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FURONCLE

Tout le monde connaît Y acné; quelquefois l’épithélioma du conduit à son début a cet aspect d’emprunt.

2° Avec l’otite périostique circonscrite. — La tumeur circonscrite qui forme la périostite rhumatismale du conduit auditif externe, non suppurative, est beaucoup plus profonde ; elle est rarement conique, et alors volumineuse, mais toujours située profondément dans le segment osseux du conduit; sa marche est bien plus lente; elle est fréquemment indolore ou à peine sentie par le sujet (voir fig. 25).

3° Avec l’otite périostique générale. — C’est un diagnostic délicat à un moment donné et fort important à poser que de reconnaître le furoncle ou les furoncles d’avec la périostite suppurée du conduit qui succède à l’otite moyenne périostique ; n’étaient les commémoratifs qui apprennent que le mal a un début déjà éloigné, et qu’il y a eu un écoulement extrêmement abondant de pus phlegmoneux par le méat, l’aspect est à peu près le même : atrésie ou oblitération du conduit par une masse phlegmoneuse et engorgement périauriculaire extrême; mais l’abondance remarquable de la suppuration indique assez qu’il a existé antécédemmentune phlegmasie grave de l’oreille moyenne. Le pus qui soulève la paroi du conduit peut venir d’ailleurs que de l’oreille moyenne, tantôt des cellules mastoïdes tantôt des régions parotidiennes ou mastoïdiennes, ou même de l’articulation temporo-maxillaire (carie des os, abcès par congestion).

D’autres fois un véritable phlegmon s’établit autour du tissu glandulaire et un abcès complique le furoncle. L’oreille moyenne reste totalement indemne dans ce cas, et l’audition est conservée par la voie crânienne. Le diapason-vertex donne le maximum du côté duphlegmon qui clôtlalumière du conduit.

L’adénite parasitaire de Lœvenberg offre un seul caractère spécial, la contagion. La contagiosité expliquerait mieux les furoncles bilatéraux, qu’on a mis sur le compte de la sympathie : cependant beaucoup d’autres éruptions cutanées sont symétriques sans être contagieuses,

Marche, pronostic. — D’ordinaire le furoncle est douloureux mais sans danger, il récidive souvent; il est rare que l’audition subisse un dommage durable à la suite. Les réci-

100 wORETtLE EXTERNE. CONDUIT AUDITIF.

dives;ctv:ec crises ^e douleurs prolongées ont seules un caractère sérieux au point de vue de l’état général. Chez un diabétique 'fie 'furoncles multiples, j’ai vu la suppu-

jEati«\^VlSiBtferlila suu&dbm furoncle de la paroi postérieure f du conduit, entretenue par un petit séquestre dont l’élimina- V tiîm perçôH\t^«érison rapide.

- Traitement. — Beaucoup d’acnés, de furoncles sans gonflement inflammatoire notable n’exigent qu’une sage ex^^iaMon.-.-j*'

Dafe4e cas contraire, le traitement sera antiphlogistique dès le début: on posera 2à5 sangsues en avant du tragus, ou bien sous le lobule, et sur les points les plus engorgés. C’est un excellent calmant de la douleur ; on se guidera sur l’intensité de la réaction générale et sur l’étendue de la tuméfaction.

On se trouvera bien des bains d’oreille avec l’eau chaude; tantôt des irrigations chaudes; tantôt des cataplasmes tièdes arrosés de substances calmantes et huileuses réussiront mieux. Avant toute suppuration, comme calmant de la douleur, j’emploie des bains auriculaires prolongés avec une solution concentrée d’atropine (sulfate d’atropine, 0,20 centigrammes ; eau, 20 grammes).

De Trœltsch incise la petite tumeur avant même la formation du pus; Weber-Ljel use de bains d’alcool absolu. Després incise au cinquième jour, dès que le pus est formé, que le clou jaunit,

Wilde et de Trœltsch ont conseillé au début, comme moyen abortif, des badigeonnages de la région avec des solutions de sulfate de zinc (4 : 30 eau), Dès 1863, Velpeau a rapporté trois observations de Bretonneau, où des cautérisations au nitrate d’argent avaient fait avorter le furoncle- Boinet a recommandé daps ce but l’iode caustique en applications locales. D’autres (Roth), les frictions répétées avec Tonguent mercuriel, etc.

