‹ Précis des maladies de l'oreilleChapitre 17 sur 102 · FRACTURES DU CONDUIT AUDITIF · texte numérisé non relu

FRACTURES DU CONDUIT AUDITIF

l’oreille externe et à l’oreille moyenne, même dans le cas où le facial a été frappé de paralysie simultanément.

J’ai vu une lésion semblable chez un enfant de huit ans, par suite du choc d’une boule de neige durcie; et le point déchiré et décollé devint le siège d’une végétation qu’il fallut détruire par la cautérisation.

Je rappelle pour mémoire que le chirurgien peut rencontrer l’indication de sectionner le rameau artériel qui se rend au pôle supérieur de la membrane du tympan, en passant sur la paroi supérieure du conduit (myringite externe, otite générale rhumatismale, etc.). On favoriserait l’écoulement du sang en versant quelques cuillerées d’eau chaude dans le conduit. Les fractures de la paroi osseuse antérieure du conduit peuvent se compliquer de rupture de la peau et d’hémorrhagie consécutive par l’oreille.

Article II. — Fractures du conduit auditif.

Elles sont simples ou compliquées de la fracture du rocher.

Le seul point fragile du conduit osseux est sa paroi antérieure ; c’est cette lamelle qui forme à la fois la valve antérieure du méat et l’enceinte postérieure de l’articulation temporo-maxillaire.

C’est en général à la suite d’un choc sur le menton que cette lamelle se fracture (fig. 9) ; chez le vieillard, son amincissement constitue une prédisposition ; au moins était-ce le cas dans les observations de Morvan (1), de Sonrier (2), de Voltolini (3). Mais il s’agit là surtout de fractures étendues à la base du crâne ; et celle du conduit n’a été qu’un épiphénomène d’une affection mortelle.

La symptomatologie est en rapport avec l’étendue du traumatisme ; si la lamelle osseuse est fracturée complètement, et ses fragments dispersés et déplacés en arrière par la violence

(1) Morvan, Archives générales de médecine , 1856.

(2) Sonrier, Gaz. méd., déc. 1869.

(3) Voltolini, Virchow' s Archiv, t. XVIII, p. 49.

OREILLE EXTERNE. — CONDUIT AUDITIF

du choc; il peut y avoir déchirure et décollement de la peau du conduit, hémorrhagie par le trou auditif, atrésie, et surdité consécutives. On sait quel intérêt offre le diagnostic étiologique de l’écoulement du sang par l’oreille : la question se pose ici entre une lésion limitée de la lamelle auriculaire et une grave fissure étendue à la paroi du crâne. Dans une chute de haut (un ou plusieurs étages) s’il n’y a pas de lésion visible du méat, si rien n'indique que le menton ait porté exclusivement; si l’écoulement prolongé du sang par le méat est accompagné de symptômes cérébraux durables (coma, résolution), le diagnostic ne peut donner lieu à aucune hésitation.

Si, au contraire, le médecin trouve la peau du conduit décollée, soulevée, bleuâtre, ecchymosée; s’il y a une déformation accusée du conduit, otorrhagie faible, le diagnostic est plus délicat. La persistance et la gravité des accidents cérébraux peuvent seules guider le praticien et doivent faire admettre une complication de fracture du rocher (la fissure descend alors du temporal sur la paroi postéro-supérieure du conduit et pénètre par là dans la caisse) (fig. 3).

Les chutes sur le côté de la tête peuvent, comme je l’ai vu deux fois, produire ces décollements de la peau du conduit avec otorrhagie, sans fracture, même alors que le facial est frappé de paralysie ; mais en ce cas l’oreille moyenne est atteinte et contusionnée ; la perception crânienne est ici entière.

Le sujet peut accuser avoir senti un craquement au moment de l’accident; il dit en éprouver encore dans les mouvements de la mâchoire, et le chirurgien peut les entendre ou les sentir lui-même.

Après une chute sur le menton, la déformation du conduit, son occlusion par une saillie dure, mobile ou non avec le maxillaire suivant la date du traumatisme, le gonflement de l’articulation temporo -maxillaire, le déplacement latéral des dents incisives de la mâchoire inférieure, sont autant de signes de fracture auxquels se joignent la douleur bien limitée dans l’acte de mâcher ou de parler et la sensibilité à la pression.

Traitement. — Le traitement de la fracture simple de la lamelle osseuse qui constitue la paroi antérieure du conduit

Page 1