SOINS A DONNER AUX NOUVEAU-NÉS ET AUX NOURRISSONS
saires. Pour les sorties, il faut lui mettre un bonnet et une capeline, une robe longue et un manteau. Dans le courant du troisit-me mois, la sangle de toile forte devient inutile pour soutenir la colonne vertébrale de l'enfant plus robuste ; elle le gênerait même dans ses tentatives pour se mettre sur son séant; on la remplace par un corseletbrassière. On remplacera alors aussi le lange triangulairepar la culotte à. pont triangulaire se boutonnant au corselet : elle est en toile, en piqué ou en flanelle, selon la saison. Quant au maillot, Tépoque à laquelle il faut le supprimer varie avec la robustesse de l'enfant et avec la saison. Il faut se rappeler que l'enfant a une surface relativement étendue pour un volume très petit et par suite se refioidit facilement ; c'est seulement quand il est fort et qu'il fait chaud qu'on peut sans inconvénient le laisser les jambes nues.
Vers huit ou dix mois, on commence à mettre à l'enfant de petits souliers souples pour faciliter ses tentatives de se dresser le long des meubles.
Couchage. — Le berceau du nouveau-né n'a pas besoin d'être profond, comme plus lard, quand Tenfant commencera à se dresser sur son lit ; aussi il ne faut pas craindre d'y mettre des matelas épais, en balle d'avoine, facilement renouvelable. Au-dessus, on dispose un feutre absorbant épais, dont il faut avoir le double pour remplacer celui qui est mouillé pendant qu'il sèche. Entin deux draps, une ou deux couvertures, un couvre-pied, un oi'eiller.
L'enfant est placé sur le dos, mais un peu incliné sur le côté; dans celte position, s'il a une régurgitation, elle sort facilement par l'angle buccal, tombe sur un mouchoir qu'on a soin de disposer contre la tête de l'enfant ; elle ne souille ni le lit, ni le fichu-bavette. Ce berceau pourra servir à Tenfant jusqu'à l'âge de deux ans ; quand l'enfant commence à se dresser sur son séant, il faut diminuer l'épaisseur des matelas et entourer le berceau d'un filet adapté à la tige qui surmonte le berceau, ahn de prévenir les chutes.
Sommeil. — L'enfant nouveau-né dort presque constamment dans l'intervalle des tétées. [Iltérieurement, les périodes de sommeil sont coupées par des intervalles de veille. En donnant à l'enfant des tétées à heure fixe, il prend facilement Thabitude de s'endormir et de se réveiller la nuit au moment de la tétée ; il la réclame par ses cris ; il se rendort sitôt la tétée; dans le jour, il doit cinq à six heures dans les premiers mois, deux à trois heures dans le second semestre ; on habitue facilement l'enfant à s'endormir à l'heure que l'on désire, suivant la saison, de façon à le faire dormir l'été pendant les heures chaudes du milieu du jour et. au contraire, l'hiver, à réserver ces heures pour les sorties.
Sorties. — On peut commencer à soitii' le nouveau-né liuil jours après la naissance, quand le temps n'est pas trop mauvais. Dans les premiers mois, il faut le porter à bras ; la petite voiture, même avec des boules d'eau chaude, expose le nouveau-né aux refi'oidissements et ne devra être employée que quand l'enfant aura déjà plusieurs mois.
Bains. — Le bain journalier est utile pour les six premiers mois; ultéiieurement, on pourra ne le donner que tous les deux, puis tous les ti'ois jouis.
A. AUaittiment au sein. — Le sein maternel est le seul mode d'alimentalion adapté j)arfaitement à l'organisme du nouveau-né. Le médecin ne détournera ia mère d'allaiter son enfant que dans un certain nombre de cas bien limités : lubeiculose, affections cardiaques. La tu])erculose constitue une contre-indication formelle; en général, la tuberculose suspend, pendant la grossesse, sa marche progressive ; mais, après les couches, elle subit une poussée souvent <lif{icile àeni'ayer; si lafaligue de l'allaitement s'y joint, cette poussée devient rapidement grave. Les cardiopathies contre-indiquent également l'allaitement; la cardiaciue suppoite mal la grossesse et arrive souvent très fatiguée au terme; elle se remettrait mal, incomplètement, lentement, si elle s'imposait, en outre, les fatigues de l'allaitement. Les affections chroniques non cachectisantes ne sont pas toujours une contie-indication à l'allaitement. .J'ai vu des femmes émettant plusieurs grammes d'albumine par jour nourrir sans inconvénient exclusivement au sein jusqu'à trois ou quatre mois, ))uis juscpi'à huit et dix mois, en combinant le sein et le biberon.
