire. Ces phénomènes varient en intensité et en extension, selon la violence du frisson, ou, pour mieux dire, ils donnent la mesure de son intensité. Or ces phénomènes qui caractérisent le frisson, expriment tous une excitation anormale du système nerveux.

Les frissons commencent au début des accès fébriles, c'est un fait sur lequel tous les observateurs sont d'accord. Mais le frisson est-il le phénomeme initial de la scène morbide? est-il la première altération qui se produit dans une maladie fébrile, dans un accès de fièvre intermittente; par exemple?

La réponse affirmative fut longtemps celle qui fut jugée

hors de donte et aa dessas de toute contestation. Mais le thermomètre est vena démontrer combien cette supposition était erronée, car il a fait reconnaître que dès avant le frisson il existait déjà de Télévation dans la température, que cette température continuait de monter encore pendant le frisson lui même, et qu elle atteignait son maximum vers la fin de cette période, ou dans le stade de chaleur. Avant Tapparition du frisson, quelquefois à la distance de quelques minutes seulement, d^autres fois à la distance d'une ou de plusieurs heures, la chaleur commence à s'élever, lentement d'abord, de quelques dixièmes de degré, plus rapidement ensuite, et, quand elle est parvenue à un certain degré fébrile, alors se développe le frisson. Nous avons actuellement dans notre service d'hôpital un malade^ atteint de fièvre intermittente quotidienne simple, sur lequel le thermomètre a marqué, une demi-heure avant le froid, 38**,7.

D'après le docteur Jaccoud c'est entre 39® et 40® que le frisson se manifeste *. Notre observation personnelle ne confirme pas entièrement cette proposition, parceque nous avons noté Tapparition du frisson même avant que la température fût arrivée à 38®, comme aussi au dessus de ce degré.

Le docteur Sydney Ringer rapporte quelques observations qui montrent le cours que suit la température pendant les fièvres intermittentes. Nous reproduisons deux de ces observations, la première qui traite d'une fièvre intermittente tierce et la seconde d'une fièvre intermittente quotidienne '.

FIÈVRE TIERCE Heures Température

7V4 à IOV4 38® ,0

* Jaccoud, Leçons de clinique médicale. — Paris, 1867.

* Sydney Ringer, Med, chir. Transactions^ 1859; Jaccoud, Leçwu de clinique médicale, 1867.

— iG4-

Henres Température

li 40",0 (frisson)

1 40»,S (chaleur)

4 38»,4 (sueur)

FIÈVKE QUOTIDIENNE Bearet Température

5Vî 36^9

8Va 3»«,3 (frisson)

SVi 39^6 (chaleur)

lOVî 39^8 »

11 à 12 39^0 (sueur)

On voit par ces deux observations : 1^, que la température a commencé à s'élever dès avant le frisson (quelques heures) ; 2°, que dans un cas le frisson s'est manifesté quand la température était de 39^,3 et dans un autre de 40^^,0; 3'', que le maximum de température se produit, dans ce cas, au milieu du stade de frisson, et, dans l'autre, pendant le stade de chaleur.

Nous allons. extraire de nos registres thermo-sphygmopnéométriques les quatre observations suivantes, qui sont les plus complètes parmi celles que nous connaissons ; nous les donnons ici pour montrer la marche de la température générale pendant les accès réguliers des fièvres périodiques, et pour faire connaître la température topique dans les divers stades de l'accès.

Od

/if" *^

CO

s» < ® ec

^ au

2 co

es "^

CO

•^ et

(ïl

ao çp 00

i^CO e e

ce

ce ce 1

OC

eol'*

aa

ce ce

malin soirée

HZ

, et es

ce

- Hl

ce

99i(Iaxoo

Oî

ce

Oi

B^adv ejn^vj^dcuex

ce

Oi

oc

ce

ce

91050 CO

çooooo^ ce ce ce ce

os ce

ce

ce

) Od

ce

ce

OC

ce

ce

•es

oooo

Page 1