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III. - PÉRICARDITE AIGUË

Un article ultérieur étant consacré à la tuberculose du péricarde, un autre à la symphyse du péricarde, nous ne nous occupons dans celui-ci que de la péricardite aiguë non tuberculeuse.

Éiiologie. — Chez Fenfant nouveau-né, on peut observer la péricardite aiguë suppurée à la suite d'"mfection ombilicale ou de pyohémie généralisée; un peu plus tard, la péricardite, suppurée ou non, s'observe comme extension d'infections pleuropulmonaires, bronchopneumonies ou pleurésies suppurées, ou comme complication de fièvres éruptives. La scarlatine est la fièvre éruptive qui « aime » le plus le péricarde.

Toutefois, comme pour l'endocardite, c'est le rhumatisme qui est la cause de la plupart des péricardites de l'enfance ; aussi la péricardite s'observe-t-elle surtout à partir de l'âge où le rhumatisme commence à être fréquent, c'est-à-dire à partir de huit ou dix ans. La chorée peut, produire aussi la péricardite ; la péricardite choréique donne lieu aux mêmes considérations que l'endocardite choréique (Voy. Rhumatisme et Chorée). La proportion des complications cardiaques dans le rhumatisme articulaire aigu chez l'enfant serait la suivante : endocardite sans péricardite, 62 p. 100; endopéricardite, 14 p. 100 ; péricardite sans endocardite, 7 p. 100. On voit qu'environ les deux tiers des péricardites rhumatismales s'accompagnent d'endocardite.

Tandis que, chez l'adulte, la péricardite rhumatismale ne survient guère que dans la deuxième semaine d'une crise rhumatismale, chez l'enfant elle apparaît dès les premiers jours; on l'a même vue exceptionnellement précéder les manifestations articulaires.

Anatotnie pathologique. — La péricardite de l'enfant est plus aiguë, plus congestive, plus tibrineuse, plus généralisée que celle de Tadulte ; le liquide est plus coloré, plus riche en globules rouges, en globules blancs et en fibrine; les fausses membranes fibrineuses sont plus continues, plus épaisses ; aussi la production d'adhérences et la terminaison par symphyse sont-elles plus fréquentes que chez l'adulte.

Symptomatologie. — Les frottements, la matité de forme spé-

ciale, ramoindrissement des bruits cardiaques noiïrent chez l'enfant rien de particulier; la paroi de l'enfant, plus mince et plus souple, se laisse plus facilement repousser ; aussi note-t-on dans les grands épanchements une voussure de la région cardiaque qu'il est rare de voir chez l'adulte; on a noté aussi un signe spécial à l'enfant, la sensation de flot, qu'on constate en appliquant la main à plat sur la légion cardiaque ; on a alors une sensation d'ondulation due au déplacement du liquide à chaque contraction cardiaque. Enfin un troisième signe spécial à Fenfant, c'est la pseudo-pleurésie gauche {signe de Perret et Devic); le refoulement du lobe inférieur du poumon gauche le rend imperméable à l'air; aussi le murmure respiratoire est atïaibli, et la percussion donne de la submatité ou de la matité vraie ; mais, si on fait mettre l'enfant dans la position genu-pectorale prolongée quelque? minutes, la pseudo-pleurésie disparaît {signe de Pins). Plus rarement on trouve à la base gauche des signes de pseudo-congestion (submatité, souffle) disparaissant de même dans la position de Pins.

Évolutiou. — La péricardite purulente des jeunes enfants s'accompagne d'un état général infectieux grave et aboutit rapidement à la mort,

La péricardite rhumatismale a un début aigu avec fièvre, dyspnée, anémie rapide, angoisse précardiaque; toutefois les signes fonctionnels font assez souvent défaut, ou se confondent avec ceux de l'attaque articulaire ; il faut donc ausculter chaque jour le cœur des enfants en poussée rhumatismale pour ne pas laisser passer la péricardite. Qu'elle soit restée sèche ou qu'elle ait abouti à un épanchement même considérable, la péricardite rhumatismale peut, chez l'enfant, disparaître rapidement sans laisser de trace. Aussi aurait-elle en général un bon pronostic, si la terminaison possible par symphyse cardiaque n'était une éventualité redoutable. Contrairement à l'endocardite, qui laisse presque constamment le cœur en état d'infirmité permanente, mais compatible avec une vie prolongée, la péricardite ou bien disparaît sans laisser aucune trace, c'est l'éventualité la plus fréquente, ou bien laisse une symphyse totale ou partielle qui aboutit en un ou deux ans à la mort par asystolie (Voy. Symphyse

DU PÉRICARDE, p. 288).

Diagnostic. — Il est plus facile chez l'enfant que chez l'adulte, à cause de la minceur de la paroi thoracique, qui permet une appréciation plus facile des modifications de la séreuse, et à cause de l'existence de quelques signes spéciaux à l'enfant, voussure, flot, pseudo-pleurésie.

Traitement. — L'apparition d'une péricardite au cours d'un rhumatisme articulaire ne doit pas empêcher, au contraire, de conti-

288 SYMPHYSE DU PÉRICARDE.

nuer l'administration du salicylate jusqu'à la chute de la fièvre. En outre on fera au-devant du cœur une révulsion par des pointes de feu répétées chaque jour. Le repos absolu au lit dans le décubitus dorsal s'impose, ainsi que la diète lactée.

Il est rare qu'un épanchement môme considérable devienne assez dangereux par lui-même pour justifier la paracentèse du péricarde. Pourtant, si les bruits du cœur devenant insensibles et la matité très étendue, le pouls faiblit et les extrémités se cyanosent, il faudrait ponctionner le péricarde, dans le quatrième espace intercostal gauche, à 4 à 5 centimètres en dehors du bord gauche du sternum.

Les indications des médicaments toni-cardiaques sont les mêmes que pour l'endocardite.

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