‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 110 sur 263 · ÉVOLUTION, PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION, PRONOSTIC ET TRAITEMENT

évacué, ou bien a tendance à se reproduire. On peut encore, si Tenfant n'est pas trop affaibli, essayer d'une seconde ponction sept à huit jours après la première. La proportion des pleurésies pneumococciques guérissant après une ou deux ponctions est assez grande pour qu'il faille toujours commencer par essayer ce mode d'évacuation. Si le pus se reforme en quantité notable après la seconde ponction, il ne faut plus compter que sur la thoracotomie.

Ldi thoracotomie sera faite d'emblée en cas d'empyème de nécessité lîstulisé, ou en cas d'intoxication piofonde ne permettant pas d'exposer l'enfant au retour du mal après la ponction. En dehors de ces cas, la thoracotomie ne doit être faite qu'après échec de la ponction. Elle sera faite en généra] avec résection de 1 centimètre de côte, au niveau du point le plus franchement mat. Un gros drain sera mis dans la cavité pour assurer l'évacuation. 11 faudra le changer tous les jours. Les lavages pleuraux sont plus nuisibles qu'utiles. Au bout de quelques jours, on pourra raccourcir le drain, puis plus tard diminuer son calibre. 11 faut de six à dix semaines pour que la cicatrisation complète soit obtenue.

4° Pleurésies purulentes à streptocoques. — Elle s'accompagne d'un état général toxi-infectieux beaucoup plus marqué que les pleurésies à pneumocoques ; aussi son évolution est plus rapide, et la mort en est la terminaison habituelle si l'on n'intervient pas de façon précoce. Il ne faut pas s'attarder au traitement par la ponction, il faut faire la thoracotomie d'emblée.

11 faut également faire la thoracotomie d'emblée pour les mêmes raisons dans les pleurésies fétides à colibacilles ou à anaérobies.

5° Pleurésies purulentes tuberculeuses. Aboès froid pleural. — La pleurésie purulente tuberculeuse partage le pronostic grave de toutes les suppurations tuberculeuses étendues; elle en a l'évolution lentement, mais le pjus souvent fatalement progressive. Toutefois la guérison n'est pas impossible.

Les méthodes de traitement sont les mêmes que pour les abcès froids. Il faut se garder de la thoracotomie, qui aboutit à des suppurations interminables et entraîne fatalement, à un moment donné, l'infection secondaire de la plèvre, malgré toutes les précautions d'asepsie. 11 faut faire de^ ponctions répétées en n'enlevant chaque fois qu'une petite quantité de liquide, 300 grammes par exemple, et en injectant dans la plèvre des liquides modificateurs, eau oxygénée, éther iodoformé, naphtol camphré. 11 ne faut pas injecter plus de 2 ou 3 centimètres cubes de ces substances à la fois. La ponction suivie d'injection pourra êtie répétée tous les quatre à cinq jours.

Il faut y joindre le traitement général de la tuberculose.

260 ADÉNOPATHIE TRÂCIIÉOBRONGHIQUE.

Une forme particulièrement grave de la pleurésie tuberculeuse est la pleurésie pulsatile chronique. La pulsatilité est l'indice de la rigidité de la plus grande partie de la paroi pleurale et de l'absence à peu près complète d'expansion du poumon. 11 n'y a donc pas à espérer que la cavité pleurale se comble spontanément. Dans ces cas, on est autorisé à essayer Vopcralion d'Estlander, c'est-à-dire la mobilisation de la paroi thoracique par de larges résections costales; on pratiquera autant que possible la dccorUcation de la plèvre pulmonaire et pariétale. Il l'aut savoir que l'opération est grave par elle-même et qu'elle n'assui'e pas la guérison. Elle laisse du moins quelques chances de l'obtenir.

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