ÉVOLUTION, PRONOSTIC ET TRAITEMENT
pleural; le pronostic est donc bon; toutefois, chez l'enfant, la pleurésie, même aiguë, peut entraîner ultérieurement des déformations du thorax, de la rétraction du côté atteint et de la scoliose à concavité regardant de ce côté.
Le traitement sera surtout symptomatique; il faut calmer la toux par des infusions ou des préparations calmantes; il faut calmer le point de côté, s'il existe, par des cataplasmes sinapisés ou des applications de glycérine ichtyolée ; il faut donner à l'enfant une alimentation légère, des boissons diurétiques ; il faut imposer le séjour au lit. Dans la période fébrile, il est inutile d'évacuer le li([uide s'il n'est pas très abondant, car il se reforme rapidement ; la ponction évacuatrlce ne sera pratiquée que si l'abondance du liquide entraîne un déplacement considérable du cœur, ou l'abaissement du foie, avec ou sans gène respiiatoire. Tant que l'espace de Traube n'est pas mat (dans les pleurésies gauches), tant que la matité ne dépasse pas l'épine de l'omoplate et tant que la région antérieure du thorax reste sonore, il n'y a pas en général avantage à recourir à la thoracentèse. 11 n'en est plus de môme quand l'épanchemcnt tarde à diminuer, bien que la fièvre ait disparu depuis déjà plusieurs jour's; la ponction hâtera alors la guérison. Mais il est bien rare chez l'enfant que la résorption ne se fasse pas spontanément.
2° Pleurésies séreuses tuberculeuses. — Bien que cette pleurésie soit en général plus tenace que la pleurésie séreuse aiguë, elle partage sa bénignité en ce qui concerne le pronostic immédiat. Elle n'a de gravité qu'en tant que révélant la présence du bacille de Koch dans l'organisme.
Le traitement ne diffère pas de celui de la pleurésie non tuberculeuse; il faut seulement y ajouter le traitement général de la tuberculose.
3° Pleurésies purulentes à pneumocoques. — De toutes les pleurésies purulentes, c'est celle qui comporte le meilleur pronostic. Elle a une tendance naturelle à s'enkyster ; elle se transforme alors en pleurésie partielle. Les pleurésies purulentes interlobaires sont pour ainsi dire toujours des pleurésies à pneumocoques.
Ainsi enkystée, la pleurésie purulente à j)neumocoques peut persister longtemps ; ce n'est pas sans altérer notablement l'état général, sans causer de la toux, de l'affaiblissement, de la pâleur souvent presque verdàtre, de la déformation hippocratique des extrémités digitales, et des oscillations plus ou moins marquées de température.
Si la pleurésie est laissée à elle-même, il peut survenir diverses éventualités :
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a. La résorption se fait spontanément. C'est une terminaison exceptionnelle sur laquelle il ne faut jamais compter, et d'autant moins qu'il s'écoule plus de temps depuis le début ;
h. La pleurésie s'enkyste, et le pus enkysté se fraye un passage au dehors, soit vers les bronches {vomique), soit vers la peau [empyèmc de nécessité). Chez k'enfant, les grandes vomiques sont rares, mais on voit assez souvent se faire de petites vomiques partielles, se répétant chaque matin, ou plusieurs fois par jour. Elles passent d'autant plus facilement inaperçues que l'enfant avale souvent ses crachats. La vomique n'est que rarement suivie de pneumothorax j)ai*liel. En général, la cavité se vide sans que l'air y pénètre, ce qui tient à la rétraction facile des parois thoraci(iues de l'enfant qui met obstacle à l'appel de l'air. Aussi la vomique est-elle souvent un mode de guérison de la pleurésie à pneumocoques chez l'enfant. L'empyème de nécessité se voit rarement chez lui. Son ouverture spontanée est suivie de fistulisation interminable, qui épuise le petit malade et l'expose à des infections secondaiies ;
c. Si la pleurésie n'aboutit pas à l'une des terminaisons ci-dessus, elle se prolonge indétiniment, et cachectisant l'enfant, elle finit par entraîner' la mort. Exceptionnellement l'enkystement se fait à tel point que le kyste se comporte comme un corps étranger avirulent. il ne contient qu'une émulsion graisseuse parsemée de paillettes de cholestérine et peut ainsi persister indéfiniment sans dommage appréciable pour la santé générale. Mais cet enkystement total est très rare.
En résumé, la pleurésie purulente à pneumocoques peut exceptionnellement guérir d'elle-même, soit par résolution spontanée, soit par vomique, soit par enkystement total. Mais ces terminaisons heureuses sont rares. Il ne faut pas compter avec elles. En principe, il faut toujours évacuer le contenu d'une pleurésie purulente à pneumocoques dès qu'elle est reconnue.
Cette évacuation peut se faire de deux manières : 1° par aspiration avec Faiguille de l'aspirateur Dieulafoy ou de l'aspirateur Potain ; 2° par thoracotomie avec ou sans résection costale.
La ponction évacuatrice est plus simple ; elle n'expose pas à la pénétration de l'air ni d'agents septiques dans la poche ; elle ne fatigue aucunement l'enfant. 11 faut la faire avec un gros trocart, car une aiguille fine se boucherait facilement à cause de la viscosité du pus à pneumocoques et à cause des fausses membranes qu'il contient. Il faut évacuer le plus de pus possible. La ponction est en général suivie d'une amélioration durant quelque temps. Malheureusement, le plus souvent, le pus, ou bien ne peut pas être complètement