11 y a indication d’ouvrir l'abcès formé; l’incision sera forte, large et profonde pour débrider l’étranglement : on se servira pour la pratiquer d’un petit couteau à lame cachée, à pointe mousse, introduit avec précaution au-dessus de la tumeur : et l’incision sera faite d’un coup de dedans en

OTITE EXTERNE CIRCONSCRITE PÉRIOSTIQUE. 101 dehors ; de Trœltsch donne le conseil d’extraire le bourbillon avec la curette.

Le soulagement est immédiat, excepté s’il existe des crises névralgiques (5e paire) que l’opération exaspère souvent momentanément.

L’origine parasitaire de l’affection une fois admise, il y a urgence de pratiquer des lavages et des injections de substances reconnues susceptibles de tuer le microbe et d’éteindre le foyer de contagion, tels sont les solutés d’acide borique (I p, 1,000 gr.), d’acide phénique,. de permanganate de potasse, etc., etc., qui sont également d’excellents détersifs et résolutifs; ou bien les pommades au mercure, la liqueur de Van Swieten, etc.

L’état diathésique qui semble présider au retour des furoncles (herpétisme, scrofule, arthritisme) doit être également combattu par les médications appropriées, de même le diabète, l’épuisement.

C. — Otite externe circonscrite périostique (fig. 25, 26, 27).

Nous trouverons plus loin la description détaillée de l’otite

Fig. 25. Fig. 26. Fig. 27.

Fig. 25, 26, 27. — Diverses formes d’otite externe circonscrite périostique observées, siège, nombre, volume variés. Dans la figure 27 le conduit est totalement oblitéré par la tuméfaction arrondie et bien limitée (*).

moyenne périostique, telle que Dupîay l’a nommée : je ne

(*) 1, conduit; 2, tympan; 3, 3, 3, tumeurs isolées, adhérentes, rosées, sensibles au toucher, bien nettement saillantes sur la surface de la paroi osseuse.

OREILLE EXTERNE. — CONDUIT AUDITIF

veux parler ici que de certaines altérations limitées et très nettes du conduit auditif externe, qui sont absolument * d’origine rhumatismale dans les

cas que j’ai observés, et qui d’après leur aspect, leur siège et leur marche semblent bien avoir pour point de départ le tissu périostique de la portion osseuse du conduit.

Je l’ai observée chez l’adulte comme chez l’enfant(10ans,14ans,

Fig. 28. — Exemple de dépôt crétacé prétympanique que j’ai quelquefois observé, même sur des oreilles très bonnes, et sans maladie apparente.

37 ans, 47 et 60 ans).

Les phénomènes douloureux sont peu accusés; et c’est la surdité seule qui conduit à examiner l’oreille; le sujet éprouve de la fièvre, de la céphalalgie du côté atteint, surtout le soir et la nuit,

avec sueurs le matin; la fièvre est tenace et souvent on

porte un diagnostic de fièvre rhumatismale ou de synoque simple, puisqu’il ne semble exister aucune localisa¬

tion.

Cependant souvent le pharynx est enflammé et très sérieusement congestionné ; quelquefois on constate qu’il y a une

jointure un peu douloureuse; d’autres fois une otite générale périostique existe d’un côté, et sur l’autre on ne trouve que les petites lésions limitées que je vais décrire.

Dans le fond du méat très accessible, au niveau de sa

portion osseuse, on trouve une, deux , souvent trois petites éminences rosées, rondes, saillantes plus ou moins dans la

lumière du conduit; en grossissant elles arrivent au contact; ou, s’il n’y a qu’une tumeur, elle finit par toucher la face opposée du conduit; dès lors l’audition est altérée, il y a quelque douleur ou un peu de gêne; et le malade a son attention éveillée. La tumeur après avoir atteint un certain développement semble rester stationnaire, puis peu à peu, et surtout sous l’influence d’un traitement approprié, elle diminue, se résorbe et le calibre du conduit redevenant normal, le tympan masqué jusqu’alors apparaît non altéré.

OTITES EXTERNES DIFFUSES. 103

La durée est de cinq à six semaines environ suivant le volume atteint par la ou les tumeurs.

