CHAPITRE
PATHOLOGIE
Article Ier. — Anomalies, difformités.
On a observé : l’absence partielle ou totale du pavillon de l’un ou des deux côtés, avec l’audition conservée ou non, le reste de l’organe étant ou non normal; des pavillons surnuméraires; des arrêts de développement, l’organe étant réduit à un repli cutané, à un bourrelet, à un bouton (Birkett, Nélaton, Toynbeo). J’en ai rencontré quelques cas chez les sourds-muets. En 1876, avec Vidal, j’ai examiné un sujet de 21 ans, qui n’offrait à gauche qu’un vestige de pavillon ; son méat n’était pas ouvert et sa mâchoire était déviée de ce côté ; il était absolument sourd à gauche. On a noté l’excès de volume du pavillon (1 cas, opération par Marlino : excision d’un lambeau triangulaire).
Article II. — Blessures, plaies, décollements, arrachements.
Les parties divisées doivent être suturées au plus vile (Béreuger-Féraud, Duplay); les plaies contuses, les morsures, subissent le même traitement, aussitôt les eschares tombées (Nélaton).
(1) Thompson, Ann. of Am yr. otology et Lond. graphie, 27 sept. 1879.
OHEILLE EXTERNE. — PAVILLON.
Le pavillon a pu être recollé, alors qu’il avait été entièrement détaché du crâne (Beck).
Chez un vieillard, je viens de recoller le pavillon presque entièrement détaché et tombé sur le cou, après une chute dans un escalier, dans laquelle la tête passa entre deux barreaux de la rampe.
Article III. — Affections cutanées.
Le pavillon étant un repli cutané peut être atteint de toutes les affections de la peau; et dans l’enfance, c’est presque un lieu d’élection des manifestations diathésiques (gourmes, croûtes de lait, etc.). L’érysipèle, l’engelure, l’impétigo, l’eczéma, le lupus, les syphilides, le cancroïde, etc., sont les affections qu’on y trouve le plus fréquemment.
A. — Phlegmons et abcès.
Ils s’observent le plus souvent sur le lobule, sur le trajet de la boucle d’oreille.
B. — Ulcérations.
Avec ou sans dénudation et sphacèle du cartilage. Elles succèdent aux brûlures profondes, aux engelures, aux scrofulides graves.
Constantin Paul a montré que chez les scrofuleux on trouve très fréquemment le lobule déchiqueté, fendillé, découpé par les cicatrices de sections uniques ou multiples faites par la boucle d’oreille : pour lui ce signe est de même valeur que les taches cornéennes et les engorgements écrouelleux : on trouvera cependant ces cicatrices et cette déformation sans scrofule.