‹ Précis des maladies de l'oreilleChapitre 51 sur 102 · CARIE, SÉQUESTRE DE L’APOPHYSE MASTOIDE · texte numérisé non relu

CARIE, SÉQUESTRE DE L’APOPHYSE MASTOIDE

Si déjà une petite ouverture existe, il y a lieu de l’agrandir avec le couteau, ou avec la gouge, ou bien en faisant une trépanation marginale. Si la voie est suffisamment large, on place un drain ; etl’on fait l’irrigation antiseptique. Pour s’opposer à la cicatrisation du pertuis osseux, on a remplacé avantageusement le tube à drainage par une canule d’argent à demeure. Le drain de caoutchouc peut traverser l’apophyse et on le fera ressortir par le conduit auditif. (Gillette, Guyon).

Article III. — Carie, séquestre de l’apophyse mastoïde.

Affections très fréquentes chez les enfants chez qui les parties nécrosées s’éliminent très bien : elles succèdent aux otites suppurées, et leurs signes sont ceux de l’inflammation et de l’abcès mastoïdes. Il reste une ou plusieurs fistules, à travers lesquelles le stylet touche le séquestre enclavé ou non, et saillant ou non dans le conduit, ou l’os friable et mou. La carie de l’apophyse est un accident de la tuberculose générale (Toynbee, Steinbrugge).

Traitement. — Leur traitement doit varier suivant la grosseur et les rapports du fragment nécrosé, et suivant qu’il est fixe ou mobile.

L’expectation, aidée de pansements antiseptiques, dudéeubitus sur l’oreille qui coule, etc., est conseillée pour tous les cas ; en effet des séquestres énormes, comprenant l’apophyse presque en entier ont pu être heureusement éliminés (Schwartze, Moos). Elle est indiquée surtout quand par son volume, ou par ses attaches le séquestre ne s’oppose pas à l’écoulement facile du pus. Par les injections détersives et antiseptiques les fongosités diminuent de volume, puis disparaissent; le conduit s’ouvre; le pus s’écoule : ainsi on peut attendre que le travail d’élimination, alors sans danger, ait achevé de mobiliser le séquestre.

Dans quelques cas on sera forcé d’élargir la voie ( trépana nation , ciseau creux, gouge et maillet ), pour faciliter son énucléation, si des accidents attribuables à la rétention du pus

458 PORTION MASTOÏDIENNE DE L’OREILLE, se manifestaient. C’est ainsi que Schwartze (1) a enlevé au ciseau creux une partie de la paroi postérieure du conduit jusqu’à l’antre mastoïde, et avec succès (Urbantschitsch). Il est bon de rappeler à ce propos que la paroi postérieure du conduit serait certainement le lieu d’élection par excellence pour la perforation, si elle était abordable sans trop de dommages. Lucæ se sert, comme guide du trépan, d’une tige jumelle introduite dans le conduit auditif (2). Comme instruments, beaucoup d’opérateurs se servent de préférence du ciseau creux, de la gouge et du maillet et délaissent la trépanation, au moins dans les cas complexes.

Peut-être le malade serait-il plus empressé à faire soigner carie et séquestre, s’il avait, comme la plupart des auristes, la conviction que l’on s’oppose ainsi au développement fatal d’une phthisie consécutive (Schwartze, de Trœllseh), à ne parler que des accidents éloignés et tardifs. Nous avons vu à l’article Otorrhée que la phlébite du sinus, la méningite, les abcès intracérébraux et intracrâniens reconnaissent très fréquemment pour cause les affections de l’apophyse mastoïde. (Brouardel, Guerder, A. Robin.)

(1) Schwartze and Eisell, Archiv fur Ohrenheilk. Leipzig, 1873, Bd I, p. 176. .

(2) Lucæ, Archiv fur Ohr. Bd 1, 1873.

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