Ces tuméfactions limitées, bien souvent lisses et rouge vif à la surface, sont résistantes au contact du stylet ; elles sont profondes et peu douloureuses ; elles n’ont nullement la dureté du tissu osseux ; et, au reste, leur résolution bien que lente est trop nette et trop rapide pour qu’on admette une exostose : la confusion n’est pas possible.

Mais on peut aisément se figurer que c’est par le même procédé pathologique que les exostoses se forment ; on voit aussi des dépôts crétacés qui leur sont consécutifs (fig. 28). Dans les deux cas où les tumeurs étaient multiples, il en existait dans les deux conduits, à divers degrés de développement. Enfin, toujours je les ai vues disparaître par résolution.

Le traitement a été des plus simples et a consisté en injections et lavages d’eau de fleurs de camomille tiède; etdans l’usage de quelques grammes de salicvlate de soude (0,50 à 1 gramme le soir) ou de quelques pilules de sulfate de quinine (0,60 à 0,70 en pilules de 0,10 centigrammes).

Dans un cas les fumigations de vapeurs chaudes ont été ajoutées au traitement, et ont hâté la résolution ; elles s’adressaient surtout à l’état inflammatoire de la gorge concomitant.

§ 2. — Inflammations diffuses du conduit auditif externe.

— Otites externes diffuses.

L’inflammation peut débuter par le conduit auditif externe et s’y limiter; ou bien née soit du pavillon, soit de l’oreille moyenne, elle envahit secondairement le conduit ; c’est ainsi que l’otite se généralise.

Quand elle succède à une affection analogue du pavillon auriculaire, l’otite est plutôt une dermite, car l’inflammation s’est propagée dedehorsen dedans parla peau commune aux deux régions ; dans le' cas où l’inflammation née de l’oreille moyenne s’étend vers le canal auditif, c’est par le périoste que la propagation a lieu ; et c’est une périostite, à vrai dire, qui se déclare.

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La simple dermite peut se compliquer de périostite, par les progrès de l’inflammation en profondeur, puisque cette fine membrane qui tapisse la portion osseuse du conduit est bien aussi un périoste ; mais on voit mieux, par cette opposition tranchée que je signale dès le début de ce chapitre, la différence qui existe entre les deux affections. Au point de vue de la marche, des terminaisons, de la gravité, la distinction étiologique et anatomique que j’indique ici est de première importance, et ressort de l’observation clinique.

L’otite externe, dite diffuse, fait souvent partie d’une inflammation générale de l’organe de l’ouïe, soit qu’elle accompagne l’otite moyenne, soit qu’elle lui succède.

Commençons par l’inflammation superficielle, celle de la peau du conduit. Cette dermite est souvent isolée etprimaire; elle est aiguë ou chronique. Nous étudierons successivement les otites externes diffuses, aiguë, chronique, diphlhérique.

A. — Otite externe aiguë.

Synonymie: Catarrhe; catarrhe muqueux; otite catarrhale externe.

Divisions. — On nomme ainsi l’inflammation aiguë limitée « aux couches superficielles de la peau du conduit auditif, qu’elle envahit tout entier, en même temps que la surface externe de la membrane du tympan. » (De Trœltsch.)

C’est le type général de toutes les affections herpétiques, dartreuses, impétigineuses, traumatiques, parasitaires, blennorrhagiques, etc., qu’on rencontre dans le conduit de l’oreille, et qui sont les analogues des herpès, impétigo, etc., cutanés.

Després (i) se borne à décrire à la suite chacune de ces manifestations morbides cutanées du méat, ce qui rend son exposition plus claire, et aussi l’indication thérapeutique plus précise, mais ne prête à aucune vue d’ensemble, à aucune généralisation.

D’autres veulent décrire une inflammation des couches

(1) Després, Nouveau dict. de mêd. et de chir. pral., art. Oreille.

OTITE EXTERNE AIGUE. IOj

superficielles, et une autre, des couches périosliques (Rau) ; ce qui nous conduirait à étudier à part les maladies de la portion fibro-cartilagineuse du méat (dermite) et celles, de la portion osseuse (périostite).

