‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechnique (volume 2)Chapitre 49 sur 65 · PART · texte numérisé non relu

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un excellent abri contre les mauvais temps : on est défendu par des vitraux, et encore par l'avance des toits qui la couvrent. Du milieu de ces portiques vous passez dans une grande cour fort gaie, et dans une belle salle de festin qui s’'avance sur le rivage de la mer, dont les vagues viennent doucement mourir au pied du mur. De toute part, cette pièce est percée de portes, et de fenêtres égales à des portes, de manière qu'en face et de deux côtés il semble que l'on ait vue sur trois mers différentes. A l’opposite, l’œil retrouve la grande cour, la petite environnée de portiques, les portiques de l’atrium, et dans le fond les forêts et les montagnes lointaines. A la gauche de cette salle, et un peu plus en retraite, est une chambre fort grande, suivie d’une pareille, percée de deux côtés, de manière à recevoir les premiers rayons du soleil, et à jouir aussi de ses derniers regards. De celle-ci, on jouit aussi de l'aspect de la mer, de moins près à la vérité, mais d’une manière plus calme. Cette chambre et la salle à manger forment un angle où le soleil se concentre et double sa chaleur.

« C’est l'endroit que mes gens fréquentent l'hiver, et dont ils font leur gymnase. Ce lieu d'exercice ne connaît d’autres vents que ceux qui, par quelques nuages, troublent plus la sérénité du ciel que le calme dont on y jouit. Al’angle, est pratiquée une chambre ronde et voûtée, dônt les fenêtres suivent le cours du soleil. Dans l'épaisseur des murs sont des armoires, en forme de bibliothèque, qui renferment une collection choisie de mes livres les plus usuels. De là vous passez dans des chambres à coucher par un corridor dont le plancher suspendu est formé de dalles. Par ce souterrain, circule et se communique de toute part la chaleur du feu qu'on y entretient, et qui se trouve heureusement tempérée. Le surplus des chambres de cette aile est à l'usage

des affranchis et des esclaves : la plupart sont d’une si grande propreté, qu’on en ferait des chambres d'ami.

« L'autre aile est composée d’une fort belle chambre, et d’une seconde qui peut faire une moyenne salle d'assemblée. Celle-ci recoit la plus grande clarté des rayons du soleil et de la réverbération de la mer. Vient ensuite une antichambre qui donne entrée dans une grande piece tresexhaussée, bien close, abritée, et par la aussi fraiche l'été que chaude en hiver. On passe de là au bain froid : c’est une grande et vaste salle : de chaque côté du mur, et en face l'un de l’autre, sont pratiqués deux grands bassins circulaires où l’on peut nager si l’on veut, sans aller plus loin. Tout auprès, est l’étuve pour se parfumer, et la chambre tiède. Viennent ensuite deux autres salles plus élégantes que riches , ét attenant à elles. Le bain chaud est si avantageusement situé, qu'en se baignant on découvre la mer. Assez près de là, est le jeu de paume, exposé à la plus grande ardeur du soleil couchant. D'un côté, s'élève une tour qui contient deux cabinets au rez-de-chaussée, deux autres semblables dans l'étage supérieur; et au-dessus, une salle d’assemblée, d’où l’on découvre la vaste éténdue de la mer, toute la longueur de la côte, et les charmantes maisons qui l’embellissent de l’autre côté. Une tour semblable contient une chambre percée au levant et au couchant ; dans le haut, une serre très-ample et un grenier, qui occupent le dessus d’une grande salle de festin, où le bruit de la mer agitée se fait entendre à la vérité, mais bien affaibli par l'éloignement.

« Cette salle a vue sur les jardins et sur les allées qui regnent tout autour. Les allées sont bordées de buis et de romarin. Un jeune plant de vigne ombrage la partie comprise entre les allées et le jardin fruitier. Un salon jouit de cet aspect, qui le cède peu en agrément à celui de la mer,

