TROISIÈME SECTION MALADIES DU THYIVIUS
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Le thymus est un organe propre à Fenfance ; bien développé à la naissance 6 à 10 grammes, il conserve ce poids jusqu'à la deuxième année. Puis il s'atrophie, ne pèse plus que 3 grammes à cinq ans; à la puberté, on n'en trouve plus que des traces perdues dans le tissu cellulo-adipeux du médiastin antérieur.
HYPERTROPHIE DU THYMUS.
Les chitrres donnés ci-dessus relativement au poids du thymus sont des moyennes autour desquelles les variations individuelles sont très considérables, il n'est pas rare de rencontrer, chez des enfants des deux premières années, des thymus atrophiés pesant à peine 2 ou 3 grammes, ou inversement des thymus volumineux pesant jusqu'à 30 grammes. Une telle augmentation de volume n'entraîne souvent aucun symptôme particulier. Toutefois on a cru noter une relation entre des morts inexpliquées survenues subitement chez des enfants de belle apparence et le volume exagéré du thymus. Le mécanisme par lequel le thymus hypertrophié provoquerait la mort est du reste obscur. S'agit-il de compression directe avec aplatissement de la trachée. Ce mécanisme paraît réel dans certains cas ; dans un cas de M. Marfan, l'enfant avait présenté depuis la naissance du cornage trachéal inspiratoire et expiratoire par compression de la trachée ; il mourut à dix-neuf mois d'une crise brusque d'asphyxie; le thymus pesait 22 grammes, malgré l'émaciation de l'enfant; l'organe était ferme, rouge, et fit hernie lors de l'incision de la peau du cou. Mais la plupart des morts subites attribuées à l'hypertrophie du thymus ne sont pas précédées de symptômes témoignant d'une compression trachéale.
On a invoqué aussi la compression des nerfs du médiastin antérieur,
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susceptible de provoquer un accès brusque de spasme de la glotte. Mais il faudrait admettre que ce premier accès serait toujours mortel, ce qui n'est guère admissible ; sinon on constaterait des accès antérieurs à celui qui a causé la mort, et cela ne se retrouve pas dans les observations.
Paltauf a pensé que Fhypertrophie du thymus n'est que la conséquence d'un état général, cause directe de la mort. Cet état général, qu'il appelle état hjmphatirjvc, se manifesterait cliniquement par une bouffissure du visage et une hypertrophie des amygdales et des ganglions accessibles au palper, analomiquement par l'hypertrophie générale des organes lymphoïdes, ganglions, rate, thymus. La mort arriverait par paralysie du cœur; la proportion anormale des sucs dans l'organisme lymphatique aurait pour conséquence des modifications telles, dans les centres présidant aux mouvements du cœur, qu'ils seraient constamment en imminence d'arrêt.
Pour Srehla, la mort aurait lieu par syncope; Vhyperthymisalion prédisposerait à la syncope.
En somme, la question de la mort subite chez les enfants et de ses rapports avec l'hypertrophie du thymus n'est pas encore résolue.