ÉPAISSISSEMENT DU TYMPAN
ni
modifié ; tantôt elle ressemble à un morceau de chiffon rouge, quelquefois elle est d’un blanc mat; ailleurs un gros vaisseau rouge vertical indique seul où fut le manche (fig. 53). Celui-ci est ordinairement caché par l’épaississement du derme; mais le point de la membrane qui est le siège le plus habituel de l’épaississement est certainement la partie sus-apophysaire au niveau de la languette cutanée de de Trœltsch et du pôle vasculaire (fig. 30) qui sont confondus avec la paroi supérieure du conduit.
La voussure de la Cloison est en général altérée et plutôt diminuée ; le tympan est plan, plat, vertical et opaque; souvent il est déformé, dans l’un ou dans ses deux segments; tantôt une enfonçure en entonnoir ou en godet s’observe dans le segment antérieur tubaire (fig. 54, 55, 56), tantôt elle se trouve au niveau des osselets dans le segment postérieur (fig. 56) et cela n’annonce pas toujours qu’il y ait des lésions graves des parties profondes.
Ces altérations enlèvent à la cloison son élasticité, sa forme, sa tonicité, ou l’immobilisent plus ou moins complètement soit par raideur de son tissu,’ soit par raideur de la chaîne, soit par des adhérences intérieures.
L’ouïe est très affaiblie pour les sons aériens ; et si la lésion est limitée au tympan, la perception crânienne est conservée; l’endotoscope est immobile, bien que l’auscultation apprenne que l’air pénètre ; tantôt il se produit un souffle rude, tantôt un bruit de pluie dû à la résistance et à la vibration de la cloison ; mais par l’auscultation transauriculaire on ne constate pas l’augmentation de la sensation sonore transmise par la voie crânienne, et la surdité n’est pas modifiée non plus.
Il peut se faire que la douche d’air pénétrant dans la caisse, dont le tympan reste immobile, provoque un choc en retour sur les fenêtres labyrinthiques et un ébranlement de l’organe, un vertige même, s’il y a quelque altération plus récente en ce point (vertige par l’insufflation : sclérose du tympan, et ramollissement du fond).
Les congestions ou fluxions diathésiques (goutte, rhumatisme), celles de la ménopause, des périodes mensuelles, etc., causent dans cette cavité totalement fermée,
MEMBRANE DU TYMPAN
grâce à l’induration du tympan, des compressions des organes nerveux qui peuvent expliquer en partie les bourdon-
Fig. 50' (*)■ Fig. 51 im
nements atroces et les vertiges, qu’on a attribués à la surdité dite nerveuse.
Traitement. — Le traitement est analogue à celui que j’ai décrit pour le ramollissement tympanique;lcs incisions seront ici presque indispensables ; elles fournissent une démonstration précise de l’état d’épaississement et d’induration du tympan ; le couteau pourra découper son tissu comme une carte à jouer (excision d’un lambeau), et donnera la sensation de résistance et de rai-
Fig. 52 (***).
deur anormales. De plus la perforation exploratrice faite, si l’audition par l’air est améliorée, aussitôt l’indication apparaît très nette : celle de maintenir la perforation permanente. Le (*) (**) (***)
(*) Figure schématique donnant l’aspect de la surface tympanique translucide offrant une opacité ovalaire sur le segment postéro-supérieur, après l’insufflation de Politzer : avant la douche d’air le même point opaque peut être saillant et rose ; il répond à un épaississement de la muqueuse au niveau de la chaîne des osselets et de la fenêtre ovale.
(**) Tympan généralement enfoncé avant la douche d’air ; manche 4-6 en arête; % pôle supérieur ; 3, portion sus-apophysaire ou flaccide agrandie avec ses deux bords saillants en demi-lune; 4, apophyse externe très saillante; 5, ombilic; 6, excavations de chaque côté du manche, sans déformation ni synéchie ; 7, trait lumineux en croissant, autour de l’umbo.
(***) le même, après l’insufflation de Politzer. 1, conduit auditif; 2, cadre tympanal; 3, marteau, apophyse et manche ; 4, tympan ballonné tout autour du manche, placé plus ou moins visible, au fond du sillon médian.