CHAPITRE II
PHYSIOLOGIE
Les cellules de l’apophyse mastoïde constituent un diverticulum aérien de l’oreille moyenne ; et l’apophyse elle-même est l’extrémité externe du levier de la rotation de la tête sur l’axe cervical (Voy. fig. 136).
Les cellules sont un réservoir d’air, et l’os qui les entoure est l’instrument de l’orientation ; les muscles sterno-mastoïdiens et trapèze en sont les principaux agents. La saillie mastoïde es t une preuve de la destination bipède de l’homme (Gellé).
D’après Schellammer, Scarpa, Herrmann, les cellules
aériennes renforceraient le son; Linke en fait un appareil résonnateur ; de même Schwartze et Eysell. Suivant Duverney, l’air inclus diminue les chances de commotion et de compression du labyrinthe, en augmentant la réserve d’air. Itard est éclectique, de même que de Trœltsch (Voy. fig. 136). Mach et Kessel partagent au contraire l’avis de Linke et de Duverney. En général, la plupart des auteurs admettent que
Fig. 136. — Figure schématique des voies de l’aération de l’oreille moyenne (5, cellules mastoïdes).
ce réservoir d’air est une disposition protectrice de l’organe et de la fonction, qui rend plus faciles les oscillations de l’air et delà cloison (1).
Ces cavités irrégulières et anfractueuses n’ont guère les qualités des parois résonnantes ; on comprend qu’elles augmentent la capacité de l’oreille moyenne; de plus elles . soient, comme un coussinet, l’oreille interne du milieu so-
- (1) Gellé, Suite d' Études d'otologie, p. 189 et suiv.
SÉMÉIOTIQUE. 483
nore ambiant. C’est un appareil de perfectionnement, substitué chez l’homme aux cellules aériennes de la pointe du rocher (carnassiers, singes inférieurs) ; il n’apparaît que chez les primates, et a son maximum de développement chez l’homme adulte. 11 n’existe pas chez le nouveau-né, dont la caisse, par contre, est très ample. Tillaux voit dans ces cellules aériennes une disposition qui accroît la surface du •bras de levier sans augmentation de poids. La longueur de ce bras de levier est surtout accrue.
- Les affections de l’oreille moyenne et de l’apophyse, se compliquent parfois de torticolis spasmodique, par suite de l’irritation des nerfs mastoïdiens et auriculaires, et des muscles qui, s’attachant sur la saillie osseuse, servent aux mouvements de rotation de la tête et d’orientation au bruit. Le torticolis peut être aussi symptomatique de lésions auriculaires qui ont amené la compression du spinal dans le trou déchiré postérieur (thrombose de. la jugulaire.)