Cependant, sur un espace aussi limité, l'inflammation aiguë est rarement bornée à un point ; toute la cavité est prise soit d’emblée, soit successivement ; de même l’inflammation, de cutanée qu’elle était d’abord, peut devenir et en effet devient périostale. L’idée de de Trœltsch est donc pleine de méthode, plus compréhensive; elle se prête à tous les développements du sujet; elle s’appuie aussi sur l’observation clinique, et sur la constitution anatomique des parties. Duplay l’a adoptée et je la suivrai ici.

Étiologie. — Les causes de l’otite externe aiguë sont multiples ; le froid, le coup d’air, les traumatismes, les corps étrangers, la contagion, sont les causes occasionnelles. La prédisposition est évidente dans l’enfance, au moment de la dentition, et à l’époque de la ménopause. On observe l’pli le externe dans les fièvres graves, dans l’érysipèle et les exanthèmes diathésiques ; de plus, on peut voir au méat le pityriasis, le pemphigus, l’eczéma, l’herpès, etc, Triquet, Itard, Vigarous, après Swédiaur et J. Franck, ont décrit encore l’otite externe bJennorrhagique. Nous étudierons à part les lésions de la syphilis du conduit auriculaire.

Avec Duplay, je pense que dès que les médecins sauront mieux examiner l’oreille, le nombre des otites externes bien isolées de toute complication intérieure sera bien diminué ; on admet, à mon sens, trop facilement, qu’il n’y a otite générale (à la fois externe et interne) que si le tympan est perforé. Combien de fois ne trouve-t-on pas réunies chez le même sujet totalement sourd, d’un côté une perforation du tympan et de l’autre un tympan non perforé, mais enfoncé, ou adhérent, indiquant ainsi que là également l’inflammation destructive a parcouru tout l’organe d’outre en outre?

Or, l’observation montre que c’est bien le cas dans les surdités de l’enfance et dans celles qui viennent à la suite de fièvres graves ; de là les réserves faites sur les limitations ar-

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tifiçielles du cadre nosologique, par des observateurs tels. que de Trœltsch, Duplav, etc.

On comprendra que j’insiste sur ces distinctions du siège des lésions, car il n’est pas indifférent que l’otite externe s’étende ou non jusqu’à la cloison tympanique ; en effet, cela change aussitôt la gravité de l’affection, vu le rôle majeur de la membrane dans l’audition. Et puis, le tympan n’est-il pas une paroi de la caisse et des plus remarquables et des plus importantes ? On voit par là combien sont artificielles, mais utiles, nos divisions nosologiques si tranchées en otites interne et externe.

Le diagnostic des limites exactes de l’inflammation, dans le cas d’otite externe aiguë, est, on le voit, intéressant à fixer, et nous occupera particulièrement'.

Symptômes. — Au début, les malades se plaignent de prurit, de démangeaisons agaçantes, d’une sensation de chaleur sèche, de tension dans le conduit. La démangeaison sollicite le sujet à se gratter, malgré la douleur aiguë qu’il réveille ainsi.

La douleur, d’abord sourde, profonde, devient lancinante, térébrante ; elle s’étend vers le fond de l’oreille ; puis elle s’étale à la surface de la tête, souvent en forme d’éclairs névralgiques ; il y a de l’insomnie, de la fièvre le soir; les petits enfants rêvassent, se plaignent et s’agitent dans leur lit ; ils se réveillent en criant et en pleurant ; ils refusent de manger, l’abaissement, de la mâchoire excitant la douleur. Les parois de l’orifice auriculaire se gonflent, rougissent, deviennent très douloureux à la pression ; cette douleur s’accroît parle mouvement delà mâchoire, dans la déglutition, parle parler et le bâillement.

A l’examen, la peau apparaît rouge, gonflée, tendue; le tragus et le pavillon injectés, raidis, sont douloureux au moindre contact (chez l’enfant, douleur du décubitus) ; la rougeur est diffuse et s’étend le plus souvent jusqu’à la surface du tympan; et le sujet éprouve alors des battements, des bourdonnements, de la surdité. Rien de plus inutile que l’introduction douloureuse d’un spéculum auris à ce moment. Rapidement le gonflement du derme, diminue le calibre du méat au point de rendre l’examen impossible.

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