‹ Précis des maladies des enfants (volume 2)Chapitre 193 sur 263 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

ATouverture de la boîte crânienne, la convexité du cerveau apparaît peu altérée ; l'arachnoïde est congestionnée, l'espace sous-arachnoïdien infiltré de sérosité; parfois on peut voir déjà des traînées de granulations remontant le long de la scissure de Sylvius ou des sillons qui en émanent. Mais c'est à la base du cerveau, après l'avoir extrait, qu'on voit les lésions les plus caractéristiques. En règle presque constante, la méningite tuberculeuse est une méningite de la base, et c'est ce gui explique sa symptomatologie. A la face inférieure

Fis. 60.

Ménintfile tuberciileiise.

La scissure de Sylvius a été entr'ouverte pour laisser voir les exsudats fibrineux et les granulations miliaires qui en occupent le fond (Achard et Lœper).

de l'encéphale, on voit l'espace sous-arachnoïdien englué d'exsudats ^6rmeN^ ou fibrino-purulents blanchâtres ou jaunâtres emplissant les anfractuosités et les sillons qui séparent la protubérance en arrière, le chiasma des nerfs optiques en avant, les bords internes des lobes temporaux par côtés. L'exsudat englobe le plus souvent les 7ierfs moteurs oculaires; il descend plus ou moins loin sur les faces antérieures et latérales de la protubérance et du bulbe, engainant plus ou moins l'émergence des nerfs crâniens ; en avant, il se prolonge dans l'intervalle des nerfs optiques et le long de la scissure interhémisphérique ; latéralement il englue la vallée de Sylvius, se prolonge dans la scissure de Sylvius et dans ses divisions et s'étend plus ou moins sur les déclivités des circonvolutions (fig. 60 .

L'exsudat reste le plus souvent sous-arachnoïdien ; il peut y avoir

3^8 MÉNINGITE TUBliRGULEUSE.

du dépoli du feuillet viscéral de Farachnoïde, mais sans réelle participation de la cavité séreuse ; aussi il n'y a habituellement pas d'adhérence de Farachnoïde à la dure-mère; l'inflammation reste sous-séreuse.

Si on essaie de décortiquer le cerveau de son enveloppe pie-méroarachnoïdienne, on le peut en général facilement au niveau de la convexité ; au contraire, sur les parties déclives et à la face inférieure du cerveau, les adhérences sont plus intimes, et la décortication enlève des parcelles de substance grise.

Sur la pie-mère décortiquée, flottant dans Feau ou étalée sur une lame de verre, on voit le long des artérioles fines de la pie-mère des chapelets de granulations tuberculeuses qui ne sont visibles que là où elles ne sont pas englobées dans Fexsudat Fibrineux. Dans certains cas, l'exsudat fibrineux est très léger ; il faut rechercher les granulations pour affirmer la méningite. Les signes cliniques ont été alors plus ceux d'une granulie généralisée que d'une inflammation méningée.

En général, la pie-mère médullaire participe plus ou moins aux lésions.

Symptomatologie. — La méningite tuberculeuse ne s'observe guère avant huit à dix mois et est surtout fréquente entre deux et cinq ans, chez les enfants vivant dans un milieu tuberculisé.

Le début est en général insidieux. Le premier symptôme est une modification du caractère; Venîdint devient triste, sombre, taciturne, et repousse qui veut le tirer de son abattement. Il a F « abord hostile ». En môme temps il maigrit rapidement, il a un sommeil entrecoupé, l'appétit est perdu. Cette période peut durer une quinzaine de jours. C'est la, période prodromique.

Puis arrive la fièvre (période d'invasion) ; elle est irrégulière, en général modérée (SS-SO'*) ; l'enfant se plaint de mal de tête ; c'est un mal de tête frontal; les paupières sont lourdes, à moitié baissées; les sourcils un peu froncés; F « abord hostile » s'accuse; l'enfant craint le bruit, la lumièie, les mouvements; quand on essaie de lui parler, il se tourne de l'autre côté en gémissant.

Avec la. céphalalgie, deux grands signes complètent le trépied méningitique : la constipation, qui est opiniâtre et ne cède pas aux lavements ni aux purgatifs ; les vomissements^ qui se produisent brusquement, en jet, sans efîort, sans rapport avec Fheure des repas, irrégulièrement.

A la période d'état, le malade est couché dans son lit, tourné vers le côté opposé à la lumière {photophobie), les genoux repliés vers le ventre {attitude en chien de fusil) ; si on le tire de cette torpeur, il s'agite un peu, gémit plaintivement et reprend bientôt sa position

Page 1