DIAGNOSTIC, DEGRÉS, SIMULATION, SOURDS PARLANTS
Mie de la mère. — Il faut le dire bien haut, il faut que les mères le sachent : la perte de la parole chez les jeunes enfants atteints de surdité dépend autant de l’entourage de l’enfant que de son infirmité. On croit aussi trop facilement à la surdité de naissance; c’est une condamnation sommaire de l’enfant, et une excuse de l’incurie, de l’indifférence des mercenaires, et de certains parents.
Qu’ arrive-t-il ? l’enfant est abandonné à lui-même ; on cesse de lui parler, de lui crier, s’il le faut, aux oreilles ; et puis cela devient inutile, car la maladie auriculaire négligée a fait chaque jour des progrès; et l’assourdissement devenant complet, c’est par signes bientôt qu’on lui parle, et lui ne comprend plus que les gestes; il ne cherche plus à parler, et les occasions de s’instruire, de répondre étant nulles, son langage se limite à quelques mots, papa, maman; puis bientôt sa voix s’altère; elle perd tout accent; c’est un grognement ; enfin après un temps plus ou moins long, la voix est aphqne. i
Qui ne voit qu’il eût fallu, dès le début de la surdité, si pleine de menaces pour l’avenir à cet âge, continuer l’éducation de la parole par la méthode orale pure, tout en soignant . l’affection cause de là surdité ?
Cependant il est juste d’avancer qu’à cet âge (au-dessous de 7 ans) la méthode orale est difficile à appliquer. De l’aveu de tous les maîtres, c’est à huit ans que l’on débute dans les meilleures conditions pour l’enseignement de la parole par la parole. Beaucoup de parents intelligents sont alors conduits à user des méthodes mixtes et s’en trouvent bien ; il y a là un desideratum qu’il importe de signaler.