SURDITÉ ET TUBERCULES, ET SCROFULES
Article III. — Surdité bans la pellagre et la fièvre des foins.
L’affaiblissement de l’ouïe, et même la surdité totale ont été signalés dans la pellagreà la deuxième période, au milieu des autres signes d’affection du système nerveux, un peu avant la période paralytique (t).
On a noté la surdité par otite catarrhale dans la fièvre des foins (2).
Article IY. — Surdité et tubercules, et scrofules.
L’otorrhée et la surdité sont des manifestations précoces de la diathèse tuberculeuse. J’ai vu dans une famille de tuberculeux une otorrhée avec paralysie faciale chez un enfant de huit mois, l’écoulement datait des premiers jours delà naissance. J’ai des pièces de nouveau-nés où le tympan est perforé et le périoste déjà décollé par une fusée purulente sur l’écaille temporale, ou sous la dure-mère.
Cette otite a un cachet spécial, le plus souvent, le sujet vient annoncer que son oreille coule, sans douleur, sans fièvre, sans accident : le processus ulcératif a évolué sans bruit, il ne reculera plus.
Ces malades meurent plus tard tuberculeux et naissent de tuberculeux. Ce fait est tellement fréquent, et cette otorrhée ou cette surdité prodromiques si caractéristiques, qu’on a droit de s’étonner de ne les voir signaler que depuis le livre de de Trœltsch. Cet auteur a même pensé que le pus olorrhéique, par une sorte d’auto-infection, est absorbé et cause l’infection purulente générale (de Trœltsch).
Atrophie, ulcération de la muqueuse, dénudation des os et nécrose du rocher : telle est l’évolution tuberculeuse. L’otorrhée fréquemment tubaire explique la punaisie. Grisolle a trouvé dans la caisse une masse tuberculeuse.
(1) Th. Roussel, De la ■pellagre et des pseudo-pellagres, Paris, 1866. — Brlerre de Boismont, Journal complémentaire, 1834. — Jourdan, art. Pellagre du Dict. des sciences méd. — Cazenave, Traité des maladies de la peau.
(2) Giffo Nierre, Arch. f. Ohren., t. XVII, 1 et 2, 1881.
Les lésions auriculaires graves de la scrofule se développent le plus souvent à la suite de pharyngites et de rhinites chroniques scrofuleuses, végétantes, proliférantes, sécrétantes. C’est ainsi que se développent la plupart des surdités de l’enfance et de l’adolescence qui ne reconnaissent pas pour cause une fièvre éruptive. Obstruction des trompes, ramollissement du tympan, perforations, fongosités, polypes, otorrhées interminables, telles sont les lésions, lentes à évoluer, récidivant avec facilité, et qui reçoivent de chaque maladie de l’enfance une aggravation qui conduit peu à peu et fatalement à la surdité complète, si les soins, répétés avec ténacité et conviction pendant toute la période de croissance, ne viennent au secours de ce locus minons resistentiæ.
Article V. — Surdité et syphilis.
Toutes les parties de l’oreille peuvent être frappées par la syphilis. La syphilis du conduit a été étudiée en détail (Voy. Conduit auditif) ; nous nous occuperons surtout ici de la syphilis de l’oreille profonde et de la syphilis héréditaire.
Les accidents secondaires de la vérole apparaissent à la gorge, au-dessus des amygdales et derrière les piliers : le malade en même temps se plaint de surdité, soit des deux, soit d’un seul côté ; on trouve alors les signes de l’otite subaiguë (1) d’origine pharyngée. Il y a au début peu de lésions au tympan ramolli, translucide, concave, à travers lequel la rougeur vive de la paroi labyrinthique se montre. Plus tard, l’opacité, l’enfonçure, puis la suppuration arrivent faute de soins spéciaux. Aucune tendance à guérir par les traitements ordinaires, et amélioration rapide par le traitement spécifique local et général aidé par des insufflations de Politzer (précautions contre la contagion).
La surdité ne persiste que si le traitement régulier n’a pas été suivi avant la période de suppuration et de destruction des tissus auriculaires ou de la sclérose.
La syphilis tertiaire du pharynx retentit sur l’organe de
(1) Voy.- 'Otite aiguë.