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DIABÈTE SUCRÉ

catégories étiologiques. La première comprend les diabètes accidentels, liés aux mêmes causes que les variétés analogues de Tadulte : diabète traumatique (chute, choc violent, coup sur la nuque), diabète nerveux (gros tubercule, gliome du quatrième ventricule, etc.), diabète pancréatique (lésions destructives du pancréas : pancréatite, sclérose, atrophie). La syphilU héréditaire peut provoquer le diabète soit par lésion nerveuse, soit par pancréatite syphilitique.

La seconde catégorie est celle des diabètes familiaux. On voit certains ménages dont plusieurs enfants sont successivement pris au même âge de diabète ; la plupart du temps, le père et la mère n'ont rien de particulier; d'autres fois, le diabète frappe des enfants dont Fascendance est riche en diabétiques ; on voit dans ces familles le diabète apparaître à un âge de plus en plus jeune dans les générations successives ; il a frappé d'abord à l'âge mûr, puis dans la jeunesse ; les générations ultimes sont atteintes dès l'enfance,

Symptomatologîe. — Les symptômes sont les mêmes que chez l'adulte : polyurie, polydipsie, polyphagie, glycosurie ; ce qui est particulier à l'enfant, c'est l'évolution rapide, l'intensité et l'excessif amaigrissement. Le diabète infantile a, en somme, en général, l'allure clinique qui, chez l'adulte, est particulière aux diabètes pancréatiques graves.

Le début est parfois brusque : c'est du jour au lendemain que l'enfant est pris de soif immodérée; plus souvent la polydipsie s'établit progressivement, entraînant la polyurie ; celle-ci, surtout chez le jeune enfant, peut avoir pour conséquence l'incontinence d'urine nocturne et même diurne. Dès le début, la quantité de sucre est en général élevée; elle atteint habituellement une cinquantaine de grammes, parfois beaucoup plus.

En général, l'évolution est progressive ; en quelques années au plus, et parfois en quelques mois, l'enfant se cachectise de plus en plus et meurt dans le marasme. Souvent la tin est marquée par des phénomènes dits acétonémiques, vomissements, douleurs épigastriques, somnolence, coma, urines donnant par le perchlorure de fer une coloration rouge vineuse (réaction de Gerhardt), odeur aigrelette de l'haleine.

Assez souvent la mort est hâtée par une complication intercurrente : bronchopneumonie, gangrène pulmonaire, tuberculose aiguë. Les maladies bénignes de l'enfance, rougeole, scarlatine, coqueluche, aggravent le diabète préexistant et hâtent notablement son évolution.

Diag^nostie. — Chez de jeunes enfants encore au régime lacté,

on voit parfois, à la suite d'entérites graves, une lactosurie curable qui ne s'accompagne des symptômes du diabète que d'une façon très atténuée et qui se distingue de la glycosurie véritable par la réaction des osazones et l'impossibilité d'obtenir par la levure de bière la transformation de la substance réductrice en eau et acide carbonique. En dehors de ces cas, la glycosurie persistante suffit à affirmer le diabète, il ne faudra pas manquer de chercher chez l'enfant Vorigine hérédo-syphiiitiquë possible.

Pronostic. — Il est très grave et d'autant plus rapidement mortel que l'enfant est plus jeune. Toutefois on a signalé des guérisons ; quand la guérison doit être obtenue, c'est dès que le traitement est institué que se produit une amélioration, qui progresse lentement vers la guérison complète. Quand, au contraire, le traitement n'amène pas rapidement une modification heureuse, on peut prédire une terminaison fatale à plus ou moins brève échéance.

Traitement. — Chez les grands et les moyens enfants^ le régime antidiabétique est le même que chez l'adulte, suppression du sucre, limitation des farineux, prescription des viandes, des œufs, des graisses ; l'huile de foie de morue sera donnée largement; on donnera î'antipyrine, le bromure, la teinture d'opium ; on emploiera l'opothérapie pancréatique.

Le régime sera plus difficilement applicable chez le nourrisaon ; tout en continuant le sein, on donnera à chaque selle une cuillerée à café d'eau de Vichy ; après le sevrage, on donnera de la crème de lait délayée dans de l'eau édulcorée avec de la glycérine au lieu de sucre ; de bonne heure on donnera des œufs et du jus de viande. On pourra faire l'opothérapie pancréatique par injections sous-cutanées d'extrait glycérine.

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