Réglementation de Tallaitement au sein dans les premiers jours. — Dès le premier jour, l'enfant est mis une ou deux fois au sein de sa mère ; il faut profiler d'un moment où il entr'ouvre labouche pour appli([uer celle-ci conti'e le mamelon. En général, le contact du mamelon provoque le réflexe de préhension buccale et de succion; mais, après quelques mouvements irréguliers de succion, l'enfant s'arrèh;; il faut l'exciter à continuer en le secouant, en lui titillant les coins de la bouche; il y a là une véritable éducation à faiie ; elle est plus ou moins facile et plus ou moins prompte selon les enfants. Dans les premiers jours, l'enfant suce d'autant moins (jue la succion n'amène qui; des quantités infinilésimales de lait. Il faut néanmoins, dès h; second jour, le mettre toutes les tiois heures alternativement à un des seins. En pesant l'enfant avant et après cha([ue tétée, on sait combien il absorbe de lait. Le tableau suivant donne la moyenne
des quanlilés que prend l'enfant nouveau-né dans les premiers jours :
Nombre de lélées Intervalle Quantité de lait Qiiaiitilé de lait
Age. en 24 heures. des tétées. par tétée. en 2i- heures.
lp>' jour 2 4 à 5 gr. 8ù 10 gr.
2e — G toutes lesShouros 8 à 10 — 50 ;ï lio —
3e — 7 Id . 15 à 20 — 100 à 150 —
4e — 7 Id . 20 iï 25 - 150 à 200 —
5« — 8 toutes les 2 h. 1/2 25 à 30 — 200 à 250 —
O-^ — 8 Id. 30 à 40 — 250 à 350 —
7e — 8 Id . 40 à 50 — 350 à 400 —
Séjour et suivants. 8 Id. 50 à 75 — 400 à 000 —
Ce tableau donne des chifTres moyens. On observe de grandes variations individuelles. La montée du lait se fait plus tôt et plus abondamment chez les multipares ayant déjà nourri que chez les primipares. Elle est aidée par l'énergique succion d'un nouri'isson vigoureux; au contraire, si lenfant est faible et tire peu ou pas, la sécrétion n'est pas activée. Enlin il y a des dispositions particulières; certaines races, certaines familles fournissent d'excellentes nomiices; il y a, au contraire, des femmes qui n'ont jamais qu'un lait peu abondant et ])eu durable.
L'agalactie complète est toutefois exceptionnelle. Avec quelque persévérance, on arrive le jj'%^ m plus souvent à permettre aux
mères dont les seins paraissaient II Im^\
d'abord le plus rebelles de fournir aux besoins de leur enfant, du moins pendant les ])remiersmois.
Pour arriver à ce résultat, f ""S^^^J
quand une femme n'a dans la >j»^ >^;
première semaine qu'une sécrétion peu abondante, il importe Fig.s. — Téterciie d'Auvnrd. néanmoins de mettie l'enfant au
sein quand l'heure de la tétée est venue et de l'y laisser cinq minutes. Si l'enfant ne tire pas suffisamment pour exciter la sécrétion lactée, on peut employer la téterelle d'Auvard (fig. 5), qui permet à la mère de pratiquer elle-même l'aspiration sur son sein. 11 faut toutefois toujours commencer par mettre Tenfant au sein, sans quoi il sliabiluerait à ne pas tirer. Si, malgré l'emploi de la téterelle, la quantité de lait fournie est insuffisante dans les premiers jours, on complétera chaque tétée par des cuillerées à café de lait d'ânesse Ce n'est que bien
rarement que le lait sera décidément fourni en quantité insuffisante, mal<iii-é ces soins. Il faudra alors se dérider- à rallaitement mixte.
