CHAPITRE IX MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Particularités anatomiques. — Alanaissance, le volumeetle poids du cerveau sont relativement énormes : le poids du cerveau est le huitième de celui du corps chez le nouveau-né, le douzième à un an, le quinzième à deux ans, le vingtième à quatre ans, le trentecinquième seulement chez l'adulte.
Le poids de l'encéphale est de 350 grammes à la naissance, 420 grammes à un mois, 630 grammes à trois mois, 675 grammes à six mois, 700 grammes à un an, 950 grammes à trois ans, 1 100 grammes à sept ans, 1 300 grammes à quinze ans, 1 350 chez l'adulte.
Chez le nouveau-né, le cerveau est mou et gris rosé; les sillons sont moins profonds et moins subdivisés que chez l'adulte. A la coupe, la substance blanche centrale est mal difîérenciée ; elle est encore grisâtre, ce qui tient à ce que la myélinisation n'est pas terminée ; tandis que la myélinisation des fibres courtes de la moelle, du bulbe, du cervelet et des zones ganglionnaires du cerveau, est achevée à la naissance, on ne trouve à ce moment dans la sous-corticalitéque de rares fibres myélinisées ; on en trouve dans tout le cerveau, mais elles sont spécialement accumulées en certaines régions : région circumrolandique, extrémités antérieures de la première temporale et des occipito-temporales, région circumcalcarine^ circonvolution du corps calleux et de l'hippocampe; ce sont les territoires primordiaux de Flechsig, qui comprennent surtout le cerveau olfactif, et le cerveau sensorio-moteur ; les fibres centripètes se myélinisent d'abord, les fibres centrifuges ensuite. Dans les deux premiers mois, la myélinisation se fait dans les territoires intermédiaires de Flechsig, qui sontla plupart des zones marginales autour des territoires primordiaux; au deuxième mois, il ne reste dépourvu
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de myélinisalion que les territoires terminaux, répartis en trois grands champs, occupant le centre des lobes frontal, temporal et pariétal. Les territoires les plus précocement myélinisés sont ceux qui sont les plus riches en fibres de projection ; les territoires tardivement myélinisés ne comprennent guère que des fibres d'association; les premiers sont les zones sensorio-motrices, les secondes les zones intellectuelles.
Dans l'axe bulbo-spinal, les faisceaux longs sont les plus tardifs à se myéliniser; la myélinisation des faisceaux pyramidaux ne s'achève complètement que vers sept mois.
Particularités physiologiques. — Mouvements. — A la naissance, l'enfant ne fait que des mouvements réflexes, respiration, succion; il sursaute au bruit; au bout de deux ou trois semaines, il commence à suivre des yeux les objets lumineux; il retient un objet qu'on lui met dans la main ; vers quatre ou cinq mois, il saisit intentionnellement les objets; dès le second mois, l'enfant tient sa tète droite ; au troisième ou quatrième, il reste assis sur son séant ; vers six mois, il se traîne sur le ventre à l'aide des mains ; vers huit mois, il marche à quatre pattes ; vers dix mois, il se dresse le long des meubles ; à un an, il marche soutenu par la main ; c'est en général vers quatorze mois qu'il réalise la marche indépendante, mais encore inceitaine et chancelante ; et ce n'est guère qu'à deux ans que la marche est tout à fait assurée.
Langage. — Dès le quatrième ou cinquième mois, l'enfant émet quelques sons sans signification, et ce n'est guère qu'à la fin de la première année qu'il émet les premiers mots. A la fin de la deuxième année, il possède un langage simplifié, qu'il perfectionne au cours des années suivantes. On voit parfois des enfants, normaux pour tout le reste, chez qui la faculté du langage tarde à se développer et qui ne parlent pas encore à trois et quatre ans. 11 n'y a rien à faire pour cultiver le développement de la faculté en retard. Si l'enfant a par ailleurs une intelligence normale, le langage finiia par se développer aussi bien que chez les autres sujets.
Sémiologie. — Réflexes. — Les réflexes sont moins faciles à explorer chez Fenfant que chez l'adulte. Dans la première enfance, le réflexe rotulien peut faire défaut, sans qu'il faille y voir un état morbide; de môme pour le réflexe crémastérien.
Ponction lombaire. — Elle a une importance sémiologique très grande chez l'enfant à cause de la fréquence des manifestations méningées chez lui. La technique est facile; le cul-de-sac rachidien descend plus bas chez l'enfant que chez l'adulte et n'est séparé de la peau que par des plans moins épais et moins résistants que chez
SÉMIOLOGIE,
l'adulte ; la souplesse de la colonne verlébrale chez Tenfant permet de lui faire « faire le gros dos », ce qui fait bâiller les espaces intervertébraux. On place Fenfant soit assis en travers du lit, soit couché sur le côté (fig. 50). On pique sur la ligne médiane, dans le
Fig. 59. — Ponction lombaire.
plan médian, sans crainte d'être gêné par les ligaments interépineux, très peu résistants dans le jeune âge; le niveau horizontal le plus favorable est l'espace qui sépare la troisième de la quatrième lombaire, ou la quatrième de la cinquième; on repère facilement ces espaces par la position des apophyses épineuses perceptibles au palper sans difficultés chez Fenfant.