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dont il est éloigné : celüi-ci-est accompagné par derrière de deux pavillons dont les fenêtres donnent sur le vestibule de la maison et sur le jardin potager. De ce côté, s'étend le cryptoportique, ou galerie souterraine, ouvrage qui tient de la beauté et de la magnificence des édifices publics. Il est percé de fenêtres des deux côtés, mais en plus grand nombre du côté de la mer que sur le jardin : quand le temps est calme et serein, on les ouvre toutes; si le vent donne d’un côté, on ouvre les fenêtres de l’autre, Un parterre parfumé de violettes est au-devant de la galerie, qui, par sa réverbération , augmente l’ardeur du soleil qui s'y concentre’, en même temps quelle le garantit des vents du nord. Aussi y fait-il aussi chaud par-devant, que froid par-derrière. Le vent d'Afrique se trouve rompu par elle, en sorte que, de tous côtés, elle vous offre un abri contre les vents différents. T'el est l'agrément qu'on y trouve l'hiver, mais il est encore plus grand l'été; car jusqu'à midi elle porte ombre sur le parterre, et après midi sur les allées et les autres endroits du jardin qui s’en rapprochent, et l’on voit croître et-se raccourcir cette ombre selon la longueur des jours. Cependant la galerie ne reçoit jamais le soleil dans sa plus grande ardeur, c'est-à-dire lorsqu'il est à plomb au-dessus du faîte : alors les fenêtres s'ouvrent, et y reçoivent de toute part l'haleine des zéphyrs, qui y renouvellent l'air, et par une agréable agitation entretiennent sa salubrité.

« À l'extrémité du parterre et au bout de la galerie, on trouve le pavillon du jardin : c’est un petit bâtiment détaché qui fait mes délices. Là, est une pièce dont le soleil, qui y entre de toute part, fait une étuve : elle a vue d’un côté sur le parterre, et de l’autre sur la mer. Son entrée répond à une chambre voisine, et une de ses fenêtres donne sur la galerie. Un cabinet particulier élégamment orné se joint à cette pièce du côté de la mer, de manière que, par des portes

vitrées et des rideaux qu'on ouvre et qu’on ferme, tantôt le cabinet ne fait qu'un avec la chambre, et tantôt il s’en sépare. Il y a place pour un lit et deux chaises. Du côté où Je lit est adossé, on voit les maisons de la côte: À vos pieds vous découvrez la mer, et du chevet les forêts voisines. Autant de fenêtres , autant d'aspects différents, qui s'unissent et se partagent comme l’on veut.

« L'on passe de là dans la chambre de nuit destinée au sommeil. Rien de plus calme que cet endroit. La voix des esclaves ne saurait ÿ parvenir. On n’y entend ni le mugissement de la mer, ni le sifflement des vents, ni le fracas des orages. La lueur des éclairs ni‘la clarté.du jour ne sauraient y pénétrer, à moins qu'on n’ouvre les croisées. La raison d'une tranquillité si profonde, c’est qu'entre le mur de cette chambre et celui du jardin est le quartier des hommes, dont la cour assez spacieuse dissipe tout le bruit du dehors. J'ai fait pratiquer sous cette chambre une étuve fort petite qui communique et répand, par une petite ouverture, autant de chaleur que l’on veut. Enfin, l’on trouve une antichambre et une chambre fort exposées au soleil, qu'elles reçoivent depuis son lever jusqu’à midi, quoique obliquement.

« Quand je me retire dans le local que je viens de -vous décrire, j'imagine être à cent lieues de chez moi. C’est surtout dans le temps des Saturnales que je m’y complais. Tandis que toute la maison retentit du bruit des fêtes et des cris de joie que la licence excite parmi les domestiques, retiré là, Je goûte le plaisir de l'étude, sans gêner leurs divertissements et sans en être SORT Ru IAnn :

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où. trouvera, planche 44 du Parallèle, un plan du Laurentin par AUS On trouvera aussi, sur cette même planche et sur les planches 43, 45 et 46 du même ouvrage, divers plans de maisons grecques et romaines. Les diffé-

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rences que l’on remarque entre ceux même qui devraient le plus se ressembler, ne préviennent pas en faveur de leur exactitude. Quoi qu'il en soit, les talents des architectes à qui nous devons ces plans, la simplicité qui y règne, simplicité vers laquelle on doit tendre par tous les moyens imaginables, sont des motifs suffisants pour engager à les étudier. Quant aux maisons de campagne de Italie moderne, et aux délicieux jardins qui les accompagnent, dont on trouve les plans , planche 52 (bis) du Parallèle, en y jetant les yeux, on sentira qu'il n’est pas besoin d'en recommander l'étude. y

A l'égard des projets de maisons de campagne que nous donnons dans ce volume, planches 27, 29, 3o et 3r, et de celles que l’on peut voir dans le choix des projets, planches 26, 29 et 30, notre principal but, en les donnant, et en les indiquant, a été de faire voir de combien de manières différentes on pouvait disposer les maisons particulières; suivant les différentes circonstances, sans cependant blesser nos usages.

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