Difficultés des débuts de rallaitement. — Le mamelon peut être congénitalement mal conformé, court, r^entré, ombiUquc; celte
confor-mation est ordinair'ement bilatér^ale; d'autres fois, des cica'rices de plaies ou de briilur-es ont défor-mé le bout du sein. Dans ces cas, Pinterposition d'une téter-elle (fig. 0) s'impose. 11 arrive toutefois, quand la malfoi*mation est peu prononcée, qu'au bout d'un certain temps le mamelon se redresse et que l'enfant, plus vigoui^eux, arrive à se passer de la téter^elle.
Assez fréquemment, loi's d'une première Fig 6. — leteieiie- nourriture, les pr^emières succions de Penfant
bout de sein. ' r
sont doulour'euses; pour prévenir le découragement de la mère, il importe de l'avertir que cette douleur disj)arartr'a bientôt.
Crevasses du mamelon. — Beaucoup plus ennuyeuses sont les gerçures et les crevasses du mamelon. Si on ne les traite pas convenableruent dès le début, elles peuvent s'aggraver, devenir très douloureuses, causer mèiue des lymphangites, des galactophorites, des abcès, et obliger à cesser l'allaitement. Aussi il est bon, dans les premiers jours de l'allaitement, de continuer sur les mamelons les frictions à Palcool, qui ont été faites dans le der'nier mois de la grossesse; après chaque tétée, on lavera le bout du sein avec de l'alcool coupé de moitié eau ; on aura soin ensuite de sécher le mamelon avec le plus grand soin, car c'est la persistance de l'humidité qui est la gr^ande cause des gerr^ures; puis on saupoudr-er-a le mamelon de poudrée de sous-nitrate de bismuth, qu'on aura soin d'enlever bien complètement au début de la tétée suivante avec un tampon d'ouate imbibé d'eau bouillie.
Traitement des crtEVASSES nu mamelon. — Le point le plus impor-tant est de prévenir le mâchonnement du mamelon et son imbibition par le lait loi's des tétées. Il est de toute nécessité d'employer la téter'elle jusqu'à ce que la ci*evasse soit complètement guérie, et même encoi'e dans les huit jours qui suivent, sous peine de la voirrécidiver-. On fer-a en outre, api'ès les tétées, des attouchements avec un pinceau imbibé du collutoire suivant :
Ortiioforrnc 5 grammes.
Kthor Q. S. pour dissoudre.
Huile d'amandes douces Q. S. pour 30 grajumes.
Ou encore on saupoudrera la gerçure de poudre d'orthoforme, qui est à la fois cieahisante, anesthésiante et antisej)li([ue.
Dans les cas icbelles, on peut, une l'ois par jour, anesthésier le mamelon eu aj)pliquant sur la crevasse un tampon imbibé de solution de cocaïne à 10 p. 100, attendre deux minutes que Tanesthésie soit bien établie, et loucher toute l'étendue de la crevasse à la teinture d'iode. Il faut avoir soin de dé[)lisser complètement le mamelon pour découvrir les petites crevasses parfois multiples.
Dans rintervalle des tétées, il faut mettre un pansement sur le mamelon. Ce sera un tampon imbibé de glycérine boratée, si la crevasse n'est pas enflammée.
Glycérine 30 grammes .
Borate de soude 5 —
ou
Eau de roses 40 —
Glycérine 20 —
Borate de soude 8 —
Teinture de benjoin 8 —
(Marfan.)
Si la crevasse est entourée d'un cercle rouge, ou si le suintement est purulenl, c'est un pansement humide avec des compresses d'eau bouillie qu'il faut faire. Toutefois il ne faut pas continuer ce pansement longtemps, sous peine de produire des lésions de macération. Dès que celles-ci menacent, il faut revenir au pansement glycérine ou au pansement sec.
