C. — Otite externe diphthéritique
Symptômes. — Cette otite succède la plupart du temps à la diphthérite naso-pliaryngienne.
Il a été publié quelques faits curieux dans lesquels la dipbthérite s’est établie d’abord, et exclusivement même, sur la peau du conduit auditif externe ; dans certains de ces cas la lésion auriculaire était absolument isolée; dans d’autres on constatait en même temps des plaques couenneuses sur une ou sur les deux amygdales ; comme étiologie on a noté l’existence d’un état épidémique au moment où le mal apparut. L’existence d’une otorrbée semble être la condition prédisposant à la formation d’une pseudo-membrane.
Le DT Kausvold, de Francfort, a publié une observation intitulée « Otite externe diphthéritique primitive » ; je la résume:
Une jeune femme de 22 ans, atteinte depuis longtemps d’un écoulement séro-purulent par otite externe, est prise de malaise général, de douleurs vives, de bourdonnement, de surdité avec sensation de plénitude dans tout le côté droit de la tête.
Examen : le conduit est rempli par une masse grise blanchâtre qui ne s’enlève pas par les injections. La montre n’est plus perçue qu’à 5 centimètres.
La douche d’air provoque un bruit de gros râles muqueux ; elle est douloureuse et n’améliore pas l’audition.
Sous la plaque blanche cohérente on peut, en la soulevant, voir le derme dénudé, rouge et douloureux; fièvre surtout le soir.
On enlève la fausse membrane ; le lendemain elle est reformée ; le cinquième jour on peut extraire une fausse membrane en doigt de gant; trois jours après nouvelle reproduction, etc.
Aucune preuve d’infection directe ; épidémie dans la ville ; suit l’examen histologique de la fausse membrane (1).
Bezold a publié (2) une observation toute semblable. Cet auteur veut que la fausse membrane ne dépasse jamais la
(1) Kausvold, Centralblatt f. Chirurgie, n° 38, 18T7.
(2) Bezold, Virchow’s Archiv, t. LXX, p. 3, et Annales des maladies du larynx, traduct. Lévy.
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portion osseuse. C’était le cas dans l’observation de Gottstein rapportée par Urbantschitsch ; en somme il ne faut voir là qu’une manifestation liée à la dipbtbérite du pharynx le plus souvent.
Traitement. — Nous parlerons du traitement à propos de l’otite générale. Les auteurs allemands préconisent les cautérisations au crayon de nitrate d’argent; ou bien ils conseillent d’emplir le conduit d’acide salicylique en poudre, qu’on change tous les jours : le contact de ce dernier topique est souvent très douloureux.
La carie, les séquestres qui s’observent dans cette petite région, siègent le plus souvent sur la paroi mastoïdienne du conduit (paroi postéro-supérieure), ou succèdent à l’abcès mastoïdien; leur étude sera mieux placée dans le chapitre réservé à l’apophyse mastoïde.