‹ Précis des maladies de l'oreilleChapitre 22 sur 102 · FURONCLE · texte numérisé non relu

FURONCLE

ques eczémateuses s’observent à la fois ou consécutivement sur d’autres points de la face, à la joue, autour du nez, à la nuque, ou aux bords des paupières.

Symptômes. — Au début, le sujet éprouve dans l’oreille du prurit, de la chaleur, une tension, avec douleur au contact et dans les mouvements communiqués au pavillon, et suivant le siège de la tuméfaction, dans ceux de la mâchoire. Peu à peu, on constate au point douloureux l’existence d’une petite tumeur arrondie, qui en 4 à 8 jours se développe au point de boucher complètement le conduit. Si la tumeur est unique, elle offre un sommet acuminé, violacé ; la paroi tout alentour est rouge, chaude et tendue, et la base de la grosseur est mal limitée.

On voit quelquefois la tumeur s’étaler plutôt que saillir, d’autres fois elle fait une saillie bien ronde dans le méat suivant que le tissu péri-glandulaire participe plus ou moins à Finflammation.

A ce moment les douleurs sont très vives, et s’irradient autour de l’orifice déformé.

Le sommeil est interrompu; la fièvre s’allume; le malade ressent des battements, delà céphalalgie; le décubitus latéral est impossible, tant le pavillon est tendu, rigide et saillant, dressé. Le soir surtout et après les repas , la douleur et la fièvre sont intenses, et souvent les crises prennent le caractère névralgique.

En même temps, il y a de la surdité par oblitération du canal, du bourdonnement par excitation réflexe et que les calmants de la douleur diminuent.

Du cinquième au huitième jour, si le cas est simple, la pointe violacée jaunit ; il en sort du pus épais en petite quantité, soitun bourbillon, que de Trœtlsch recommande d’extraire avec la curette. Quelquefois plusieurs furoncles se succèdent ainsi, soit dans le même conduit, soit dans les deux conduits.

Souvent il en vient plusieurs réunis comme en groupe (région tragienne). Il n’est point rare de voir les clous se montrer les uns à côté des autres, soit tout autour du canal, soit dehors ou dedans, à des intervalles souvent très rapprochés. L’accalmie coïncide avec la sortie du pus, et les crises Gellé. — Mal. dé l’oreille. 6

OREILLE EXTERNE. — CONDUIT AUDITIF

avec l’état de tension et de sécheresse ; et ces crises alors surtout sont paroxystiques et atroces.

On comprend qu’en ce cas le malade épuisé par l’insomnie et par la douleur, s’il est jeune et nerveux, tombe dans un état d’abattement et de prostration profonde.

Termiuaisou. — La terminaison par résolution est possible au début, un petit point d’engorgement persiste sans aboutir à la suppuration : une légère chute d’épiderme signale la résolution.

D’ordinaire, du quatrième au septième jour, le petit abcès s’ouvre; la tumeur ne s’affaisse que lentemeut, tout autour les parties sont tuméfiées, rouges, tendues, chaudes et douloureuses (région tragienne, sous-lobulaire, ou du sillon auriculo-mastoïde). L’engorgement phlegmoneux peut envahir la région mastoïde, et donner heu à un abcès pré-mastoïdien.

Quand un nouveau clou succède au premier, il peut être masqué par celui-ci; mais la sédation et le soulagement n’ont pas franchement lieu, ou il y a reprisé des douleurs et de la fièvre locale ; ce sont les signes d’une éruption nouvelle, profonde, invisible.

Après l’issue du pus, une desquamation plus ou moins abondante et quelquefois un léger suintement peuvent être constatés; on a vu la petite plaie devenir fongueuse; et une végétation polvpiforme peut prendre ainsi naissance gr âce à l’incurie.

Diagnostic. — Le furoncle peut être confondu : l °avec l’abcès glandulaire ; 2° avec l’otite périostique circonscrite ; 3° avec l’otite périostique générale ou otite moyenne suppurée.

1° Avec l’abcès glandulaire. — Le furoncle est plus acuminé; il est entouré à sa base d’un empâtement œdémateux et douloureux bien accusé; il produit un bourbillon, et d’ordinaire les parties voisines participent à l’état phelgmoneux; enfin la réaction générale est souvent très vive.

L’adénite ou abcès glanduleux (hydradénite de Yerneuil) a une allure plus calme ; il est plus superficiel, sa base est bien limitée, son corps saillant est arrondi : sa teinte est plus égale, la réaction générale et les engorgements péri-auriculaires assez limités; enfin son produit est un liquide purulent; il s’affaisse et disparaît bien plus vivement que le furoncle.

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