‹ Précis de̓́conomie politique [microform]Chapitre 45 sur 77 · V ^-AA · texte numérisé non relu

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ment responsables, sur tout leur avoir, des pertes que la société peut faire. Ainsi conçues, ces sociétés rendent des services aux bons ouvriers et surtout aux artisans et aux petits commerçants pour l’achat de matières premières, pour le fonds de roulement de leur magasin, etc. Mais ce crédit populaire ne sert ni aux gens imprévoyants, ni aux paresseux, ni à ceux qui ont peu de sens pratique et se laissent séduire par des projets chimériques (1).

11 ne faut jamais oublier que le crédit ne crée aucun capital ; il suppose qu’il existe des capitaux, accumulés par l’épargne, dans des mains qui sont disposées à s’en dessaisir, si on sait leur inspirer confiance. L’épargne est donc la base même du crédit, et ce dernier ne peut avoir plus d’extension que celle-là. Le crédit, comportant toujours le risque de la perte du capital prêté, ne doit être octroyé que pour des opérations de production et à des hommes laborieux et capables.

(1) En 1884 les associations populaires allemandes, fondées sur les principes de M. Schulze Delitsch, étaient au nombre de 3,822 se subdivisant ainsi : 1,965 sociétés de crédit, 1,146 sociétés diverses, 678 sociétés de consommation, 33 sociétés de construction. Le nombre des membres était d’environ 1,600,000, ayant fait pour 3 milliards 750 millions de francs d’affaires en chiffres ronds, avec un capital d’exploitation de 1 milliard de francs, dont 375 millions appartenant en propre à ces sociétés et 625 millions empruntés par elles. Le taux moyen de l’intérêt des prêts faits aux sociétaires était de 5,82 p. 100, et le taux moyen payé par les sociétés pour les capitaux qu’elles empruntaient elles-mêmes était de 4,05 p. 100. Sur 100 membres de ces associations populaires allemandes, 30 p. 100 étaient des artisans travaillant pour leur compte personnel, soit seuls et avec leur famille, soit employant des ouvriers ; 25 p. ICO étaient des agriculteurs; 11 p. lOO seulement des ouvriers salariés (travaillant chez un patron); environ 8 p. 100 étaient des commerçants, 8 p. 100 de petits rentiers ou fonctionnaires retraités, près de 7 p. 100 des médecins ou petits fonctionnaires en exercice. Les associations populaires allemandes ne comprennent qu’une part restreinte d’ouvriers salariés ; elles servent surtout aux artisans, petita commerçants, petits propriétaires ou fermiers.

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