‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 122 sur 263 · IV. - SYMPHYSE DU PÉRICARDE · texte numérisé non relu

IV. - SYMPHYSE DU PÉRICARDE

Étiolog^ie. — La symphyse tuberculeuse du péricarde sera étudiée à l'article Tuberculose du péricarde. Il ne sera donc question ici que de la symphyse non tuberculeuse. Si on néglige les très rares cas de symphyse à la suite des péricardites scarlatineuses, diphtériques, pyohémiques, on peut dire que la symphyse non tuberculeuse du péricarde succède toujours chez l'enfant à une péricardite rhumatismale, que celle-ci ait été ou non accompagnée d'endocardite.

Parfois il s'agit de péricardite rhumatismale sèche ou à léger épanchement, se prolongeant indéfiniment par poussées successives et aboutissant à la symphyse, sans qu'il ait été possible de dire à partir de quel moment les adhérences sont effectuées; parfois la symphyse fait suite à une péricardite aiguë avec épanchement ; celui-ci s'est résorbé; la fièvre est tombée; l'état de santé est revenu; mais, au bout d'un temps variable, quelquefois plusieurs mois, on s'aperçoit que le fonctionnement du cœur laisse de plus en plus à désirer ; il faut alors penser que la péricardite a laissé un reliquat sous forme d'adhérences.

Anatomie patholog^ique. — La symphyse est totale ou partielle; dans ce dernier cas, c'est seulement en une région limitée du cœur qu'existe une adhérence fibreuse, joignant cette région aux points correspondants du péricarde pariétal; cette adhérence a la forme d'une lame ou d'un trousseau fibreux, tantôt très court, tantôt long de quelques centimètres et permettant dans ce cas un fonctionnement suffisant du cœur. Ces symphyses partielles intéressent

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surtout la pointe ou la face antérieure du cœur; parfois elles portent sur les oreillettes ou les vaisseaux de la base.

Plus souvent la symphyse est totale ; les deux feuillets péricardiques, adhérant l'un à l'autre sur tout leur trajet, sont confondus en une lame fibreuse, épaisse de 3 à 5 millimètres, qui [)ar place se laisse encore avec ])(i\nv, dédoubler en deux feuillets. Souvent la face externe du péricarde adhère elle-même au sternum, et à la paroi costale, et le tissu du médiastin peut être plus ou moins pénétré de tractus fibreux.

Contrairement à ce qui se passe chez l'adulte, le myocarde enserré par la symphyse est chez l'enfant notablement hypertrophié, qu'il y ait ou non de l'endocardite concomitante; cette hypertrophie s'accompagne de dilatation, assez marquée parfois pour entraîner des insui'lisances fonctionnelles des orifices cardiaques.

Symptomatologie. — Les signes physiques de la symphyse cardiaque sont aussi aléatoires chez l'enfant que chez l'adulte. La dépression systolique de la région précordiale, le choc diastolique, les ondulations précordiales, l'affaissement systolique ou diastolique, inspiratoire ou expiratoire des jugulaires, ou du pouls radial sont inconstants; ils se voient souvent chez l'enfant, en dehors de la symphyse cardiaque, dans les hypertrophies cardiaques volumineuses consécutives aux endocardites du jeune âge.

Le meilleur signe physique de la symphyse est l'invariabilité de la situation du cœur dans les diverses positions. Elle se manifeste : 1" par la fixité du choc de la pointe quand on fait passer l'enfant du décubitus dorsal au décubitus latéral droit ou gauche; à l'état normal, au contraire, la déviation atteint 4 à 5 centimètres dans cette dernière position (Voy. p. 271) ; 2"* par la fixité de la figure de matité du cœur, déterminée par la percussion dans les diflerentes positions, debout, ou couché sur le dos ou sur le côté ; 3° par Vinvariabililc de C ombre cardiaque dans les différentes attitudes à l'examen radioscopique.

Mais le symptôme vraiment caractéristique de la symphyse chez l'enfant, c'est Vasystolie progressive, hâtive, rebelle aux traitements. En l'absence de symphyse, l'enfant supporte longtemps relativement bien des lésions graves d'endocardite. L'asystolie est tardive, légère, et, dans les premières attaques du moins, cède facilement au traitement. Quand il y a symphyse au contraire, avec ou sans endocardite concomitante, les œdèmes malléolaires arrivent sans tarder ; la congestion du foie est précoce ; le foie prend des dimensions énormes très rapidement. C'est au point que, dans les cas où l'endocardite fait défaut, le foie peut paraître l'organe primitivement altéré, Apert. — Précis des Mal, dos Enfants. 19

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