‹ Précis de̓́conomie politique [microform]Chapitre 31 sur 77 · L’INTÉRÊT · texte numérisé non relu

L’INTÉRÊT

Nature du prêt à intérêt. — L’intérêt dérive nécessairement de la nature du capital. — Circonstances qui influent sur le taux de l’intérêt. — Tendance générale de la civilisation en ce qui concerne la taux de l’intérêt.

Nature du prêt à intérêt. — On a vu dans la première partie de ce livre les services essentiels que le capital rend à la production. Il est juste qu’on l’en récompense; la rémunération qu’on lui accorde reçoit le nom d’intérêt. On dit que le taux de l’intérêt est de 4, de 5 ou de 6 p. 100, suivant que, d’après les habitudes en usage dans un temps déterminé ou dans un pays déterminé, l’emprunteur d’un capital paye au capitaliste prêteur 4 francs, 5 francs ou 6 francs par chaque 100 francs empruntés, pour l’usage de cette somme pendant une année et en plus de la restitution de la somme ellemême. Les 100 francs dus et qu’il faudra restituer à l’échéance constituent le capital; les 4, 5 ou 6 francs que 1 on doit payer en outre pour chaque année de la durée du prêt se nomment intérêt.

La légitimité du prêt à intérêt a été contestée par quelques philosophes, quelques 'docteurs religieux et certains socialistes. La raison des doutes que quelques •ésprits élevèrent autrefois contre la légitimité de l’intérêt

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(lu capital tient à cg (jue 1 on confond le capital avec l’argent, qui n’en est que la représentation et qui sert seulement à transférer la disposition du capital d’une personne à une autre. Cent francs en pièces d’argent ou d or, au bout d’une année, restent exactement ce qu ils étaient auparavant et ne font pas de petits. « L interet, dit-on, est de la monnaie qui engendre de la monnaie : cela est contre nature. »

Cette erreur est manifeste, et on ne saurait trop la combattre. Le capital ne doit pas être confondu avec l’argent. Quand un homme emprunte à un autre 1 ,0ÛÜ francs ou 10,000 francs, le prêt se fait bien par la livraison d’une somme d’argent ou d’une somme de billets de banque ou d’un chèque, c’est-à-dire d’un mandat sur un établissement de crédit; mais il ne faut pas s arrêter à ces apparences i ce que l’emprunteur se piocure en réalité, c est le pouvoir appartenant au prêteur, par suite de ses épargnes ou de son travail antérieur, de puiser dans 1 actif social, jusqu’à concurrence d’une valeur déterminée, des objets de toute nature suivant ses besoins. Avec les 1,000, 10,000 ou 100,000 francs empruntés, l’emprunteur peut se procurer à sa guise, soit du blé, soit une maison, soit un champ, soit des charrues, soit du bétail, des instruments de travail de toute sorte.

Ce sont les instruments de travail et les approvisionnements qui constituent à proprement parler le capital Lorsque, dans les anciens temps, la religion chrétienne’ laute de distinguer le capital de l’argent, se montrait peu lavorable à 1 intérêt des capitaux, il se trouva, parmi les deux branches différentes de l’Église chrétienne, deux explications et deux justifications du prêt à intérêt. C’est Calvin, dune part, et les jésuites qui ont le mérite d’avoir 1 éhabilité 1 intérêt du capital, d’avoir ])rouvé que c’est un

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