FORMES ANORMALES
(lire toujours, quand ïincision cvacuatrice de l'abdomen est faite à temps. Dès qu'apparaît la tuméfaction hypogastrique, il faut évacuer le pus par une incision médiane sous-ombilicale ; le pus sort en flot épais, entraînant des fausses membranes verdàtres; il est nécessaire le plus souvent d'introduire un ou deux doigts dans l'abdomen pour débarrasser la poche des fausses membranes qui s'y trouvent ; on laisse dans la plaie un gros drain pénétrant vers le petit bassin et des mèches de gaze ; la poche se réduit facilement sans qu'il soit utile de faire de grands lavages ; la cicatrisation est en général rapide. Dès l'évacuation du pus, la fièvre tombe, l'appétit revient bientôt, puis tous les attributs de la bonne santé.
Il faut opérer même in extremis ; on a obtenu parfois de véritables résurrections.
Formes anormales. — Ce que nous venons de dire s'applique à la forme la plus commune de la péritonite à pneumocoques. Mais des modifications sont susceptibles d'être apportées au tableau par des éléments divers.
Péritonites à pneumocoques secondaires. — Elles sont rares chez l'enfant comme chez l'adulte et se voient dans les septicémies à pneumocoques, en même temps que des pneumonies, des pleurésies, des méningites, des parotidites, desarthrites, etc., à pneumocoques. Le diagnostic ne peut se faire que parla survenue des signes locaux (douleur, tuméfaction abdominale) ; mais ils sont moins nets que dans la forme primitive, et la péritonite prend plus facilement la forme diffuse. Il en est de même quand la péritonite à pneumocoques survient comme complication d'un état antérieur chez des enfants cachectiques ou chez des convalescents.
11 existe des péritonites appendiculaires dont le pus contient du pneumocoque, associé ou non au streptocoque et au colibacille. La symptomatologie tend à se rapprocher de celle de la péritonite à pneumocoques. J'ai observé un cas de ce genre où la diarrhée et l'enkystementsur la ligne médiane m'avaient fait porter le diagnostic de péritonite primitive à pneumocoques.
Péritonites à pneumocoques associés. — M. Dieulafoy a signalé l'association du pneumocoque et du colibacille dans le pus d'une péritonite primitive. Le début avait été celui d'une péritoniteàpneumocoques ; mais, au cinquième jour, la face s'est grippée, l'état général est devenu alarm ant ; l'opération a montré les fausses membranes de la péritonite à pneumocoques; mais le liquide interposé, séropurulent, fétide, mal lié, rappelait le pus des péritonites appendiculaires. L'enfant a cependant guéri. Kirmisson a signalé l'association du pneumocoque et du streptocoque.
Apert. — Précis des Mal. des Enfants. 24