‹ Précis de̓́conomie politique [microform]Chapitre 5 sur 77 · LE TRAVAIL ET LE CAPITAL · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL ET LE CAPITAL

Objet de la production : les besoins humains. —

L’homme produit pour satisfaire ses besoins. Ceux-ci ont leur origine dans la nature humaine, ses nécessités, ses appétits, ses goûts, soit primitifs et en quelque sorte innés, soit tels qu’ils se sont développés à travers la civilisation ; soit généraux, communs à toute l’espèce humaine ou à certains groupes notables d’êtres humains, soit particuliers à quelques hommes.

Les besoins de l’humanité ont une certaine base immuable et fixe ; ils sont indéfiniment extensibles et val’iables.

On a voulu les classer en besoins naturels et besoins artificiels ; ou bien encore en besoins d’alimentation, de vêtement, de logement, de parure, d’instruction, de distraction, etc.

Il n’est pas un de ces besoins qui n’ait sa racine dans la nature derhomme; le besoin de parure, par exemple, n’est pas propre aux seuls êtres civilisés ; on le retrouve,

• s’exprimant d’une manière naïve ou grotesque, chez tous les peuples sauvages sans aucune exception.

L’extensibilité, en quelque sorte indéfinie, des besoins de l’homme est le grand phénomène économique, attesté par tout le courant de la civilisation.

Les philosophes et les moralistes se sont souvent élevés contre ce qu’ils appellent les besoins artificiels ou

• factices : dans leurs critiques ils ont parfois raison et

souvent tort.

Ils ont raison quand ils flétrissent la cupidité insatiable, l’âpreté des désirs toujours inassouvis ou renaissants qui tourmentent l’esprit, le rendent toujours inquiet, ne lui laissent aucun repos ou aucun plaisir pur, au milieu de l’aisance ou même des richesses; ils ont raison encore quand ils condamnent les moyens auxquels recourent certaines natures basses ou perverses pour se procurer, aux dépens d’autrui, des satisfactions de toutes sortes; mais ils ont tort quand ils prétendent fixer une limite précise et invariable aux goûts que l’homme peut espérer et désirer satisfaire par des

moyens légitimes.

Sans entrer ici dans des développements sur le luxe, dont nous parlerons dans une autre partie de cet ouvrage, nous devons dire que la multiplicité des besoins n’est pas un signe de la faiblesse ni de 1 infirmité de la nature humaine. Ce serait plutôt, en principe, une preuve de sa grandeur et de sa noblesse.

Les animaux inférieurs ont moins de besoins que les animaux supérieurs. Les sauvages en ont moins que les barbares, et ceux-ci que les peuples civilisés.

La multiplicité des besoins s’opère, dans le déve-

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