Choix d'une nourrice. — Quand la mère ne peut pas nourrir au moins partiellement, il vaut mieux mettre l'enfant au sein d'une nourrice mercenaire que de le mettre d'emblée à l'allaitement artificiel. Toutefois, dans les milieux sociaux où la charge d'une nourrice sur lieux est trop forte pour les parents, mieux vaut le biberon donné par une mère dévouée que l'allaitement soi-disant au sein d'une nourrice qui emporte l'enfant chez elle. Je ne pailerai donc que des nourrices sur lieu.
A Paris, pour avoir une nourrice, il faut se rendre à un bureau de placement spécial, dont il existe une douzaine. 11 faut donner la préférence à une multipare de vingt-deux à trente-deux ans, s'assurer de l'intégrité de ses organes, faire porter surtout l'investigation sur la syphilis et la tuberculose, regarder la gorge, rechercher les ganglions cervicaux et inguinaux, ausculter les sommets. Les primipares donnent moins de sécurité pour la durée et l'abondance de la lactation. Les femmes brunes, pas trop grasses, calmes, ayant bonne dentition et bonne physionomie, sont les meilleures nourrices. Il faut s'assurer que le sein est ferme, plus glanduleux que graisseux.
et les mamelons en bon état. Les analyses physiques et chimiques du lait ne sont pas indispensables. Elles aboutiraient même souvent à des conclusions eironées. Le meilleur réactif de la valeur nutritive du lait est le bon état du nourrisson. On se fera présentei' Fenfant de la nouri-ice, on s'assurera de son bon état nutritif, on véritiera (juMl n'a pas d'érythème fessier, témoignage de troubles digestifs.
Il ne faut pas j)rendi'e une nourrice trop tôtapiès raccouchement; il faut qu'elle soit complètement remise, que toute trace de lochies ait disparu, que la sécrétion lactée soit avec certitude bien établie; aussi ne prendra-t-on pas de nouriices accouchées dej)uis moins de deux mois, il ne faudra pas non plus en prendre accouchées depuis iiop longtemps, sous l'isque de voir la lactation s'épuiser trop tôt.
Les premiers jours de nourriture sont une i)ériode critique ; ou bien le nouveau-né, en présence d'un sein dont la sécrétion est abondante et bien établie, prend trop et a des ti'oubles digestifs par suralimentation; ou bien il tiie peu, et la sécrétion a tendance à se tarir. Souvent aussi la fatigue du voyage récent, le chagrin de quitter son enfant, l'ahurissement de se trouver dans un milieu tout nouveau pour elle, la crainte de ne pas convenir impi'essionnent mal la nourrice et retentissent sur la qualité et la quantité de son lait, surtout si elle en est à sa prenu'ère nouiiituie ; si elle voit alors son lait diminuer ou son nourrisson avoir de la diarrhée, et les i)ai'enls le lui attribuer, elle s'inquiète davantage encore, et c'est un cercle vicieux. Le plus souvent, avec un peu de patience et si on réconforte la nourrice par de bonnes assurances, tout s'arrange, et la nourriture suit un cours heureux.
Allaitement animal. — Quand la mère est dans l'impossibilité de nourrir, fût-ce partiellement, et que des raisons pécuniaires ou autres empêchent de la remplacer pai' une nouriice sur lieu, on mettra i)ar pis-aller l'enfant au lait animal. A la can)j)agne, l'ànesse, la biebis, la chèvre peuvent être d'excellentes nourrices, et on peut faii'e téter directement l'enfant à leur pis, ce qui évite les ennuis et les risques de l'allaitement au biberon. Certaines races de chèvres ont été sélectionnées au point de vue de l'allaitement (chèvres alpines blanches) ; on est arrivé à avoir des lignées qui donnent un lait sans odeur et se rapprochant sensiblement poui* la quantité de graisse et de caséine de la composition chimique du lait de femme; la chèvre ordinaire, malgré la teneui' élevée de son lait en caséine, est souvent ime excellente nourrice.
lî. Allaitement au biberon. — Dans les villes, l'allaitement au pis n'est |)as ]»ossible; c'cïst au lait de vache donné au biberon (|u'il faut avoir lecours.
