V. - TUBERCULOSE DU PÉRICARDE
(Péricardite tuberculeuse, symphyse cardiaque tuberculeuse).
La granulie péricardique et les tubercules disséminés du péricarde dans la tuberculose disséminée chronique n'ont pas d'histoire
clinique et ne nousariêteront pas. La péricardile tuberculeuse clini- (|uement primitive, souvent compliquée de symphyse cardiaque, mérite au contraire un article ; elle n'est pas, il est vrai, spéciale à l'enfant, mais elle présente chez lui quelques particularités étiologiques et symptomatiques.
Étiologie. — La cause immédiate de la péricardite tuberculeuse chez l'enfant est V ensemencement de la séreuse péricardique par un ganglion médiastinal casécux contigu ; aussi le médiastin est-il souvent atteint en même temps que le péricarde ; il y a soit des adénopathies volumineuses du médiastin, soit une médiastinite caséeuse plus ou moins étendue. Le péricarde lui-même est épaissi sur ses deux faces, infiltré de matière caséeuse ; les deux feuillets caséeux entrent en contact en certains points et sont séparés en d'autres par des poches contenant un liquide louche où flottent des débris caséeux ; il y a tous les degrés entre la péricardite tuberculeuse avec épanchement et la symphyse tuberculeuse totale. Le myocarde est altéré dans ses couches superficielles.
Contrairement à ce qui se passe dans la péricardite rhumatismale infantile (avec ou sans symphyse), le cœur est peu hypertrophié dans la tuberculose du péricarde. De là une différence remarquable dans la symptomatologie.
Symptômes. — Le début est insidieux, et le plus souvent c'est un dépérissement général, la fatigue facile, l'anéantissement, la dépression (jui attirent l'attention. On examine l'enfant, on trouve iun peu d'œdème malléolaire, un foie volumineux, un ventre ballonné, quelquefois un peu d'ascite ou encore de Thydiothorax. Les veines superficielles de l'abdomen sont grosses et multipliées; il en est de même sur le thorax; les veines jugulaires sont volumineuses. L'examen du cœur est trompeur. Le plus souvent l'aus- Icultation du cœur ne révèle aucun bruit anormal, mais seulement un affaiblissement des bruits; le choc du cœur est faible; il est difficile de sentir le choc de la pointe.
L'évolution est rapide ; les symptômes asystoliques augmentent rapidement; l'œdème des jambes, la stase pulmonaire, la dyspnée apparaissent. L'enfant meurt en asystolie sans que la maladie ait duré plus de cinq à six mois, surtout si la péi'icardite a entraîné la symphyse.
Diagnostic. — 1° Forme cardiaque. — Quand les phénomènes de dyspnée, d'œdème des jambes, de stase pulmonaire attirent l'attention sur le cœur, et qu'on ne trouve aucun symptôme d'endocardite, pas d'éréthisme cardiaque, pas d'hypertrophie, et au contraire un affaiblissement des bruits, il faudra songer à la péricardite tuber-