‹ Précis de̓́conomie politique [microform]Chapitre 39 sur 77 · L.-B. — ÉcoN. PoL · texte numérisé non relu

L.-B. — ÉcoN. PoL

duits. Chacun cherche à écouler les siens, et, pour ne , les pas garder en magasin, ce qui serait ou une perte de * temps et d’intérêt, ou même une détérioration de l’objet, chacun d’eux est disposé à abaisser ses exigences jusqu’au point de la valeur qui représente l’ensemble des frais de production et de fabrication. Parfois, quand la production a été plus abondante que la demande, la valeur s’abaisse même au-dessous des frais de production; mais cela ne peut guère durer longtemps, parce qu’alors une partie des producteurs se décourage et cesse de produire, ce qui réduit 1 olTre et, la demande étant restée la même, fait relever la valeur. D autre part, la valeur ne peut se tenir très longtemps fort audessus des frais de production, parce que, dans ce cas, les producteurs, stimulés par ce bénéfice exceptionnel, augmenteraient leur production ou, s’ils ne le faisaient pas, de nouveaux producteurs accourraient pour le

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Les exceptions à la concurrence : les monopoles.

q'els sont les bienfaisants effets de la concurrence;

c’est elle qui tend à proportionner, par des oscillations fréquentes, la rémunération obtenue pour chaque produit à la somme d’efiorts qui a été nécessaire pour le produire. Il est des objets pour lesquels la concurrence n’existe pas ; ce sont ceux que la nature ou la loi a constitués en monopoles : ce mot de « monopole » veut dire qu’il n’y a qu’un seul vendeur. Tantôt c est la loi qui crée ce monopole, comme, par exemple, en France, pour le tabac ou pour les allumettes; tantôt c est la nature, comme pour certains grands vins, le cbâteau-laffitte, le cbâteau-yquem, etc. Tantôt le monopole est permanent, comme pour le dernier exemple cité; tantôt il est occasionnel, dépendant d’une circonstance, comme, par exemple, quand un flot d’excursionnistes se présente à

l’improviste dans une localité où il n’y a qu’une voiture ou qu’un bateau pour les transporter.

Dans le cas de monopole, le monopoleur est le maître du marché, dans une certaine mesure du moins; il peut porter la valeur de l’objet qu’il détient jusqu’au taux le plus élevé qui correspond à l’intensité du désir chez le demandeur, et sans aucune relation avec les frais de production ou de fabrication. Mais ces cas de monopole, quand le législateur ne commet pas la faute d’en créer lui-même en interdisant ou limitant la concurrence, sont tout à fait exceptionnels. Quand le législateur en crée, il établit en général des tarifs pour limiter la puissance du monopoleur.

Effets de la concurrence. — La concurrence est donc la grande loi qui agit sur l’ensemble des valeurs. Pour les objets dont la production peut être influencée par les découvertes scientifiques et les progrès techniques, la concurrence tend à un abaissement graduel des valeurs; c’est ce qui est arrivé pour les vêtements, pour la plupart des ustensiles de ménage, d’une façon générale pour les objets manufacturés. Il n’y a guère d’exception que pour les articles dont la demande, soit par suite de l’accroissement de la population, soit par l’augmentation de l’aisance, s’étend plus rapidement que l’offre ; certains produits agricoles sont dans ce cas, ou surtout y étaient, avant la concurrence des contrées neuves qui est venue jeter sur les marchés du vieux monde de nouveaux approvisionnements de blé, de viande et de beurre.

L’abaissement des valeurs, quand il est dû à la diminution des frais de production et qu’il ne provient pas uniquement de la langueur du commerce et de la restriction forcée de la demande', n’est pas un malheur pour l’humanité; c’est, au contraire, un bonheur; l’un

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des éléments de la valeur étant la difficulté d’acquisition, plus cette difficulté d’acquisition diminue pour l’ensemble des hommes, plus le genre humain a de moyens de jouissance à sa disposition.

Mais pour que l’abaissement des valeurs soit ainsi un bienfait, il faut qu’il vienne de la diminution des frais de production normaux, et non pas d’un état de crise qui enlèverait aux consommateurs les désirs et les moyens d’acquérir, et qui découragerait les producteurs au point qu’ils consentiraient à se défaire de leurs marchandises à perte.

Le prix. — Nous avons parlé ici de la valeur et de l’échange, sans mentionner le prix. Nous avons considéré l’échange sous sa forme élémentaire et primitive, qui a reçu le nom de troc. Le troc, c’est l’échange direct de l’objet que l’on a en trop contre l’objet dont on a besoin, du blé contre du sel ou du sucre par exemple, ou contre des souliers, ou contre des vêtements.

Mais cette forme simple et élémentaire de l’échange est celle des sociétés primitives ; elle ne se rencontre qu’à l’état d’exception dans les sociétés perfectionnées. Dans celles-ci il intervient un intermédiaire des échanges, c’est la monnaie; et la valeur, qui s’estime en monnaie, prend alors un nom particulier, qui est le prix.

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