‹ Précis des leçons d'architecture données à l'École royale polytechnique (volume 2)Chapitre 50 sur 65 · DES FERMES OU MAISONS RURALES · texte numérisé non relu

DES FERMES OU MAISONS RURALES

Une exploitation de terre exige des bâtiments pour loger le cultivateur, sa famille et divers animaux, pour mettre à l'abri les instruments aratoires et les divers produits du sol et du bétail, etc.

Rien n’est moins commode et moins salubre que la plupart de nos fermes. Elles n'offrent qu'un amas de bâtiments, de fumiers épars, de mares infectes. Aussi voit-on souvent éclore dans ces lieux des maladies fâcheuses qui se répandent dans les environs.

La grandeur et la disposition particulière d’une ferme doivent être relatives au climat, à l'étendue des terres, à la nature des produits. La variété de ces différents objets nous prescrit de nous borner ici à des idées générales.

Le meilleur emplacement d'une ferme, serait un terrain un peu élevé, où il n’y aurait point d'eaux stagnantes , où l'on ne craindrait pas les débordements des rivières, où l'on n'éprouverait pas de brouillards habituels, etc.

Pour éviter, autant que possible, le danger des incendies, il faudrait que le logement du fermier ou du propriétaire faisant valoir fût séparé de tous les autres bâtiments, et que ceux-ci, de même, fussent isolés les uns des autres. Pour faciliter la surveillance, il faudrait que le tout fût disposé de sorte que de chacune des pièces du principal corps de bâtiment, et d’un seul coup d'œil, on püût embrasser tous les bâtiments accessoires. Il faudrait approcher les uns des autres ceux de ces bâtiments dont les usages sont analogues, et éloigner de ces derniers ceux dont les usages sont essentiellement différents. Les mares et les fumiers, places ordinairement dans les cours qu'ils embarrassent et qu'ils infectent, devraient être rejetés dans une enceinte particulière

placée au nord de cette cour. Tous les bâtiments destinés à renférmer des animaux devraient être placés de manière à avoir une issue directe sur l'enceinte des fumiers. Foyez la planche 32. | Si les maisons rurales, si ces habitations paisibles dans lesquelles, au sein de la nature, on se livre aux soins les plus intéressants , aux occupations les plus douces, étaient situées et disposées comme elles devraient l'être, que d’agréments leur aspect n’offrirait-il pas! Apres la négligence impardonnable avec laquelle la plupart des maisons rurales sont traitées, il ne pourrait y avoir qu'une recherche ridicule capable de les en priver. On ne remarque ni l’une ni l’autre, soit dans les maisons de ce genre bâties par Palladio, sur les bords charmants de la Brenta, près de Vicence, soit dans une foule d’édifices destinés aux mêmes usages, répandus dans toute l'Italie, et connus sous le nom de fabriques. Aussi

IUIf PART.

ITS SecrroN.

III° PART

III Secrton,

tous ces édifices enchantent-ils les yeux par leurs formes simples et agréables. Voyez les planches 49, 5o et 51 du Parallèle, et les planches 5, 6, 8 et 19 de la seconde partie de cet ouvrage.

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