HISTORIQUE
C’est le père de la méthode orale.
En 1778, Heinike ouvre à Leipsig la première école allemande pour l’enseignement de la parole.
A peu près à la même époque, en Angleterre, Thomas et John Braidwood enseignent l’articulation et la lecture sur les lèvres (vox oculis subjecta, 1783).
En France, au dix-huitième siècle, Jacob Rodrigue Pereire apprend à parler à quelques sourds-muets (1) ; il est regardé, dit Houdin, comme le fondateur de l’école française de la parole (1749 à 1768).
A la même époque, l’abbé de l’Épée déclare que l’unique moyen de rendre les sourds-muets à la société est de leur apprendre à lire des yeux, et à s’exprimer de vive voix. Cependant l’abbé de l’Épée n’a jamais pensé faire de l’étude de l’articulation et de la lecture sur les lèvres un enseignemont fondamental et exclusif; l’écriture était la base de son système d’éducation, et la dactylologie la clé de la langue écrite.
En 1779, l’abbé Deschamps publia un cours élémentaire d’éducation à l’usage des sourds-muets. Ses procédés participaient des systèmes d’éducation de Wallis et d’Amman.
Cependant, la tradition de la méthode orale était conservée en Allemagne et tendait à devenir la méthode exclusive. Les brillants résultats obtenus en ce pays provoquent l’abandon des autres méthodes et l’adoption de la méthode orale, en Italie. En France, l’école de Péreire, l’école française de la parole continuait la tradition avec succès. On doit citer aujourd’hui Houdin (2), Magnat (3),Hugentobler, l’abbé Grimaux,
(1) Voy. Ed. Seguin, J. R. Pereii'e, premier instituteur des sourdsmuets en France, sa vie, ses travaux, analyse raisonnée de sa méthode, Paris, 1847.
(2) Houdin, La parole rendue aux sourds-muets et l'enseignement des sourds-muets par la parole, 1865.
(3) Marius Magnat, L'enseignement de la parole articulée aux sourdsmuets: Cours eT articulation, Paris, 1874, Sandoz et Fischbacher ; Cytologie, 5e édition, 1872, — Premier livre de lecture, 1873. — Deuxième livre de lecture, 1874. — Méthodes et procédés, plan d'études, 1879. — Organisation des Écoles de sourds-muets, 1880. — En-
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comme ayant exclusivement mis en œuvre, dans leurs écoles privées, les procédés de l’enseignement de la parole par la parole, et les principes de la méthode orale pure.
L’enseignement officiel de la méthode orale, donné depuis quelques années à l’école de Bordeaux, est définitivement organisé à l’institution des sourds-muets de Paris, depuis le célèbre congrès international de Milan (1880). Cette réforme attendue est surtout due aux travaux de M. Claveau, si savant, si consciencieux, dont le rapport au ministre a décidé l’emploi exclusif de la méthode orale et l’adoption de toutes les modifications contenues dans les décisions du congrès de Milan. M. Peyron, directeur de cette institution, travaille avec autant de persévérance que d’habileté à la transformation fondamentale de l’enseignement des sourds-muets (1882).
Grâce à une incurie de vingt ans, tout est à faire dans cette voie : professeurs à créer; élèves à classer ; traditions vieillottes à abandonner. Pourquoi rester hors du ministère de l’instruction publique, alors que l’expérience a sûrement et trop montré des résultats, dont on n’a pas eu à s’enorgueillir? Sommes-noüs ici en présence d’une garderie, ou d’un institut technique bien défini ? Enfin, nous, médecins, n’avonsnous pas le droit de nous étonner de voir ainsi stériliser l’enseignement médical des affections de l’oreille?
geignement du premier âge , 1881. — De l’impossibilité de l'enseignement du sourd-muet dans l’École primaire, 1882.