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C. — Tumeurs fibreuses

On les trouve au lobule presque exclusivement, Triquet mentionne un cas où elle siégeait sur la conque. M. 0. de Saint- Vel a observé ces tumeurs très fréquentes chez les négresses, sous les tropiques, et rapporte leur développement à l’irritation continue due aux pesantes boucles d’oreilles dont les femmes de ces régions chargent leurs lobules (Duplay, Dolbeau). J’ai vu deux fois une induration fibreuse énorme

(1) Charcot, Sur les concrétions crétacées de l’oreille externe chez les goutteux. ( Comptes rendus Soc. Biologie, mai 1860.)

5 à 6 centimètres de hauteur, et 4 à a de largeur et 3 d’épaisseur) chez une jeune femme atteinte d’eczéma scrofuleux à répétition, depuis de longues années ; la tumeur solide persista après la guérison de l’affection cutanée. On trouve fréquemment des indurations sur le trajet de la boucle d’oreille.

D. — Tumeurs sébacées.

Ce sont des tumeurs développées sur les glandes sébacées si abondantes au bas du sillon auriculo-mastoïdien ; on en voit dans la conque également (1).

E. — Tumeurs érectiles ; varices artérielles.

Dans un fait d’anévrysme spontané du pavillon de l’oreille droite, suivi d’hémorrhagies, on se décida à faire la ligature de la carotide primitive, qui amena la guérison (Dr Weinlochner, de Vienne) (2).

Quant aux varices artérielles, elles intéressent plus le chirurgien que le médecin auriste, et nous renvoyons aux traités spéciaux pour leur étude.

F. — Cancer.

Sédillot, Bouisson, Velpeau, Demarquay, Orne Green, Campbell, Duplay, Lafargue, Treillet, ont surtout observé le cancroïde sur le pavillon ; les cancers encéphaloïdes, plus rarement primitifs, envahissent l’oreille après absorption des régions voisines superficielles ou profondes (cancer de la dure-mère, etc.). La maladie est rare; cependant, Treillet (3) a publié 11 observations, Orne Green (4) en publie 18 cas; sans doute ils ont des faits communs.

(1) Toynbee, Sebaceous tumours in the auditory Meatus. [Med. chir. transact., t. LIV, p. 51, 1862.)

(2) Weinlochner, Monatsch. f. Orhen. 1877.

(8) Treillet, Thèse, 1882.

(4) Orne Green, American Journal of otology.

L’épithélioma débute par une élevure ou des élevures verruqueuses, sèches et solides, résistantes, qui finissent par s’ulcérer et par envahir peu à peu tout l’organe et gagner les régions péri-auriculaires (ganglions).

Duplay a vu la marche envahissante extrêmement rapide ; de même Sédillot en 1869. On trouve un cas où l’épithélioma s’est développé à la face interne du tragus. Il avait la forme et l’aspect d’un gros furoncle à son début (I).

L’engorgement et l’envahissement des ganglions voisins est un des caractères cliniques de la lésion. Treillet et Orne Green ont constaté qu’il succède fréquemment à des poussées répétées d’eczéma , soit d’impétigo , soit à un psoriasis.

Le traitement au début, alors que le mal est limité, consiste à détruire la tumeur par la cautérisation , ou bien à l’extirper dans un lambeau en V pris au pavillon ; on peut enlever le pavillon en totalité dans certaines conditions de siège de la tumeur ; il existe des cas de guérison à cette période initiale.

G. — Lymphadénome.

Notons une belle observation de M. Témoin (2). L’examen histologique a été fait par M. Malassez, après extirpation de la tumeur. Celle-ci offrait les caractères cliniques suivants : c’était une tumeur de la grosseur d’un œuf de pigeon, siégeant sur le bord libre du pavillon, au-dessus du lobule ; elle avait débuté sur le bord par une petite élevure indolore, grosse comme une lentille : la tumeur était de consistance du lipome, d’un rouge violacé et plus foncé au centre ; elle était indolore totalement.

(1) American journal of otology, oct. 19, p. 303.

(2) Citée dans l’article Oreille du Dict. des sciences médicales.

ANATOMIE

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