Différents laits. — A Paris, trois sortes de lait sont mis par le commerce à la disposition du public.
i° Le i.Arr d'usage commun. — Ce lait provient des fermes des régions laitières de tout le bassin de la Seine et d'une partie de celui de la Loire. Un laitier en gros a des voitures qui passent journellement dans chaque ferme recueillir le lait des vingt-cjuatre heures et concentrent ce « lait de ramassage » en un point central, près d'une station de chemin de fer. Là le lait est soumis à la pasteurisation, c'est-à-dire porté à 70° et brusquement refroidi à 10'' dans des appareils ad hoc. Grâce à cette précaution, il supportera, môme par les chaleurs de l'été, le voyage en chemin de fer ; il est expédié de façon à arriver à Paris dans la nuit et à être distribué de bon matin aux détaillants ou aux particuliers.
2° Le lait des vacheries parisiennes ou suburbaines. — Ce lait est livré directement parle producteur au client, généralement en bouteilles de verre ou de porcelaine. 11 est à recommander, car, dans le ressort de la préfecture de police, les vacheries sont soumises à un contrôle sévère, réclamé du reste par les éleveurs pai-isiens euxmêmes pour donner à leurs produits des garanties spéciales. 11 s'est fondé, en outre, depuis une dizaine d'années, à Paris ou dans les environs immédiats, un certain nombre de vacheries qui se sont spécialisées dans la production du lait pour nourrissons. Les vaches sont scientifiquement choisies, soumises à l'épreuve de la tuberculine, nourries rationnellement, et autant que possible laissées jour et nuit au plein air. Plusieurs de ces laiteries prétendent recueillir le lait avec des précautions aseptiques suffisantes pour qu'on puisse le donner à l'enfant tel qu'il est livré, sans qu'il soit besoin de le stériliser. Mais ce lait est vendu très cher.
3° Les laits de conserve. — Ce sont des laits répartis en petits récipients hermétiques d'un quart de litre et portés à une température de 108°, qui leur assure une conservation très prolongée, tant que le récipient n'est pas ouvert. Le plus souvent, le lait n'a subi antérieurement à cette stérilisation aucune préparation. Toutefois un certain nombre d'industriels préparent pour les nourrissons des laits modifiés, qui prétendent se rapprocher à des divers points de vue du lait de femme. Ils sont soit privés de l'excès de caséine par centrifugation {lait humanisé), soit additionnés d'eau lactosée et de crème laitmaternisc), soit additionnés de ferments (lait peptonisé de Backhaus), soit émulsionnés ou pulvérisés sous pression {lait fixé, lait homogénisé), soit oxygénés, ou encore l'industriel combine plusieurs de ces modifications. La plupart de ces laits sont bien supportés par les enfants dyspeptiques, mais leur usage prolongé entraine
des troubles anémiques et même le scorbut (Voy. plus loin scoubut infantu-e). Us peuvent être employés chez les enfants dyspeptiques, en surveillant l'enfant; mais, pour Tusage habituel du nourrisson bien portant, si on emploie un lait industriel, il faut que ce lait n'ait subi aucune manipulation et soit du lait simplement stérilisé à 108°.
Stérilisation du lait. — Le lait doit être donné à Tenfant exem|)t de germes pathogènes. Les laits stérilisés industriellement donnent à cet égard toute sécurité. A 108°, tous les germes sont tués, et on n'a pas encore la caramélisation du sucre de lait, qui modifie le goût et Faspect et a fait renoncer à la stérilisation à 120°. Le lait des vaches tuberculinéesavec résultat négatif, recueilli avec de soigneuses précautions aseptiques et consommé dans les vingt-quatre heures, donne également une sécurité suflisanle ; il a l'avantage de n'avoir subi aucune cuisson altérant le goût et détruisant les ferments ; certains enfants dyspeptiques ou eczémateux supportent mal les laits cuits ; il sera indi(]ué de les mettre au lait cru, et seul le lait ainsi recueilli [)eut alors remplacer le lait de femme. Dans tous les autres cas, le lait doit, avant d'être donné à l'enfant, subir à domicile une préparation destinée à détruire les germes pathogènes. La pasteurisation qu'ont subie la plupart des laits livrés à Paris et dans les grandes villes laisse subsister les spores et certains germes résistants ; elle enraye seulement leur développement. Il faut donc la compléter.
