‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 17 sur 263 · INCIDENTS DE LA DENTITION · texte numérisé non relu

INCIDENTS DE LA DENTITION

Les incisives inférieures latérales sortent facilement vers la lin de la première année.

11 est (le règle que les premières molaires sortent avant les canines. L'éruption des molaires est prolongée parce que ces dents ne perforent pas la gencive suivant une ligne, comme les précédentes, mais en trois ou quatre points difïérents, par où les trois ou quatre tubercules de la couronne monlrentleur pointe. La gencive glisse peu à peu le long de ces pointes. Un pont de muqueuse reste parfois une ou deux semaines bridant la couronne, ce qui entretient Fétat d'aga-

Dentition de lait.

Les chiffres roma'ns indiquent, en mois, l'âgjde l'éruption; les chiffres arabes l'ordre de sortie.

Dentition permanente.

les chiffres romains indiquent, en années, l'âge de 1 erup tion ; les chiffres arabes l'ordre de sortie.

Fig. .S. — Schéma des éruptions dentaires.

cément et d'irritation de la gencive. Les premières molaires supérieures et inférieures sont sorties au milieu de la deuxième année.

Les canines sortent dans la seconde moitié de la deuxième année. La sortie s'effectue en général sans trop de difliculté. La mauvaise réputation des œillères (canines supérieures) à ce point de vue est bien surfaite.

La sortie des deuxièmes molaires, au début de la troisième année, présente les mêmes particularités que celle des premières molaires ; mais l'enfant, plus robuste, n'en est en général que peu incommodé.

Incidents de la dentition. — Autant il serait néfaste d'attribuer à la dentition la plupart des maladies des jeunes enfants, comme faisaient les médecins des derniers siècles, autant il est ridicule de nier que le travail de dentition n'a pas un rôle de prédisposition morbide, Apert. — Précis des Mal. des Enfants, 3

Il y a des enfants qui pei-cent toutes leurs dents sans s'en apeiccvoii', de même qu'il y a des femmes qui accouchent sans douleui' ; beaucoup plus souvent Tenfant dont la gencive est soulevée par la poussée dentaire est dans un étatd agacement et d'énervement dont Ya(jitatiun, les cris, Vinsoinnœ sont le témoignage.

Visiblement, la friction douce de la gencive avec la pulpe du doigt calme Tenfant ; on peut employer pour ces frictions un colluloiie de dentition dont voici la foi'mule :

Miel 200 grammes .

Eau 100 —

Tainaiin 30 —

Safi'an 3 —

Lorsque l'agitation nocturne est trop marquée, il est indiqué de la calmei'avec le biomure, qu'on cessera sitôt la dent dehors. On donne le soir une cuillerée à café de la potion suivante et une ou deux autres au besoin dans la nuit :

Bromure de sodium 2 grammes.

Sirop do Iluurs d'oranger iOO —

On voit souvent des enfants être atteints, pendant la poussée des incisives supéi'ieures, d'un écoulement séreux des fosses nasales, qui cesse avec l'issue de la dent et qui reprend quand pousse la dent voisine. J'ai vu deux enfants d'une même famille présenter à plusieurs reprises, lors de poussées dentaires, des vomissements incoercibles avec présence d'acétone dans l'urine. D'autres enfants ont en ces moments des selles diarrhéiques. On voit aussi des poussées fébriles que rien autre n'explique et qui cessent brusquement à la sortie de la dent.

La dentition est incapable de causer par elle-même des accidents plus graves. Les convulsions, les entérites, les bronchopneumonies ne paraissent pas beaucoup plus fréquentes au moment des poussées dentaires que dans l'intervalle. Tout au plus peut-on considérer les troubles nerveux et les troubles sécrétoires réflexes que nous avons signalés comme susceptibles de diminuer la résistance naturelle de l'enfant aux agents infectieux.

Colonne vertébrale. - La colonne vertébrale du nourrisson ne [)résente pas les inflexions cervicale, dorsale et lombaire que l'on observe chez l'enfant plus grand et chez l'adulte. A la naissance, sa direction est presque rectiligne ; l'inflexion cervicale s'ébauche quand l'enfant commence à tenir spontanément sa tête droite, vers le troisième mois ; l'ensellure lombaire ne débute

PÉDIOMÉTRIE. 35

qu'à parti I' du inonieut où l'eutanl commence à se di^ïsseï' sur ses jambes, vers le douzième mois, et ne s'accuse vi'aimenl ([u'à partit' de la h'oisième année.

Thorax. — Le thorax a son diamètre antéro-postérieur relativement très développé. A la naissance, il est aussi gi^and que le diamètr^e transverse (indice thor^acique =-. lOO). Au fur et à rnesur'c que le thymus diminue et que les poumons prennent plus d'impor-tance relativementau cœur et au (oie, le thorax s'élarj^it et s'aplatit. A deux ans, l'indice thoracique.est de 110 (140 chez l'adulte).

Par le fait de cet élargissement, les angles costaux s'accusent, les gouttièr-es vertébr^ales s'appr-ofondissent. En mômes temps, les c«>tes, d'horizontales qu'elles étaient, deviennent oblrijucs ; la partie inférieure du sternum se rapproche de la colonne verlébr^ale. Par- suite de ces modifications, le thorax passe insensiblement de la foiMTie de cône ti'onqué à section cii'culaire, qui est celle du nouveau-né, à la forme de cylindre à section ovalair-e, qui est celle du grand enfant et de l'adulte.

Bassin. — Le bassin est relativement très peu développé chez le nourrisson ; son ouverture supér'ieur^e se r^appr'oche du [)lan horizontal, et son axe est pr^esque vertical. Son diamètre antér'o-postérieur est égal ou supérieur au diamètre tiansveise; cette disposition pei'siste jusqu'aux appi'oches de la puberté.

Organes génitaux. — Chez le gaiTon, les testicules sont le plus souvent dans les bour'ses dès la naissance; après la poussée génitale des premières semaines (Voy. p. 29), les testicules se sentent comme deux petits corps olivair^es minuscules, non sensibles à la pr^ession.

Chez la petite fille, les gr'andes lèvres, peu développées, laissent à découvert le clitoris, qui est relativement gros à cette période de la vie.

Pédiométrie . — Voici quelques chiffres indiquant de six mois en six mois un certain nombre de mesurées faciles à pr-endre :

0 mois. 6 mois. 12 mois. 18 mois. 24 mois.

Taille 50 GO 70 74 78

Circonférence crânienne

maxima 3i 40 44 46 47

Circonférence t h o r a -

cique 31 38 44 50 54

Les mesures ci-dessus sont importantes à considér-er. 11 faut r-egar^dercommesignesde dépérissement un abaissement notable au-dessous de la normale des rapports de la circonféi'ence thoi*acique àlataille, ainsi qu'une augmentation de la cii'confér^ence ci'anienne relativement aux autres mesures.

Poids. — Plus iniporlant encoïc est le poids de Fenlant et ses variations. 11 est nécessaire de tenii' la courbe de poids du nourrisson, en le pesant, sinon tous les jours comme le nouveau-né, au moins toutes les semaines.

La figure 4 donne la courbe normale de poids dans les douze premiers mois. L'accroissement journalier moyen est de 25 grammes

Fit

Courbe de l'accroissement en poids, pendant tes douze premiers mois après la naissance.

dans les premiers mois, puis il tombe à 20 dans le second trimestre, à 15 dans le troisième, à 10 dans le quatrième, à 5 dans la deuxième année.

L'enfant double son poids de naissance au coui's du cinquième mois ; il le triple à un an ; il le quadruple peu après deux ans.

Page 1