PARTICULARITÉS QUI S^OBSERVENT CIÎEZ LES NOUVEAU-NÉS
canal veineux d'Aranzi. Ce canal ne s'oblitère que dans le courant de la deuxième semaine et d'autant plus tardivement que l'enfant est plus faible. Cela explique que l'ictère est d'autant plus prononcé que l'enfant est plus faible, et d'autant plus persistant que l'enfant se développe moins bien.
Desquamation physiologique du nouveau-né. — Dans les jours qui suivent la naissance, la peau est le siège d'une desquamation épithéliale plus ou moins marquée selon les sujets; cette desquamation physiologique des nouveau-nés se réduit parfois à une poussière farineuse ; plus souvent elle se fait par très minces lamelles épithéliales, qui s'enroulent fréquemment sur elles-mêmes en rouleaux et sont le plus souvent orientées transversalement par rapport à l'axe du corps ou des membres. Cette desquamation est terminée vers le cinquième ou sixième jour. Tant qu'elle dure, il est bon de poudrer toute la surface du corps avec une poudre inerte : amidon, ou mieux talc, lycopode, sous-nitrate de bismuth.
Taches ectasiques fronto-palpébrales. — Les paupières et parfois le front des nouveau-nés présentent souvent des taches planes rougeâtres, presque vineuses, plus ou moins larges, à bords irréguliers. Elles sont parfois petites et plus ou moins nombreuses; d'autres fois, une large plaque couvre le front et descend plus ou moins bas sur la partie supérieure de la face. La pression, la tension de la peau font disparaître complètement la teinte rouge. La coloration de ces taches ne tarde pas à s'atténuer, et, dès le deuxième ou troisième mois, elles ont disparu. Il s'agit de simples ectasies A^asculaires passagères, bien difTérentes des nœvi vasculaires congénitaux, qui ont une teinte plus foncée ne s'efTaçant pas complètement par la pression, des bords plus accusés, et souvent une saillie plus ou moins marquée. Ces taches méritent le nom de taches ectasiques froutopaJpébrales des nouveau-nés. On observe parfois d'autres taches semblables à la nuque.
Milium facial. — Il est très fréquent de voir le bout du nez des nouveau-nés couvert de petits points blancs à peine saillants, enchâssés dans le derme, tranchant par leur coloration blanc mat avec la teinte rosée de la peau avoisinante.
Us sont constitués par une desquamation épithéliale qui emplit les follicules sébacés ; on en rencontre parfois aussi au menton et aux joues; ils disparaissent vers la fin du premier mois. C'est le milium facial des nouveau-nés.
Poils frontaux. — Une autre particularité encore, qui peut être remarquée sur la figure du nouveau-né, est l'existence sur la région frontale d'un grand nombre de petits poils rudes et effilés, de quelques
millimètres de long, visibles surLout chez les enfants à chevelure brune. Cette disposition rappelle celle des anthropoïdes, dont les cheveux viennent jusqu'aux arcades sourcilières ; en général , ces poils frontaux disparaissent après trois ou quatre semaines.
Poils sacrés. — Assez souvent on remarque, au niveau de la région coccygienne. un petit pinceau de poils, surtout développés quand il existe un infundibulum coccygien ou un spina bifida sacré occulta, mais existant la plupart du temps en dehors de ces malformations {pilosité sacrée).
Filet. — Le frein de la langue, ou filet, est souvent court chez le jeune enfant. On pensait autrefois que cette brièveté pouvait gêner la succion. On y remédiait de la façon suivante : on soulevait la langue avec le pavillon de la sonde cannelée, en ayant soin d'introduire le frein dans la rainure médiane de ce pavillon, rainure faite exprès pour cet usage ; puis on coupait aux ciseaux le frein ainsi tendu.
Cette petite opération est tombée en désuétude depuis qu'on a reconnu que la longueur du frein s'adapte toujours à l'étendue des mouvements de la langue.
Milium palatin. — A la naissance et au cours des premières semaines, on aperçoit très souvent sur le raphé de la voûte du palais des points blanc jaunâtre, gros comme des grains de millet, saillants, sphériques, enchâssés dans la muqueuse du raphé. Il est beaucoup plus rare d'observer ces productions sur les côtés de la voûte, près des arcades dentaires. Guyon et Thierry ont montré qu'il s'agit de kystes épidermoïdes, résultat d'inclusions de la muqueuse. Ces productions guérissent d'elles-mêmes par évacuation spontanée de leur contenu ; elles n'apportent du reste aucune gêne à la succion.
Cordon ombilical. — Chez les enfants vigoureux et bien nourris, la portion du cordon ombilical laissée adhérente après la section se déshydrate peu à peu, diminue de volume, se rétracte, se dessèche, prend une teinte brunâtre et une consistance cornée. Au point où la peau de l'ombilic se termine sur la base du cordon, un sillon se dessine, et, vers le cinquième ou sixième jour, le cordon se détache.
Comme, en général, la peau . ombilicale remonte un peu le long de la base du cordon, en lui formant un fourreau de 5 à lo millimètres de hauteur, il reste après la chute du cordon une saillie cutanée flasque au niveau de l'ombilic; la portion centrale de ce bourrelet n'est visible qu'en déprimant la peau périphérique, comme on déprime le fourreau de la verge pour mettre le gland à découvert. Dans les premiers jours qui suivent la chute du cordon, cette surface est rose rougeâtre et un peu humide ; ensuite sa colo-