CHAPITRE V
LES DIFFÉRENTES SORTES DE CAPITAUX. — LES CAPITAUX FIXES ET LES CAPITAUX CIRCULANTS.
Les capitaux fixes et les capitaux circulants. — On a vu que les capitaux se présentent primitivement sous deux formes : les approvisionnements et les outils. Au fur et à mesure que la civilisation s’est développée, ces deux grandes divisions du capital ont donné lieu a beaucoup de subdivisions.
A ces deux mots « approvisionnements et outils » on a, d ordinaire, substitué ceux de «capitaux circulants et de capitaux fixes».
Les capitaux circulants, dénommés aussi capitaux fongibles, sont ceux qui ne peuvent servir qu’une fois dans la production ; les approvisionnements sous leurs diverses formes, notamment sous celles de matières premières, sont dans ce cas. Une fois achevé le produit auquel ces capitaux circulants ont servi, il ne reste rien d eux, ils ont passé entièrement dans le produit, ils se sont transformés en lui : ainsi la laine, l’huile, le charbon qui a servi à chauffer la machine, tout cela a
disparu dans la pièce de drap qui est le résultat de la production.
Il faut que la valeur des capitaux circulants soit reconstituée tout entière avec une plus-value dans chaque
produit : c’est-à-dire que le prix delà pièce de drap reproduira le prix de toute la laine, de toute l’huile, de tout le charbon qui ont été employés à la faire, et en outre une plus-value, qui représente le salaire de l’ouvrier ainsi que la rémunération du capital et de l’entrepreneur.
En plus des capitaux circulants qui sont d’une manière générale tous les approvisionnements, il y a les capitaux fixes, qui ne se transforment pas et ne disparaissent pas à chaque production, mais qui ont une utilité plus durable : ce sont en général les outils, le matériel d’une usine ou d’une exploitation agricole ; ce sont aussi les maisons ou ateliers, genres spéciaux d’outils qui protègent l’homme contre les intempéries, lui permettent de travailler en tout temps; ce sont encore les grandes œuvres comme les canaux, les chemins de fer : toutes les améliorations durables faites par l’homme rentrent dans cette catégorie.
Les capitaux fixes ne se transforment pas dans le produit ; il suffit de prélever sur le prix annuel des produits d’une usine ou d’une exploitation agricole ce qui est nécessaire pour entretenir les capitaux fixes en bon état et pour les remplacer quand, malgré tous les soins, ils seront devenus hors d’usage : la somme annuelle que l’on prélève sur les bénéfices de la production en vue de ce remplacement, qui finit par être nécessaire pour toute œuvre humaine, s’appelle l’amortissement.
Formes principales que revêt le capital dans . les sociétés modernes. — Rien n’étant plus varié et plus divers que les améliorations données par l’homme civilisé aux choses dont il se sert, le capital revêt, dans une société très avancée, des formes multiples. On peut citer, comme principales incarnations du capital, les suivantes :