La sim[)le ébuUition pendant dix minutes stérilise suffisamment le lait; elle le concentre toutefois un peu; elle altère un peu le goût du lait, en provoquant i'évaporation des substances volatiles et, sans doute aussi, en modifiant de façon encore mal déterminée les éléments albuminoïdes les plus fragiles du lait. On évite en partie ces légeis inconvénients en employant la stérilisation au bain- marie à Peau bouillante. Le lait bout à 101 ou 102° ; en plongeant dans l'eau bouillante des bouteilles le contenant, on le porte aux environs de 100°, température sufiisantepour annihiler les germes, insuffisante à faire bouillir le lait; le lait ainsi traité est beaucoup moins modilié que par Fébullition.
Pour i-endre cette stérilisation à domicile plus facile aux mères, on a combiné divei'S appareils. Ils sont tous construits sur le môme principe : une grande maimite renfer-me un dispositif qui supporte huit bouteilles-biberons poui- les huit tétées des vingt-quatre heures ; chaque biberon est de 200 grammes et i)orte une graduation de 10 en 10 grammes. On met dans chaque bibei'on la quantité de lait nécessaii'e additionnée ou non d'eau sucrée; on emplit la marmite d'eau, de façon que les bouteilles plongent dans l'eau dans leurs deux tiers
inférieurs; on met sur le feu et on prolonge TébuUition dix minutes. Il est bon d'avoir huit tétines et de placer dans le stérilisateur les l)iberons armés chacun de sa tétine. On fait actuellement des tétines qui supportent assez bien la vapeui' deau pour qu'on n'ait besoin de les remplacer qu'à intervalles de plusieurs mois.
Après chaque tétée, il faut laver soigneusement le biberon pour le débarrasser des parcelles de crème et des grumeaux de lait qui y fermenteraient ; les biberons les plus facilement nettoyables sont les meilleurs ; de même la tétine est retournée en doigt de gant et nelloyéeavec soin ; on laisse les tétines plongées dans Teau bouillie ius(iu'au lendemain matin.
Coupage du lait. — On a cru longtemps nécessaire de ramener par addition d'eau et de lactose le lait de vache à une composition chimique plus voisine de ('elle du lait de femme. En réalité, la comj)OsiLion chimique du lait de femme est très variable, et la teneur du lait en caséine, beurre et lactose, n'a qu'une influence faible sur la façon dont le lait est supporté. Budin a montré que les nouveau-nés suppoitent en généi-al aisément le lait pur. (Cependant il est incontestable que les enfants nourris dès les premiers jours au lait de vache pui' présentent ultérieurement, au bout de plusieurs semaines ou plusieurs mois, une dyspepsie spéciale, la dyspepsie du lait de vache pur, caractérisée par la constipation, l'obésité, la tuméfaction du ventre, la tendance aux vomissements. Ces inconvénients ne se produisent plus quand on a soin de couper d'eau le lait de [vache. On fera ce coupage avec de l'eau bouillie sucrée à 10 p. 100. Dans les cinq ou six premiers jours, le coupage sera fait par moitié, l)uis on Tabaisseia au tiers. Le nombre des téiées, la quantité de liquide à faire absorber et les intervalles des tétées seront à peu près les mêmes que pour les nouveau-nés au sein.
C Réglementation de V allaitement. — Au fur et à mesuie que l'enfant grossit, la quantité de lait nécessaire à son entretien augmente, mais elle augmente moins rapidement que le poids lui-même. Cela se comprend : la ration alimentaire dépend à la fois du volume et de la surface ; la surface du nourrisson augmente moins japidement que son poids. La quantité de lait à donner par tétée augmentera donc avec l'âge, mais non pas proportionnellement au poids. D'autre part, à mesure que la quantité de lait augmente, la durée de la digestion augmente également, et il faut espacer les tétées. L'expérience a permis d'établir, relativement au nombre, à l'intervalle et à la quantité des tétées des tableaux qui varient un peu selon les auteurs, mais dans des limites assez étroites. Les tableaux ci-après sont ceux donnés par M. Marfan dans son Traité de ^allaitement.
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