OTITE EXTERNE AIGUE
Tantôt le gonflement est général et uniforme et alors l’atrésie du canal le réduit à un étroit orifice circulaire (catarrhe simple) ; ou bien, la paroi inégalement soulevée et œdématiée offre des bosselures et des sillons qui déforment l’ovale du méat. D’autres fois, des vésicules fines apparaissent sur les plaques rouges et deviennent purulentes (eczéma subaigu).
Le deuxième ou le troisième jour de cette première période congestive, fluxionnaire et douloureuse, une détente brusque a lieu, et on constate qu’il s'écoule par le méat un liquide séreux d’abord, puis plus épais, enfin bientôt purulent (catarrhe simple). Le liquide est chaud, brûlant (eczéma aigu); quelquefois, c’est une abondante sécrétion d’épiderme étalé en couche pultacée, mollasse, odorante, que le spéculum détache, laissant à nu le derme rouge vineux par place.
On voit de même, sans écoulement aucun, des furfures, des squames enroulées se détacher du derme dans la défervescence de l’otite aiguë (formes sèches). La crise terminale peut être l’apparition d’un petit abcès folliculaire. Dans ces cas, l’engorgement est plus long à disparaître et la démangeaison et les élancements persistent souvent.
En même temps, la surface du tympan est masquée et rendue méconnaissable, couleur d’un gris sale, mat sans reflet, par cet enduit pultacé adhérent, formé de couches d’épiderme imbibées de sérosité, tantôt par des lamelles plus ou moins épaisses et larges d’épiderme sec ou humide, véritable desquamation de la surface cutanée, après laquelle apparaît le derme rougi, plaqué de taches violacées, surtout dans son segment supérieur ( myringite dermique ou cutanée). Très souvent le canal est à peine déformé ; ce sont les produits sécrétés qui l’obstruent.
L’examen des parties profondes ne doit être fait qu’après avoir balayé cet exsudât au moyen d’injections très douces d’eau tiède ou additionnée de sel de Vichy. Ces injections-lavages devront être poussées avec les plus grandes précautions; ce seront des bains plutôt que des injections proprement dites, car la possibilité du ramollissement des parties profondes tympaniques doit rendre très circonspect.
108 OREILLE EXTERNE. — CONDUIT AUDITIF
Terminaisons. — L’écoulement, d’abord abondant, très épais où très séreux, suivant la nature de l’affection, dure une, deux, trois semaines, et souvent plus: il passe facilement à l’état chronique dans la dermite diathésique (scrofulides, arthritides, herpétides). — Dans les formes sèches, un bouchon du cérumen peut être le produit del’ affection abandonnée à elle-même. D’autres fois, le méat reste encombré de croûtes plus ou moins dures, de furfures, ou bien de croûtes molles d’impétigo. Enfin, après avoir cessé quelques jours, la suppuration peut reparaître et l’écoulement du pus peut être entravé par le bloc des exsüdats.
Ges répétitions forment le passage à l’état chronique ; elles indiquent souvent la présence, dans le canal, de parasites, ou de corps étrangers; très souvent l’éruption vésiculaire s’étale sur le lobule, descend sur la joue et couvre la région péri-auriculaire ; c’est bien une maladie de la peau. Une terminaison grave de l’otite externe, diffuse, aiguë, est l’envahissement de l’oreille moyenne par le processus inflammatoire, avec ou sans perforation du tympan (l’érysipèle ag|t ainsi). — C’est chez l’enfant, dans la première année (dentition) de la vie surtout, que cette généralisation de l’otite est particulièrement grave, tant sont étroits les rapports vasculaires de l’oreille moyenne avec les enveloppes du cerveau à cet âge (fissure pétrô-écailleuse), et tant est facile l’extension du mal aux sinus voisins, et au rocher alors en pleine évolution.
Diagnostic. — Au début, avant le deuxième ou troisième jour, on peut hésiter entre le furoncle et l’otite externe diffuse ; l’apparition de la tumeur phlegmoneuse glandulaire avec ses caractères si nets rend la confusion bientôt impossible ; l’écoulement vient lever tous les doutes le deuxième ou le troisième jour. Chez les enfants, les douleurs d’oreilles reconnaissent d’autres causes que l’inflammation du méat auditif* L’éruption d’une dent molaire peut causer une otalgie ou une otite douloureuse, avec insomnie, cris, agitation et même convulsions. Le coryza aigu, l’angine catarrhale, donnent lieu, le soir, à des douleurs d’oreilles qui font pleurer les jeunes enfants (4 à 7 ans) à moitié endormis, en les réveillant avant