LES AVOCATS
Cf. Cic, Pro Roscio comœd., 18. Cicéron détourne le mot coijnilor de son sens technii|ue, lorsque se proclamant le représentant des intérêts des Siciliens opprimés, il s'écrie : me cognitorem juris sui... esse vohierunt. Divin, in Cœc, 4.
3° Le procurator que le demandeur a rais i\ sa place est tenu de promettre à l'adversaire que la partie intéressée ne renouvellera pas lo procès. C'est ce qu'on appelle satisdatio amplius eo nomine :ion peti. Cic, Pro Rose, cnmœ'l., 12. Cette obligation fournit ;"i Cicéron l'occasion d'une plaisanterie juridique dans le Brutus : At vero, inquam, tibi ego, Rnite, non solvam nisi priiis a te cavero amplius eo nomine neminem cujus petitio sit petilunim. Brut., 5. D'autre part, le procurator qui est substitué au défendeur doit promettre au demandeur qu'il exécutera la sentence, judicatum solvi satisdare, satis accipere. Cic, Pro Quinct., 7 et 13.
136. — Les avocats. — Los plaideurs ont le droit de se faire assister devant le magistrat et le juge. Devant le magistrat, ils se font accompagner d'un juriste qui les guide et les conseille dans les paroles à prononcer et les rites à accomplir. Devant le juge, ils empruntent le secours d'un orator, qui , seul ou soutenu par d'autres oratores, développe les moyens à invoquer pour faire triompher la cause. L'orateur est le protecteur de la partie, il est son patron, patronus, elle est son client, cliens. Comme le patronus n'est pas nécessairement versé dans la science du droit, on le voit quelquefois recourir aux lumières d'un jurisconsulte. D'autres personnes sont encore convoquées par le plaideur, et viennent le soutenir de leur nom, de leur influence, de leur notoriété ou de leur nombre : on les appelle advocati. Ce n'est qu'assez tard, à l'époque impériale, que le défenseur lui-même s'appela advocatus ou encore causidicus : et comme Vadvocalus, pas plus que Vorator de l'époque républicaine, n'est nécessairement un juriste, il fait appel à l'office d'un praticien, praymaticus, qui remplit auprès de lui le rôle du jurisconsidte d'autrefois.
Dans un État républicain , la profession d'avocat offrait à ceux qui s'y adonnaient assez d'honneurs et de puissance
pour pouvoir se passer d'autres avantages. 11 ne paraît pas toutefois que les avocats se soient toujours contentés de l'influence politique promise à leur éloquence, ni même qu'ils aient gardé quelque modération dans le prix auquel ils estimaient leur office, puisqu'une loi, lex Cincia de donis et muneribus (an de Rome 5^9) vint leur interdire de recevoir tous dons et présents quelconques. Mais cette loi ne fut pas aussi efficace qu'elle était utile; sous Claude, un sénatusconsulte vint l'abroger. Il était naturel qu'on concédât alors des avantages matériels à ceux qui n'en pouvaient plus attendre d'autres.
1" Peut-on être orator sans être juriste, c'est une des faces de la question discutée au livre I du De Oratore. Antoine soutient que la rhétorique pure suffit et il avoue être peu versé dans la connaissance des lois. Mais Crassus n'a pas de peine à le. réfuter : il rapporte en souriant les mésaventures que cette ignorance du droit causa à certains avocats de son temps. Crassus est, dans ce premier livre, l'interprète et le défenseur d'idées chères à Cicéron. Dégagé de la rliétorique étroite et formelle à laquelle appartient le livre ad Herennium et le De Inventione, Cicéron, en vrai Romain, demande à la science de la persuasion de ne pas se séparer de la notion du juste, à l'orateur de penser et de savoir. Voir De Orut., I, notamment 36 et sqq. Cf. Orat., 34. Top., 17.
2° Patro7ius, dans le sens d'avocat et comme synonyme d'orator, est d'un emploi fréquent chez Cicéron. Judicis est sempe)' in cciusis verum sequi, patroni non numquam verisimile. De Off., Il, 14. Cf. Id. De Orat., I, 36. Le terme ixitronus appliqué à V orator est heureusement choisi. L'une des obligations du patron envers ses clients était de les assister en justice. Ménechme se plaint des charges qu'entraîne le patronage de trop nombreux clients et dit : Juris ubi dkitur dies , simul Patronis dicitur; quippe qui pro illis Loquantiir. Plaut., Menech., IV, 2, 16 et sqq.
3" Le sens premier du mot advocatus est attesté par des témoignages nombreux et anciens : Dum adslo advocatus quoidam cognato meo. Plaut., Casin., III, 3, 5. Tu abi... ego... transcurro ad forum. Volo ego adesse hic advocatos nobis in turba hac. Ter., Eunuch., IV, 6, 25 et 26. P. Quinctius , dans son affaire avec Xœvius, a fait appel à des advocati aux sollicitations desquels le préteur